semaine 15

Va-t-on manquer d’ordures ?

Pasta par Michel Noirret, le 12 décembre 2019

© Wich

Remue-ménage dans les rangs des amis du climat.

Jean-Pascal Van Yppersel (la Libre Belgique du 3/12/19) estime qu’au point où l’on en est, laisser encore vivre deux centrales nucléaires belges qui ne menacent pas encore d’exploser, ce serait mieux que de créer des centrales au charbon ou au gaz, tout en taxant sérieusement les producteurs, sachant que les centrales atomiques sont déjà amorties et que les sous pourraient servir à financer le développement d’énergies propres dans divers domaines.
Si l’on n’est pas trop dogmatique on peut en effet estimer que c’est plein de bon sens.
A quoi Francis Leboutte, président de l’association « Fin du nucléaire » ingénieur de son état, lui répond que surtout pas ! plus un sou au nucléaire et développement intensif de centrales inoffensives pour les températures terrestres. Les arguments de l’ingénieur ne manquent pas non plus de bon sens.
Mais aucun des deux ne pose la question qui nous turlupinait déjà (on n’était pas très nombreux) dans les années 70 : à quoi elle sert cette énergie ? En a-t-on vraiment besoin d’autant et pour produire quoi ?
Se prendre la tête à ce sujet c’était vouloir retourner à l’éclairage à la bougie et ça faisait rire les gens sérieux. Vous pensez sans doute que ces gens sérieux ont maintenant disparu et qu’on va passer enfin aux choses plus rigolotes. Détrompez-vous, les gens sérieux, contrairement aux gens normaux se reproduisent par parthénogenèse discrète et, finalement, sont toujours là. Ni vus et connus sous un autre nom. Vous allez voir que la COP 25 va nous produire des déclarations sérieuses, c’est une habitude, elles seront mises en œuvre aussi sérieusement que les précédentes.
Clémenceau (Président du Conseil français pendant la guerre de 14-18) disait : « La guerre est une chose trop sérieuse pour la laisser conduire par les militaires. »
Aujourd’hui, je paraphrase. Franchement le temps qu’il fait, est propice aux activités intérieures... Vivre sur cette planète est une chose trop sérieuse pour la laisser aux mains des politiciens professionnels.
Les mers, les rivières, les fleuves, les forêts, l’air, les sols étouffent sous les ordures que nous produisons avec nos centrales, thermiques, hydrauliques, atomiques, etc. tellement performantes et tellement sûres que lorsqu’il y a des accidents, c’est accidentel ! rien d’autre, si, si ! Faut pas faire dans le complotisme ! pas d’amalgame ! paroles d’experts.
Sans compter l’aspect humain ! (ça y est ! l’humain maintenant ! ils ne reculent devant rien dans ce journal de dames patronnesses ! Tsss !) Passer sa vie à trimer dans une entreprise de merde, dans des conditions de merde, en Chine ou ailleurs en Asie, en Afrique, en Amérique et même chez nous, mais en moins pire, pour fabriquer des ordures par destination, vous pensez si ça vous épanouit une vie, vous donne confiance dans l’avenir, surtout pour vos enfants, bref, vous encourage à partir au boulot le matin, sifflotant, vous disant que vous allez contribuer, même modestement, grâce à vos petits doigts agiles, au bonheur de tout un chacun. Ça se voit à votre sourire dans le métro.
La prochaine étape sera de transformer le citoyen lambda en ordure aussi jetable que celles du productivisme capitaliste (n’y en a pas d’autres). D’ailleurs, vous pouvez constater le début de cette nouvelle production dans nos villes embrouillées des fumées de nos bagnoles qui sont notre liberté: le nombre de gens qui n’ont plus que la rue pour habitat va croissant, comme dit mon boulanger. Et ils sont pas beaux à voir et ils sentent mauvais.Comme le contenu de nos poubelles. Evidemment, c'est des gens, mais si on doit entrer dans ce genre de considération, la croissance est en jeu. Faudrait les compacter et les envoyer par containers dans quelques pays émergeants « Il me semble que la misère serait moins pénible au soleil»…

