semaine 33

Coronamots

Une édition originale par Thierry Robberecht, le 09 juin 2020

© Serge Goldwicht

La crise du  Covid-19 laissa une trace indélébile dans nos habitudes, notre vision du monde, nos valeurs et surtout nos mots qui s’en trouvèrent altérés et malades comme jamais. En effet, quel sens donner  au mot humanité quand les médecins doivent choisir qui va vivre et qui va mourir et au mot solidarité quand des anonymes dénoncent leur voisin parce qu’il est malade et comment définir les proches quand tout le monde doit rester loin ? Que signifie « Commande de masques » quand personne n’en trouve et « gouvernement du pays » quand la population se sent abandonnée ? Quel sens donné au mot liberté quand nous nous sommes tous confinés volontairement ? Et quel est le sens de la vie quand la mort envahit tout. Et la définition de la vérité ? La vérité, un mot qui se trouve dans toutes les bouches alors que personne ne connait sa signification. Rébellion ? Révolte ? Quand tout le monde se soumet sans broncher aux diktats des autorités ? Pour votre bien   ou pour le bien des gens bien ? Evidemment, des auteurs se sont probablement confrontés au même phénomène après la boucherie de la première guerre mondiale et après la découverte des camps d’extermination à la fin de la seconde mais la confusion demeure et le sens des mots glisse dangereusement vers le gouffre de l’incompréhension.

Le problème, c’est que le travail de l'auteur, c’est l’écriture. Comment écrire quand le sens des mots s’est transformé et que les définitions ont glissé dans l’inconnu? L’écriture, c’est plus fort que lui. Voici la feuille manuscrite trouvée à côté de son corps sans vie. L’écriture de ces quelques mots est récente car l’encre comme son sang n’a pas eu le temps de sécher.

L’amouraille crevassa son tarmac corporellopsychique quand le funestambule déroula son alpha et que l’incognito ramassa les faucilles tombées sur l’uppercut. L’amour mort est cruciverbiste et l’autochtone phénomènal tombe sur le feuillechèvre comme une sardine huileuse. Quand le cadavràvers de l’amourouille bouge encore, saignent des larmes métalliquesques et transanglauques

Personne ne comprend  bien évidemment ce que cet auteur disparu a voulu transmettre mais des linguistes et des scientifiques sont persuadés que le sens de ces quelques lignes manuscrites apparaitra dans plusieurs siècles, plusieurs millénaires, peut-être, longtemps, très longtemps après la crise sanitaire quand les mots auront retrouvé leur sens.

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Commentaires

Portrait de Jacqueline
Condo finement à Pari d’aisa va gouverner des masques inutiles. Qui comprend ce langage ???
Portrait de Thierry Robberecht
Personne, Jacqueline. Personne

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