semaine 08
Portrait de Henry Landroit
Pour remettre les idées à l’endroit...

Pensez-vous trop ?

Le 19 septembre 2019

On peut s’interroger sur le nombre croissant de livres destinés principalement aux parents qui paraissent à grand fracas de promotions diverses, qui envahissent les têtes de gondoles de nos librairies et proposent des solutions à des questions éducatives.

Le dernier en date est celui de Christel Petitcollin, écrivain, conférencière et formatrice en communication et développement personnel, « passionnée de relations humaines » précise son site. Après avoir écrit « Pourquoi penser trop rend manipulable » puis « Je pense trop », « Je pense mieux », elle propose cette fois « Mon enfant pense trop ». Soutien de Céline Alvarez, elle prépare ses prochains livres (mes sources d’information sont fiables)  : « Mon enfant ne pense pas assez » (2020), « Mon enfant pense mal » (2021), « Mon enfant pense mieux » (2022), « Mon enfant ne pense pas » (2023), « Mon enfant pense bien » (2024) et pour 2025 «  Mon enfant pense-t-il ? ». Les concepts d’enfants surefficients et d’enfants normo-pensants y seront à nouveau présentés en long et en large.

Attardons-nous un instant sur ces deux concepts, revêtus pour l’occasion d’un nouveau costume. Les enfants à « haut potentiel » ou surdoués deviennent les enfants surefficents. Les enfants que nous côtoyons tous les jours dans nos classes seront dénommés dorénavant les enfants normo-pensants. C’est l’habitude de nombreux auteurs de reprendre ainsi un concept existant, de le rebaptiser puis de l’intégrer dans leur discours.

Écrire à propos des enfants surdoués fait toujours recette. Les parents sont friands d’informations à ce propos et fiers quand on leur annonce qu’ils en ont conçu un (à leur insu). Même mon père a cru être le géniteur d’un « haut potentiel », ce qui m’a permis, il est vrai, de sortir de la fange prolétaire où nous étions cantonnés. Les encenser, leur créer des écoles particulières, leur trouver des problèmes spécifiques, accentuent leur spécificité et flattent l’égo des familles qui peuvent s’enorgueillir d’en héberger un…

Par contre, appeler « normo-pensant » un enfant qui s’intègre bien dans sa classe, qui ne remet pas trop en question l’ordre établi, en un mot, un enfant qui ne pose pas de problème particulier est abusif. On peut s'échiner longtemps à définir la norme.

J’en étais un, regardez ce que je suis devenu…

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