semaine 50

La colère des femmes et des agriculteurs

Edito par Jean Rebuffat

Photo © Jean-Frédéric Hanssens

Il y a dans le monde des facteurs d'inquiétude mais aussi des motifs d'espoir qui débordent le cadre même de leur apparition. Prenons l'exemple de ce qui serait un mot de l'année mérité, le féminicide. Certes, comme dans tout mouvement général de ras le bol, il y a des côtés sujets à critique comme ceux récemment évoqué dans une infolettre, car ces colères peuvent prendre des aspects totalitaires, tels la campagne visant non pas à demander de ne pas se rendre au cinéma pour voir le dernier Polanski, mais à interdire sa projection.

On ne dira certes pas que les prises de conscience actuelles quant à la condition féminine dans nos sociétés occidentales ne contiennent jamais une part agaçante mais ce sont des détails infimes comparés à l’ampleur du problème, qui était largement sous-estimé. Elles semblent avoir commencé à porter des effets positifs. Aussi horribles soient les chiffres des féminicides, ils sont en baisse, tant par ce que cela peut influencer les comportements en les montrant du doigt (le contrôle social n’est pas toujours détestable !) que parce que des structures d’accueil se mettent en place, fragiles et insuffisantes.

Il reste à espérer que cette attitude se généralisera à d’autres problèmes comme l’avenir de la planète ou les excès de l’ultralibéralisme. On n’y est pas encore… Ces lignes sont écrites le jour de la folie consumériste par excellence, le black friday. Et les agriculteurs bloquent les routes parisiennes surencombrées parce qu’entre autres, on veut leur interdire de répandre des produits toxiques à moins de dix mètres des habitations. Il arrivera bien un jour où ces produits seront tous interdits, en tout temps et en tout lieu.

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