semaine 15

Une boule de cristal dans le sapin

Pasta par Michel Noirret, le 19 décembre 2020

La covid fait surgir comme champignons après la rosée toute sorte de devins, mages, diseurs de bonne aventure qui, dans le marc de café, les entrailles d'immigré, la forme des nuages radioactifs, le tirage des cartes, la mollitude du disque dur, et toutes ces sortes d’outils quelquefois extrêmement anciens, populaires et éminemment scientifiques, d’autant plus scientifiques que populaires, ont conduit l’humanité à dresser toute sorte de plans sur la comète et à planter gravement des populations entières.
Il arrive toutefois que l’une ou l’autre de ces prédictions fondées, dans les plus objectifs des cas, sur la force du vent dans les branches de sassafras, s’avèrent exactes, du moins dans les apparences, ce qui vaut gloire et reconnaissance au visionnaire. On lui demande alors, moyennant rétribution, de formuler d’autres oracles. Il peut ainsi passer à la télévision et améliorer ses fins de mois, lesquelles comme le rappelait Jean Rebuffat la semaine dernière, sont plus proches que la fin du monde. Merci encore pour ce rappel aux réalités objectives.
D’autres, les plus nombreux, pratiquent en amateurs avec des résultats pas moins satisfaisants. Le confinement fait bouillir les neurones.
En ce moment ce n’est pas l’avenir que l’on prévoit, c’est le présent.
Prévoir le présent pourrait à première vue sembler un peu facile ; en creusant un peu on se rend compte que du présent on ne sait à peu près rien, car il change tout le temps. A peine Présent il est déjà Passé, mais toujours pas Avenir puisqu’on reste au présent, quoiqu’on fasse! ce qui fait qu’on se demande ce qu’est vraiment l’avenir, sinon une incertaine rêverie. Parfois malsaine
Donc, selon une catégorie d’humanité très calée en science divinatoire, nous vivons actuellement sous le règne de Big Brother.
La vache!.
La plupart n’a pas lu 1984, mais en a entendu parler.
Ceux que l’électeur obéissant à de multiples rumeurs, soigneusement préparées par des communicants (communiquer dans son camp ?) avait désignés en toute confiance pour leur tenir la main lorsqu’ils traversent les aléas de la vie sociale, prétextent de la pandémie pour les espionner, les empêcher de se déplacer à leur guise (sauf pour remplir leur caddie et profiter des promos du super marché ; allons, il reste encore de vraies jouissances d’humains libres, mais pour combien de temps ?), les réduire à l’état de prolongement de leurs ordinateurs, les numériser, supprimer leur liberté d’aller se bronzer les abattis au bout du monde en avion, devoir fêter la naissance du petit Jésus avec pas plus d’un invité à table, ne parlons pas du Jour de l’An sacré qu’il faudra fêter à la maison avec une bouteille de rouge comme seule compagnie, faute d’amis.
Jusqu’où ira-t-on dans l’horreur ?
A Alep, à Beyrouth, ils ne connaissent pas leur bonheur !
Rétif à la magie, tout occupé par la préparation de mes nouilles, je n’ai pourtant pas observé que le Parlement soit dissous, qu’il soit interdit de dire le plus grand mal du gouvernement, que les religions ou les non-religions soient proscrites ou une seule autorisée. On peut continuer à penser ce qu’on veut sans se cacher dans la cave, de le dire dans les journaux, dans Fesses de bouc et autres lieux d’aisance intellectuels.
- Ah oui ! bien sûr ! mais ça va venir, on nous le prépare en douce. Il y a des forces occultes à la manœuvre.
- Lesquelles ?
- Ben comme elles sont occultes, on ne les connaît pas. Leur invisibilité prouve d’autant mieux leur malfaisance. Prenez les laboratoires pharmaceutiques et leur vaccin…
- Dans le genre occulte, c’est pas l’idéal, les labos pharmaceutiques !
- C’est le syndrome de la lettre cachée : plus elle est visible, moins on la voit.
- Pffuuuiiii ! Réponse à tout ! Pas besoin de preuves! suffit de l'affirmer.
- C’est l’métier!
 - Ainsi, les gouvernements du monde entier ruineraient les populations, les entreprises, les patrons de bistrot, feraient trimer les médecins, le personnel infirmier, etc. juste pour engraisser les laboratoires pharmaceutiques ?
- Non ! c’est plus compliqué que ça.
- Oui, c’est vrai ! c’est toujours plus compliqué que ça, surtout quand c’est invisible. On est bien peu de choses, allez ! Et d’où tenez-vous ça ?
- De mes réflexions personnelles, de la culture politique qui m’est naturelle, mais attention ! je ne fais pas de politique, hein ! de mon art de rassembler ce qui est épars, des pommes, des poires et d’en faire des scoubidous bidous, aaaah ! 1 et surtout de l’observation du monde à travers le Vélux dans mon grenier.
- Ca! faut savoir prendre de la hauteur.

Évidemment, devant des ratiocineurs de cette envergure on retire son chapeau.
PAS SON MASQUE, NOM DE DIEU !
Avant la Covid, comme chacun sait on vivait dans un monde heureux, transparent, sans forces surnaturelles rasant les murs à la nuit tombée, une époque où les représentants du peuple étaient élus par des citoyen§s conscient§s de leur citoyenneté, non des consommateurs à la merci de profiteurs sans foi ni loi, des électeurs parfaitement informés des réalités du monde dans son immensité, intransigeant quant à leurs libertés; qui pouvaient vous réciter par cœur la Déclaration des droits de l’homme. C’était le bon temps! le capitalisme était bon enfant et pas fier avec l’ouvrier, tout le monde était heureux et sûr du lendemain.
Tout ça c’est fini.
Ce que c’est que de nous, tout de même !

Terminons sur une note préventive.
Pour ceux qui participent aux fêtes clandestines afin de montrer qu’ils n’ont peur de rien et surtout pas d’un virus même pas visible à l’œil nu 2 (qu’est-ce qu’on fait pas croire aux gens, quand même !) : il est plus que temps de choper la covid ! avec ce foutu vaccin qui arrive ce ne sera bientôt plus du tout à la mode.

Que le monstre en Spaghetti Volant vous protège de son appendice nouilleux.
Ramen.

1Thèse de doctorat du professeur Sacha Distel, prix Nobel de couillonades en 1959

 2 Vous connaissez quelqu’un qui l’a vu le Covid ? Personne, hein! Oh bien sûr, ils disent qu’on le voit dans les appareils des labos. Ils nous invitent à les visiter leurs labos ? Et quand bien même ils nous montreraient une bestiole dans un microscope, comment savoir si c’est le covid ? Ça pourrait être aussi bien un poil de cul ! Qu’on arrête de nous prendre pour des idiots!

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