semaine 49
Portrait de Henry Landroit
Pour remettre les idées à l’endroit...

Question délicate ?

Le 23 juin 2022

J’apprends que la police liégeoise a décidé d’envoyer au front (je veux parler du Carré, quartier difficile à Liège) des policières-appâts (en civil) pour pouvoir détecter plus facilement les harceleurs et les interpeler.

Ainsi, l’un d’entre eux a lancé vers l’une d’elles : « Vous êtes élégante, Madame », ce qui lui a valu une interpellation dans les minutes qui suivirent, une réprimande (et peut-être une amende).

Cela m’a rappelé que lors de la traversée de la place Flagey à Bruxelles (la plus grande de Bruxelles), j’ai été accosté par une dame (de mon âge) qui m’a dit  : « Vous êtes très élégant, Monsieur ! ». Je fus un peu surpris, car cela ne me semblait pas être une de mes nombreuses qualités, mais je l’ai remerciée tout simplement et nous avons continué notre marche vers nos destins respectifs (le mien consistant à me rendre à 300 m de là dans mon magasin d’alimentation préféré). L’idée de téléphoner à la police pour harcèlement en rue ne m’a même pas effleuré.

J’entends déjà d’ici vos réactions  : « Oui, mais tu es un homme  ! Une femme qui se fait interpeler de cette façon dans l’espace public subodore qu’il s’agit d’une invitation douteuse tandis qu’un homme n’y pense pas nécessairement… ».

Oui, je suis bien d’accord, mais je pense quand même que ces attitudes nous sont dictées par notre propre histoire, par notre éducation, par des stéréotypes vivaces.

La conséquence de tout cela, c’est que, depuis la vague « Me too », les hommes qui avaient l’habitude, comme moi (entre autres) de s’extasier devant une écharpe ou un bijou arborés par une dame et de le lui dire (quelle audace quand j’y pense !) se sont petit à petit autocensurés de peur d’être ressentis comme de vilains loups prédateurs. Et je trouve ça dommage. Comprenez-moi bien, je réclame cette liberté pour les deux sexes  !

 

 

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