Nouveaux nominés au Grand Prix Tou-du-Cul 2020.
Le Bourgmestre d’Uccle, Boris Dilliès nous a fortement impressionnés avec ses déclarations dans La libre Belgique (encore !) du 6/12/19. Il est membre du MR, parti politique qui a déjà produit d’étonnants calibres de la pensée, tel Corentin de Salle ou je ne sais plus comment Dejardin, sans oublier Richard Miller… on regrette de ne plus beaucoup les entendre ces derniers temps, mais au MR depuis qu’ils ont mis le Bouchez-Double, nous allons pouvoir à nouveau nous réjouir.
C’est à propos d’« Extinction-rébellion », mouvement pacifiste prônant la désobéissance civile et passant aux actes, que Boris Dilliès nous livre une pensée confondante de largeur de vue et d’infos fiables. D’après lui, c’est un groupuscule violent, ne respectant rien. Notre possible lauréat se réfère, pour étayer son propos, aux images de la dernière manif du groupe à Bruxelles. Celles-ci montrent les flics s’en prenant vigoureusement aux manifestants avec leurs gros muscles, prolongés de divers matériels contondants et plus ou moins asphyxiants pour encore mieux convaincre les récalcitrants qui, eux, ne répliquent pas. Et Dilliès de plaindre ces pauvres flics surchargés de travail et mal payés. Il était temps de le dire et saluons le courage politique de l’édile : Si en effet les flics doivent réprimer les manifs en créant eux-mêmes la violence que les manifestants refusent d’employer, c’est un insupportable surcroît de travail.
Ajoutons que notre nominé au Grand prix est un humaniste de premier plan, puisqu’il affirme qu’il aurait parfaitement accepté la désobéissance civile d’un Luther King. Mais voilà, il est mort, victime de gens qui, comme notre Ucclois en chef n’aimaient pas la désobéissance civile pour faire valoir des droits que personne ne voulait accorder. Aurait-il accepté les vilaines manières de Martin Luther King, totalement illégales, à condition de tenir le fusil, histoire de montrer que ce genre de manif est totalement contre-productive? La vilaine question est posée, dans un coin, prenez-là en sortant.
Il est vrai que si la condition des Noirs des Etats Unis était une honte, elle a un peu évolué, mais c’est loin d’être abouti et il faudra peut-être d’autres actions de désobéissance civile pour avancer encore, Boris Dilliès ne les approuvera guère, car elles se passeront au présent.
Enfin, il est évident que si la situation des Noirs Zétats Zuniens est un déni délibéré de justice, il va de soi que la destruction de notre environnement, tendant à faire de notre planète un enfer pour nos suivants, alors que depuis cinquante ans des citoyens et des scientifiques dénoncent, écrivent, hurlent, manifestent contre cet état de chose, ce n’est pas grave ! Il n’y a pas de quoi s’énerver ! De plus, ça n’aura probablement pas lieu à Uccle tant que Boris Dilliès en sera le bourgmestre Ça ferait partie d’un accord de majorité, s’il faut en croire la rumeur.
Mais ce n’est pas tout, notre sage élu, argument suprême, nous dévoile que de nombreuses manifestations ont lieu à Uccle. L’auriez-vous cru ? Mais qu’ON EN PARLE JAMAIS DANS LES JOURNAUX. Pourquoi ? Parce que ce sont de bonnes manifs, propres sur elles, pas menées par des gens qui veulent à tout prix se faire remarquer. Il ne nous dit pas à quoi elles aboutissent. Un oubli, sûrement.
Pour plus de sûreté, nous ne saurions trop lui conseiller d’organiser un service communal des manifestations uccloises qui rassemblerait, à des fins occupationnelles et conviviales, les retraités de la commune. Ces petits vieux s’ennuient et manquent d'exercice, ce serait pour eux une occasion de se rencontrer autour d’un projet de promenade collective. Ils manifesteraient à la demande, au nom de telle ou telle association, syndicat, groupuscule. Et ça finirait par un gouter à la Maison Communale.
Elle serait pas belle la vie ?
A noter que de l’autre côté de la frontière, Ségolène Royal a émis des considérations du même ordre au sujet d’Extinction-rébellion. Elles lui valent, ça va sans dire, une nomination à notre Grand prix.
Après la « Bravitude » sur la muraille de Chine, l’ambassadrice de France auprès des pingouins des régions en train de fondre, crée sous nos yeux ébahis la « Trouduculitude ». Quelle créativité !
Bonne chance à nos deux nominés.

Vous avez jusqu’au 14 décembre, c’est court, trop court presque, mais ça vaut la peine, d’aller voir le spectacle « Histoire approximative mais néanmoins touchante et non écourtée de Boby Lapointe » une création et une écriture collectives des « Compagnons Pointent », au Théâtre des Martyrs, Place des Martyrs à Bruxelles.
Trois comédiens plein d’énergie, d’inventivité, d’humour bien foutu, qui, en plus, chantent mieux que Boby Lapointe, mais c’est pas très difficile, racontent sa vie d’artiste hors du commun et… ratée.
Rien que du drôle et du vrai, j’en témoigne pour avoir fréquenté l'ancien scaphandrier dans des relations de boulot avant et après boire.
Et l’émotion en plus, entre les lignes. (Si, si, entre les lignes).

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