semaine 14

Qui vivra verra

Edito par Jean Rebuffat, le 20 mars 2020

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Ce ne sont pas les vainqueurs mais les survivants qui écrivent l'histoire. Photo © Jean Rebuffat

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Quand j'étais enfant, j'étais très impressionné d'entendre sur Radio-Luxembourg la voix chevrotante de Geneviève Tabouis prédire l'avenir au terme d'éditoriaux compliqués. C'est elle qui m'a donné a contrario une de mes premières leçons de journalisme: je me suis juré de ne pas confondre ma profession avec celle de devin. Or – et c'est particulièrement vrai dans des circonstances inquiétantes comme celles que nous vivons ces dernières et ces prochaines semaines – même en privé, bien des personnes s'attendent à ce que les journalistes, étant supposés mieux informés que le citoyen lambda, expliquent gravement à celui-ci ce qui va se passer.

Il y a évidemment des pronostics qui tiennent la route mais souvent, ils ressemblent au défoncement des portes ouvertes. Il y aura des morts à cause du coronavirus, par exemple. Il y aura des survivants aussi.

Ah, si tout était si simple, eh bien il n'y aurait même pas besoin d'informations sur ce type de sujets: le pouvoir politique prendrait les bonnes décisions et tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Mais voilà, nous affrontons un ennemi de l'humanité, décrété tel par l'OMS (Organisation mondiale de la santé), en une situation où les précédents certes existent mais dans des époques très différentes. Par exemple, faire le parallèle avec la grippe espagnole d'il y a un siècle a une pertinence dans la mesure où le taux de létalité semble comparable. Mais personne ne s'attend à ce que le Covid-19 tue 2% des populations, ce qui ferait 225.000 morts en Belgique ou 1.300.000 en France. La médecine a des outils, au sens propre et au sens figuré, qui a progressé, l'épidémiologie elle-même, se basant sur l'histoire, n'est plus ce qu'elle était. Aujourd'hui, on ne répéterait plus certaines erreurs manifestes, encore qu'inévitables, qui contribuèrent à la dispersion de la maladie, comme le retour immédiat des soldats de la Grande Guerre chez eux... c'est-à-dire un peu partout dans le monde.

Alors vous dire ce qui va se passer, je n'en sais rien. J'imagine cependant comme tout un chacun qu'on ne saura quelle était la bonne attitude qu'a posteriori et je pense de manière argumentée que le but du confinement est de lisser le pic de la maladie en le coupant en deux, trois ou quatre – tout en espérant qu'un antivirus efficace aura fait ses preuves entre-temps. Quoi qu'il en soit, autant d'ici là respecter les consignes des autorités... même si d'un pays voisin à l'autre, elles ne sont pas les mêmes, puisque certains, comme les Pays-Bas ou le Royaume Uni, parient plus sur l'immunité collective que d'autres comme la France ou la Belgique. Encore qu'un peu partout, même aux États-Unis, le confinement semble prendre le pas sur tout autre considération. Le vieux proverbe «Qui vivra verra» est certainement plus fondé que les prédictions du genre de feu Mme Tabouis, morte à 93 ans en 1985.

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