semaine 42
Portrait de Robert Lemaire
A PA PEUR

La nuit dans le brouillard/ Le brouillard dans la nuit

Le 10 avril 2021

Et voilà, ça y est, on y est, on est arrivé au mois où on ne se découvre pas d'un fil ! On est dans le mois où on commence à voir le bout du tunnel ! À une condition : il ne faudrait pas qu'il y ait du brouillard ! Parce qu'alors on n'y voit goutte ! Ai-je besoin de vous le dire : le brouillard ne se laisse pas transpercer par la vision, ceux-là qui ont des yeux pour voir, ceux-la qui regarde, savent qu'à plus de 2 mètres il n'existe plus rien de tangible, qu'à plus de deux mètres le monde réel s’arrête, qu'à plus de deux mètres, et parfois moins que ça, le brouillard est si épais (qui n'est après tout que de l'eau), on ne distingue rien de concret, rien qui puisse être nommer, rien que personne ne pourra jamais définir, parce que tout simplement on ne le voit pas...et si on ne le voit pas, ça n'existe pas, no ?Tout à fait comme St.Thomas, qui ne croyait qu'à ce qu'il voyait ! Et qu'il a fallu qu'il trempe son doigt dans les plaies du Christ pour admettre que « Oui, Ok, bon, d'accord, j’admets !...il est ressuscité ? On va pas en faire un fromage ... » ! C'est ça avoir la tête dans le brouillard, Sacré Thomas, va!... Savez-vous mesdames-mesdemoiselles-messieurs, que personnellement, je crois à l'existence de tout ce que je vois et peut-être encore plus, je crois aussi tout ce que j'entends, je veux dire : tout ce qu'on me dit ! Il n’empêche que lorsque l'on a la tête dans le brouillard, on croit plus vite au miracle que de ce qui vient de nulle part (souvenez-vous de Jeanne d'Arc), on croit plus à un interlocuteur en chair et en os assis en face de vous, alors qu'il vous regarde droit dans les yeux sans ciller et qu'il sort des énormités dont pourtant, on doutera de leur réalité bien longtemps après... !

On croit très vite à la vérité vraie des paroles entendues, surtout si elle sont prononcée par une sommité, quelqu'un qui serait reconnu pour n'importe quelle raison, dont la parole ne pourrait jamais être remise en question. La parole d'un grand de ce monde, (est-ce un homme politique), vaut toute parole divine : celui qui nous dit qu'il nous veut du bien ne détient-il pas les clés du paradis de la réussite ? Et c'est aussi pourquoi on les critique tout comme une femme critique son amant quand ses promesses ne tiennent pas et tournent en eau de boudin!!!

Et que dire de la sincérité de certaines personnes qui ne nous veulent aucun mal ? Que dire de leurs paroles et des grandes pensées qui les animent ? Style Marie Curie, morte sans l'avoir fait exprès, morte pour avoir manipulé du radium radioactif! Certes elle reçoit un, et même deux prix Nobel, mais n'eut-elle pas, elle aussi, la tête un peu dans le brouillard avant de commencer à se douter de la nocivité de la radioactivité ? On ne va pas lui reprocher, elle ne pouvait pas savoir que ça allait la tuer évidemment, et encore moins que ça allait en tuer des milliers d'autres! Tiens donc, n'est-ce pas justement ça, avoir la tête dans le brouillard ? Mais bon, tant pis, elle pouvait pas savoir...retenons aussi que ce fut incontestablement une grande dame, et qu'elle fut avant toutes les autres, l'image mise en avant par le mouvement féministe de l'époque. C'est terrible de savoir que Marie Curie n'a rien vu venir, même au microscope ! Elle n'a imaginé que le bien qu'on pouvait en tirer de cette radiation, faire des radio de notre intérieur, sans penser une seule fois que quelques années plus tard, des savants fous vont imaginer, fabriquer et faire péter des bombes atomiques !!!.....

Mais dites-moi, qu'est-ce que c'est « être dans le brouillard » ?! Il y a plusieurs façon d'envisager l'analyse de cette locution. D'abord, concrètement, ça dit bien ce que ça veut dire : ce pourrait être des alpinistes qui cherchent à grimper sur le toit du monde (l'Everest quoi) et qui se perde lors de leur ascension vers le sommet à cause d'un « brouillard subit » qui, en fait, n'est qu'un vulgaire nuage d'altitude qui s'agrippe aux flancs de la montagne ! C'est peut-être aussi la panique du chauffeur d'un camion de trente tonnes de liquide inflammable, qui n'y voit goutte en descendant vers la plaine alors qu'il doit négocier les mille et uns virages d'une route en lacets !!!

