Au fond, l'Europe?...

Poing de vue

Par | Journaliste |
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Vingt-sept pays, vingt-sept campagnes (même en ville). L'impression est que l'Europe n'est pas une entité mais un assemblage de vingt-sept villages. Photo © Jean Frédéric Hanssens

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On dira ce qu'on veut de l'Europe, ou plutôt, de l'Union européenne, c'est qu'elle a simplifié grandement la vie du voyageur. Désormais, pour aller en Grande-Bretagne, ou dites plutôt Royaume-Uni (c'est visible jusque sur les voitures depuis le Brexit, le GB est devenu UK), c'est à peu près aussi compliqué que se rendre aux États-Unis. Il n'y a pas si longtemps, un citoyen français désireux de faire un tour au Pays-Bas avait besoin d'un visa... Rangeant des papiers familiaux après un décès, quelle ne fut pas ma surprise de constater que pour visiter sa famille à La Haye, l'un de mes proches, résidant à Bruxelles mais de seule nationalité française, avait dû prendre un jour de congé pour quérir au consulat le précieux cachet. Je me souviens parfaitement, enfant, qu'entre La Haye et Bruxelles, le train s'arrêtait longuement à Rosendaal où douanes et polices inspectaient tout. C'est peut-être pour cela, combiné avec mes racines multiples, qui m'ont poussé à aimer la construction européenne: elle simplifiait ma vie et permettait l'unité à mes différentes origines.

Ces facilités sont tellement acquises qu'on les croit inamovibles. Le Brexit a pourtant bien montré que ce n'était pas vrai. Un droit acquis doit être défendu; il est sans cesse remis en question, comme les attaques contre les libertés éthiques le montrent aussi.

Alors, pour prendre conscience de cela, quoi de mieux, en théorie, que des élections? Eh bien le spectacle est désolant. Ce sont les enjeux locaux et les jeux politiques habituels qui déterminent les scrutins. Pourquoi pas, dès lors, imaginer qu'une bonne partie des députés européens soient élus en une seule circonscription européenne? Au lieu de quoi on débat entre Bardella et Attal en France ou en Belgique, on vote en même temps pour tous les scrutins, excepté le communal. Comment s'identifier au voisin si on n'a pas le même choix? Perméabiliser les frontières jusqu'à les rendre invisibles, c'est bien, les gommer vraiment, ce serait mieux. Des limites, il en existera toujours, du quartier à la commune, de la commune à l'agglomération, de l'agglomération à la région, de la région à l'état. Il faudrait juste faire exactement la même chose entre l'état et l'Union européenne, faire comprendre que la frontière nationale n'est pas d'une essence différente.

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