semaine 17

Les Sixties : Golden Revolution

Pérégrinations par Lucie Van de Walle, le 19 décembre 2018

Souvenirs liés aux Beatles et en particulier à John Lennon ©L.VdWalle

Il s’en est passé des choses dans les années 1966-1970 !   L’exposition Révolution - Records and Rebels vient le rappeler à ceux qui les ont vécues et permet aux nouvelles générations  de découvrir l’effervescence de cette époque plutôt remuante où il fallait tout contester et tout réinventer. Ce furent cinq années dynamiques - le meilleur côtoyant le pire - où s’est écrit le futur, à savoir notre mode de vie actuel. 

Proposé par le Victoria and Albert Museum de Londres, cet événement était a priori prévu pour le public anglo-saxon. Toutefois pour son accueil à Bruxelles, cette exposition se trouve augmentée d’éléments particuliers à la Belgique.  

D’entrée le visiteur dispose d’un écouteur-audio qui selon l'endroit où ll déambule diffuse uniquement des musiques emblématiques de cette période, principalement du rock. Par ailleurs un carnet contenant la description des nombreuses pièces montrées est également distribué. Si la lecture de ce carnet est assez laborieuse, elle se révèle être très utile . 

Réparti sur deux étages, le parcours nous a conduit au travers de thématiques généralement bien nourries et souvent ludiques. Tout commence par une immersion dans l'univers de la mode, avec des matériaux et des modèles griffés, improbables aujourd'hui, mais que l'on peut toutefois tenter de trouver dans des boutiques vintage. Du reste, c’est dans ce contexte de prospérité économique qu’est né le concept  de « boutique » destiné aux baby boomers, idem pour les magasins de disques. Du reste, une kyrielle de pochettes 33 tours évoquent les noms de Ray Charles, de Donovan, d’Adamo avec son récital à l’Olympia en 1969, des Rolling Stones, etc. Certaines vitrines sont dédiées à des vedettes, dont les Beatles, lesquels ont jeté un pont entre les jeunes des deux côtés de l’Atlantique, et plus particulièrement John Lennon, avec ses lunettes, sa redingote de brocart ou son costume pour Sgt Pepper. 

Avec l’avènement du crédit, de la publicité, de la télé et du prêt à jeter, la société est entrée dans le marécage de la consommation qui amène les dérives actuelles comme les écoeurants pics de délire du « black friday ». La démocratisation de l’avion a jeté les bases du tourisme de masse et en charter. L’Espagne devint le pays le plus visité au monde. Mais d’autres voyages liés à la drogue, à la quête de spiritualité exotique ou à la soumission à des gourous illuminés, amenèrent pas mal de jeunes sur des terrains forts mouvants.

Mais l’exposition ne se limite évidemment pas aux aspects rigolos des années 1966 -1970 et aux fantaisies psychédéliques. Le sérieux, la gravité trouvent leur place par les évocations des guerres, comme le conflit du Vietnam, les persécutions de la Révolution culturelle en Chine, à des années-lumière du mouvement « Peace and Love ». Les mouvements protestataires ne sont pas oubliés pour autant. En mélangeant les genres, on trouve aussi  bien les manifestations de Paris en 1968,  que celles  du « Wallen buiten » à  Leuven. Tout comme les actions des défenseurs des droits civiques et en général «les  anti-establishement » de tous bords, le mouvement radical des Blacks Panthers contre le ségrégationnisme, et une galerie de portraits de leaders révolutionnaires, des plus pacifistes aux plus sanglants. 

Extrêmement variée et vivante, l’exposition « Révolution - Record and Rebels » s’adresse à tous et, chose rare et donc à signaler, peut plaire aux adolescents  - cette catégorie humaine étant aussi née au cours de ces fameuses Sixties ! Ce serait donc une occasion de les arracher à leur smartphones. 

"Révolution - Records and Rebels - 1966-1970" : ING Art Center, place royale; 6. 1000 Bruxelles. Jusqu’au 10 mars 2019. Informations  : Tél.: 02 547 22 92 ou 

https://promo.ing.be/stories/FR/Art/articles/revolutions

 

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