semaine 39

Trois ou quatre leçons

Edito par Jean Rebuffat, le 29 mai 2020

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Sur l'autoroute des vacances, était-ce un jour de chance? Chacun tirera les leçons de la pandémie. En voici quelques unes... Photo © Jean Rebuffat

Alors qu'en Europe occidentale, le mot en vogue est déconfinement, même s'il n'est pas encore officiellement dans les dictionnaires, que le printemps chaud et sec s'est installé et que le dernier doute (très léger) qui subsiste concerne les vacances d'été, il est peut-être déjà utile d'effectuer un retour sur le passé récent, cette année 2020 commencée dans l'optimisme habituel et les bonnes résolutions et qui serait un grand cru sportif, nul n'en doutait.

Et puis tout s'est arrêté.

C'est là la première leçon à retenir. Du côté positif, on retiendra que pour une fois, l'économisme ambiant a cédé le pas à des considérations éthiques. Du côté négatif, on notera qu'en réalité, sur le plan humain, cela n'a pas empêché le massacre du troisième âge, surtout dans les établissements qui leur sont dédiés. La seconde leçon a trait à notre civilisation numérique. Si le confinement a été possible sur une échelle aussi vaste, c'est parce que nous vivons dans une société numérique, d'une part, et de l'autre, parce que la froide constatation qu'il faut bien mourir et l'acceptation de ce destin, dans une société moins religieuse, n'est plus dans l'air du temps. Mourir, certes, mais en bonne santé et le plus tard possible. Pourtant – côté négatif – cela n'a pas empêché l'hécatombe, même si elle a été limitée: le principe de précaution, dont on nous rebat les oreilles, a été foulé aux pieds, l'impréparation étant totale et l'improvisation, la règle. La troisième leçon est plus philosophique. Chacun d'entre nous a réfléchi, certes plus ou moins profondément, à son destin et à celui de l'espèce humaine, oscillant comme toujours entre le nécessaire égoïsme et l'altruisme salvateur. Cela n'a pas empêché les fake news et le complotisme de se répandre pandémiquement. Une minorité toujours plus large dans l'opinion imagine volontiers que tel ou tel thème du genre a un fondement. On peut rapprocher le phénomène de l'irruption victorieuse d'un certain populisme au pouvoir dans certains pays, à commencer par les États-Unis. Tout se passe comme si la crédulité de l'homo sapiens, largement exploitée pendant des millénaires par des religions toujours plus hégémoniques, s'était rabattue sur ces succédanés.

La quatrième leçon n'est pas encore tirée parce qu'elle concerne l'avenir. La prise de conscience de la maltraitance individuelle et collective, planétaire même, peut déboucher sur un monde meilleur ou sur un monde pire. Il y a des signes encourageants comme d'autres, désespérants. Entre l'optimisme béat et le défaitisme démobilisateur, à chaque citoyen d'agir.

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