Mais ça peut aussi vouloir dire autre chose, métaphoriquement parlant ! Par exemple, c'est l'étudiant en science économique (qu'il soit en finalité ou pas) qui ne trouve pas la solution d'un problème de gestion à son examen...c'est peut-être aussi l'enquêteur de la PJ qui s'embrouille dans les multiples soupçons qui accusent 17 personnes du meurtre d'un richissime inconnu ! Ou bien c'est le grand avocat d'assise qui, à un certain moment de sa plaidoirie, a un trou comme on dit, qu'il nage dans la choucroute parce qu'il a oublié, hic et nunc, de tenir compte d'une pièce maîtresse de son dossier qui pourrait innocenter son client ! Ce qui me fait penser à ces horribles moments de panique du comédien qui, à la première d'une pièce de Molière (où il a le 1er rôle) a, lui aussi un trou, puis, dans la foulée, face à la panique qui le saisit, inverse une réplique pour se rattraper, mettant ses partenaires dans l'embarras, lesquels se mettent à patauger à l'unisson et improvisent même du texte néo-Molièrien afin d'essayer de s'en sortir...les gens de théâtre qui liront ce présent texte sauront très exactement ce dont il est question !

La nuit et le brouillard sont à eux deux le summum de l'égarement personnel et collectif... parce qu'il y a aussi, le niveau symbolique de cette décision prise en toute conscience qui est de « vouloir égarer l'Autre » ! Fomenter et employer mille ruses pour tenter d'obliger le ou les Autres à se fourvoyer, à les envoyer sur de fausses pistes, leur cacher la Vérité pour faire croire autre chose que la réalité des faits ! Tendre un piège monstrueux, laisser l'Autre s'y embourber, lui faire tirer des conclusions hâtives et erronées...Voilà comment est née la nouvelle science, physique et psychologique, celle du mensonge, des fausses nouvelles, les « fakes » comme on dit maintenant. Voilà donc les raisons pour lesquelles le petit Adolf H. et sa clique, inventeurs diaboliques de cette discipline mensongère de la dissimulation, ont tentés de cacher aux yeux du monde entier le plus grand massacre de l'histoire contemporaine et qu'ils l'ont nommé « l'opération Nacht und Nebel », Nuit et brouillard !

Il n'est pas mauvais donc, de rappeler qu'à une certaine époque, le 07 décembre 1941, soyons précis, Hitler et ses sbires (Himmler et Goebbels) instaurent un décret, signé par le maréchal Keitel, ordonnant la déportation de tous les ennemis ou opposants du 3ième Reich. Par ailleurs, ce maréchal Keitel publie une lettre dans laquelle il dit explicitement que :

a) les prisonniers disparaîtront sans laisser de traces

b) Aucune information ne sera donnée sur leur lieu de détention ou sur leur sort.

De son coté, Heinrich Himmler, le chef de la SS, écrivait ceci :

« La seule force de dissuasion possible est soit la peine de mort, soit une mesure qui laissera la famille et le reste de la population dans l'incertitude quant au sort réservé au criminel ».

Par ces paroles glaçantes, il est donc évident que l'obscurité de la nuit la plus noire enroberait les disparitions des opposants au régime fasciste, dont les juifs venaient en tête de liste, tandis que la notion de brouillard jointe à celle de la nuit, ne permettraient pas au forces coalisées de trouver trace de tous les disparus.....A n'en pas douter, « Nacht und Nebel » furent des mots extrêmement bien choisis pour désigner cette opération monstrueuse tenue secrète jusqu'à ce que, dans le sombre bunker berlinois de 1945, le dénommé Adolf H. se tire une balle dans la bouche !!!

Mesdames mesdemoiselles messieurs, chers lecteurs et lectrices de tous âges et de tout horizon, je ne vais quand même pas vous faire l'affront de vous accuser d'ignorer le nombre des victimes de ce régime fasciste aberrant, mais il est quand même normal de le rappeler : pour l'holocauste, on l'évalue à quelques 6 millions et on cite le chiffre de 60 millions pour l'ensemble des morts et disparus durant la deuxième guerre mondiale,...oui, je sais que ce n'est pas très drôle de terminer cette rubrique sur ce bilan tragique, mais, comme on est au mois d'avril, je me suis souvenu que c'est à partir du 16 avril 45 que Hitler et son état-major se sont réfugiés à 20 mètres sous terre, dans le furherbunker de la chancellerie de Berlin ! Le 20, il y fut fêté une dernière fois l'anniversaire d'Adolf, (56 ans), et son mariage tardif avec Eva Braun...ils ne partirent pas en voyage de noces puisque, quelques jours plus tard, ils se suicidaient tous deux... pour ne pas être en reste, dans la foulée, la famille Goebbels (le couple et les cinq gosses) passait, elle aussi, à l'acte.....

Voilà-voila-voilà les amis et les amies d'Entre les lignes, vous avez le droit et de quoi réfléchir jusqu'au mois prochain parce que, hélas, je vais devoir vous quitter, je vais devoir vous laisser à vos petites misères et à vos grands bonheurs, et je vais devoir vous dire que je m'en vais, que ce n'est que partie remise, mais que nous sommes très près de gagner cette partie de ping-pong avec ce fichu virus... Au fait, je suis vacciné une fois (et ce n'est pas du bruxellois)... je sais que ça n'intéresse personne, mais... est-ce que vous aussi ? Bon ! Parfait ! alors, tout va pour le mieux dans le meilleur des monde ? ... y a plus qu'à prendre le remonte-pente... a pa peur

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Photo © Robert Lemaire

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