semaine 17

Les fastes de Bernard van Orley

Pérégrinations par Lucie Van de Walle, le 21 février 2019

La Bataille de Pavie, tapisserie magistrale de Bernard van Orley

L’oeuvre de Bernard van Orley (1488-1541) sort de l’oubli grâce à une rétrospective organisée conjointement par les Musées Royaux d’Art et d’Histoire de Belgique, du Palais des Beaux-Arts et du Musée d’Art et d’Histoire de Bruxelles. Enfin mis sur le pavois dans sa ville natale, cet artiste peintre fit fureur sur la scène artistique bruxelloise du XVIème siècle. Reconnu pour son talent dans les plus hautes sphères du pouvoir, Bernard van Orley, qui est né, a vécu et est mort à Bruxelles, fut nommé peintre de la Cour par Marguerite d’Autriche, puis de celle de Marie de Hongrie. Aussi, celui qui déjà dirigeait un des principaux ateliers du moment fut-il encore davantage sollicité par des commandes venues de l’aristocratie proche de la cour, mais encore celles des ecclésiastiques et d’intellectuels humanistes. S’ensuivent alors des portraits restés célèbres, dont bien sûr ceux de Charles Quint jeune mainte fois recopiés, ou alors réalisés pour divers notables. 

Le public bruxellois et tous ceux qui saisiront cette occasion pour se rendre dans la capitale, seront à coup sûr émerveillés par la maestria qui se dégage des peintures et tapisseries géantes, soit une centaine d’oeuvres proposées dans cette rétrospective. C’est que, à côté des portraits et somptueux retables, des murs sont entièrement dédiés aux tapisseries nées à partir des fameux cartons de van Orley et réalisée,s dans les ateliers de tapisserie de Bruxelles, lesquels jouissaient d’une enviable réputation. Songez donc que 15.000 personnes, soit un tiers de la population de Bruxelles de l’époque, furent d’une manière ou d’une autre liées à la fabrication ou à la vente de ces tapisseries qui firent la réputation du genre dans les Pays Bas méridionaux. 

Parmi les plus monumentales qui sont exposées, il y a Les Chasses de Charles Quint  - un prêt du Musée du Louvre – qui a coup sûr ravirons les indigènes par ses vues sur Bruxelles ainsi qu’une autre, non moins monumentale : La Bataille de Pavie. Cela est vraiment vivant et on se surprend à mettre le nez sur la trame pour en apprécier la délicatesse des coloris, souvent rehaussés de fils d’or et d’argent, qui apportent du relief sinon de la perspective à ces majestueuses réalisations. 

On ne peut évidemment pas détailler ici toutes les nombreuses initiatives en relation avec cette première rétrospective van Orley et j’en ai choisi deux qui me semblent séduisantes. Si le style novateur des tapisseries de van Orley a impressionné ses contemporains, celui-ci était également renommé pour ses vitraux destinés à des lieux prestigieux, dont la Cathédrale de Saint-Michel et Gudule à Bruxelles. Afin de combiner regard et oreille, l’Ensemble Huelgas y donnera un concert comprenant des compositeurs contemporains de van Orley. Ainsi tout en admirant les vitraux, pourra-t-on écouter les sublimes polyphonies de Josquin des Prez, de Pierre de la Rue ou de Jacob Clément. Par ailleurs, très dans l’air du temps, un livret guide propose une série de promenades sur les traces de van Orley à Auderghem, à Tervuren, à Watermael-Boitsfort ou à Groenendael. Une autre manière de rejoindre van Orley au travers des lieux que ce prédécesseur de Pieter Brueghel l’Ancien a évoqués aussi bien dans son oeuvre peinte que dans ses tapisseries. 

"Bernard van Orley, Bruxelles et la Renaissance ": Palais des beaux arts, 23 rue Ravenstein, 1000 Bruxelles. Jusqu'au 26 mai 2019.

"L’Oreille de Bernard van Orley "- Concert :  Cathédrale Saint-Michel et Gudulen Bruxelles. Le 11 avril 2019 à 20 h. 

Sur les traces de Bernard van Orley, publié par Bruxelles, Urbanisme et Patrimoine. 

Informations : www/bozar.be ou 02 507 82 00

Mots-clés

Ajouter un commentaire

entreleslignes.be ®2019 design by TWINN