Le covid effacé des périls
Edito par Jean RebuffatQui peut prétendre sans rire que les toutes récentes mesures d'allègement prises en Europe à propos de la pandémie sont le fruit d'autre chose que de cet évident constat: les opinions publiques font comme si le covid n'existait plus. Qui portait encore le masque dans les transports publics?
Il est vrai que la combinaison de plusieurs facteurs a contribué à un mieux. Omicron ayant eu le bon goût d'être certes plus contagieux que ses prédécesseurs mais moins mortel, le vaccin ayant fait preuve d'une efficacité réelle, en tout cas pour empêcher les formes les plus graves de la maladie, la pandémie est toujours présente mais acceptée. Les gens sont désireux d'oublier ces deux dernières années oscillant entre confinements plus ou moins stricts, mesures plus ou moins bien comprises et bilans désastreux. Revenir au monde d'hier où l'on embrassait famille et amis, fréquentait les restaurants jusqu'aux petites heures, partait en vacances et râlait si le litre d'essence s'approchait de l'euro soixante... C'est d'autant plus vrai que tout le monde semble vouloir profiter de quelques bons moments avant que les autres menaces reviennent à l'avant-scène, entre la guerre et le dérèglement climatique.
Que reste-t-il du "plus rien ne sera comme avant", antienne magique? Quelques aménagements. Un peu plus de vélos électriques, un peu moins de bagnoles. Un zeste de télétravail. De plus grandes terrasses. Bien mais est-ce assez? Poser la question, c'est y répondre. Le monde d'hier, et même d'avant-hier (revoilà l'inflation), il n'est plus possible, il faudra bien revenir de ce voyage dans le temps pour qu'un autre présent s'installe, avec, d'accord, des plages et des terrasses, mais aussi tout le reste à réadapter voire à réinventer.