semaine 49

25 ans en 2020, salut Wajdi

Chemins de traverse par Marcel Leroy, le 10 octobre 2020

Athènes, été 2011. Cinquante jeunes entament leurs grands voyages avec Wajdi, dans le cadre de Mons 2015. Réunis autour de Jade, de Nantes, ils se retrouvent dans sa musique. L'aventure commence. Aujourd'hui, ils ont 25 ans et n'oublient rien de ce qui a été vécu. (Ph M.Leroy)

Chloé Colpé, initiatrice de l'Intime Festival, consacré à la littérature, a choisi Mons pour défendre en public sa thèse de doctorat (UCL) qui s'enracine dans cette ville comme à Namur, Nantes, Montréal et La Réunion. Près de dix ans après le début de son travail de recherche aux confins de la communication, elle retraçait, ce vendredi 10 octobre, aux Ateliers de la Fucam, l'enquête d'une incandescente humanité portant le titre "Adolescence: la fabrique des héros". En sous-titre, ces mots cadrant l'aventure, "Une socio-anthropologie du dispositif Avoir 20 ans en 2015, projet mené par l'artiste Wajdi Mouawad dans le cadre de la Ville de Mons, capitale européenne de la culture.   

Une poignée des 50 héros de trois continents étaient dans l'assistance. Ecoutant Chloé Colpé developper sa recherche, ils se sont revus, au fil de quelques extraits d'enregistrements vidéo, tels qu'ils étaient, en 2011, 2012,2013,2014, 2015 et, tout à la fin, en 2017. Tout le monde a vibré en entendant leurs paroles, sincères, empreintes d'humour ou proches de la tragédie, selon les uns et les autres et les rencontres. Chacun, chacune, dans l'assistance, toutes générations confondues, s'est retrouvé dans leur quête d'identité en écoutant l'exposé de Chloé. Un cheminement que les témoins confrontèrent, après l'exposé, à leurs sentiments d'aujourd'hui. Tous estimèrent qu'avoir suivi Wajdi dans son rêve, en s'interrogeant sur le fait d'écrire,parler,écouter, penser, se sentir bien dans sa peau, leur avait apporté quelque chose d'indicible, peut-être, mais qui les accompagnera toujours.

Chloé Colpé aura accompli un travail au long cours, en participant aux voyages et autres retrouvailles des 50, et particulièrement des jeunes de Mons et Namur. Elle aura écouté, ressenti, écrit, filmé, vibré, réfléchi, puis cherché le sens de ce qui aura été vécu avec l'artiste. Lui-même confronté aux déchirures, qu'il sublime par la création, avec les autres. D'où, qui sait, le théâtre. Cet irrésistible appel à des héros adolescents, associés aux tragédies de Sophocle, qui scandèrent les cinq années conduisant à Mons 2015.

En écoutant Chloé Colpé, au terme de sa défense orale, dire merci aux jeunes, à Wajdi et aux autres, on ne pouvait s'empêcher d'avoir le coeur serré tout en riant sous cape, comme quand on se lève pour entrer dans la danse, soulevé par une musique qui vous saisit. Elle sera applaudie, longuement, car cette thèse elle l'aura portée avec constance, courage, audace, sans jamais céder au doute, face à la démesure de la tâche. Essayez donc, vous, de saisir l'eau vive de l'adolescence! Par le biais d'une exposition faite de photos et de vidéos, et d'une thèse, enlevée de haute main,  elle rappelle que la recherche fondamentale, comme tout voyage, affronte l'inconnu. Et que c'est en s'égarant que l'on se trouve, bizarrerie de la vie. Wajdi nous manquait, l'autre soir, à Mons. On l'imaginait. A l'écoute. Se demandant peut-être pourquoi il a été assez fou que pour entraîner ses héros dans une quête de vérité, en toute liberté.     

  

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