semaine 33
Portrait de Henry Landroit
Pour remettre les idées à l’endroit...

Urbi et Orbi

Le 28 mars 2020

1. L'athlète

Le président Bolsonaro a prétendu publiquement que le coronavirus n’aurait d’effet sur lui car il était un ancien athlète. Quel pédagogue, il voulait illustrer ainsi l’adage bien connu : « Un esprit malsain dans un corps sain ».

2. Urbi et Orbi

Vendredi soir, ça avait un parfum dérisoire cette scène où le pape parle « Urbi et Orbi » devant une place Saint-Pierre vide et tout cela pour nous annoncer encore une fois que nous sommes responsables de ce qui se passe. « La foi arrête la tempête » assure-t-il. Il s’éloigne ensuite vers l’intérieur. Un prêtre et des acolytes ne respectent pas les distances (notamment parce que le pape doit changer de chasuble à un moment donné) ! L’encens a-t-il des pouvoirs protecteurs ?

3. Recettes en tous genres

J’ai regardé l'émission exceptionnelle sur la chaine Kto. Après le reportage sur la bénédiction urbi et orbi, je me suis régalé sur la même chaine avec un épisode d’une série (Recettes d’un monastère) où une jeune jolie femme voilée m’a expliqué comment faire un bon tiramisu tout en détaillant les origines de sa vocation. Dieu soit remercié.

4. Un peu d'indulgence

Il ne fallait pas rater l'occasion de jeter tous ses péchés à là poubelle de l’histoire, ce vendredi soir à 18 heures. J’espère que Trump et tous les Grands de ce monde ont été au rendez-vous et que François a prévu une poubelle de capacité exceptionnelle.

L'indulgence était plénière : tous y avaient droit en regardant simplement la scène sur un écran ou en écoutant la radio. Tous ? Non, pardon, si j'ose dire ! « Selon les conditions prévues par le récent décret de la Pénitencerie Apostolique (20 mars 2020 », a annoncé le Bureau de Presse du Saint-Siège, aux fidèles atteints du coronavirus :

« Si avec un esprit détaché de tout péché, ils s'unissent spirituellement par les médias à la célébration de la Sainte Messe, à la récitation du Saint Rosaire, à la pratique pieuse du Chemin de Croix ou à d'autres formes de dévotion, ou si au moins ils récitent le Credo, le Notre Père et une pieuse invocation à la Sainte Vierge Marie, en offrant cette épreuve dans un esprit de foi en Dieu et de charité envers leurs frères et sœurs, avec la volonté de remplir les conditions habituelles (confession sacramentelle, communion eucharistique et prière selon les intentions du Saint-Père), le plus tôt possible ». J'imagine que tous ces malades s'étranglent de joie et qu'ils trouvent le temps, au cours de leurs journées (ils n'ont rien d'autre à faire), de mettre en pratique ces recommandations.

Les travailleurs de la santé et les membres de leurs familles ont également droit à l'indulgence plénière et aux fidèles aussi, du moins ceux « qui offrent une visite au Saint Sacrement, à l'Adoration Eucharistique, ou qui s’adonnent à la lecture de la Sainte Ecriture pendant au moins une demi-heure, ou à la récitation du Saint Rosaire, au pieux exercice du Chemin de Croix, ou encore à la récitation du chapelet de la Divine Miséricorde, pour implorer de Dieu Tout-Puissant la fin de l'épidémie, le soulagement des affligés et le salut éternel de ceux que le Seigneur a appelés à Lui ».

L'Église prie enfin pour «ceux qui ne peuvent pas recevoir le sacrement de l'Onction des malades et le Viatique, en confiant chacun d'eux à la Miséricorde divine en vertu de la communion des saints et en accordant aux fidèles l'Indulgence plénière sur le point de mourir, à condition qu'ils soient dûment disposés et qu'ils aient récité quelques prières de leur vivant. Pour obtenir cette indulgence, l'utilisation du crucifix ou de la croix est recommandée (cf. Enchiridion indulgentiarum, n.12) ».

J'ai beau triturer ces textes dans tous les sens, pas de palindromes, pas d'anagrammes possibles, pas non plus d'acrostiches cachés ou de formules de style me laissant un zeste d'espoir. Je dois m'y résoudre : JE NE SUIS PAS CONCERNÉ, seulement confiné.

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