semaine 48

Rien que du bonheur

Pasta par Michel Noirret, le 17 septembre 2021

© WICH

Ouvrons sur une note météorologique : Demain sera plus vieux
Faudra-t-il sortir du nucléaire et remplacer les cacas des charmantes usines à neutrons ( qui peuvent demeurer nocifs pendant des centaines de milliers d’années) et les remplacer par les déjections de bonnes vieilles usines à gaz qui vont faire grimper la note de CO2 pendant... pendant combien de temps? Eh bien, jusqu’à ce qu’on trouve le moyen de produire de l’énergie avec rien que du bon. Quel magnifique projet!
Et les politiques, les ONG, les marchands d’électricité, de gaz, bref tout ce qui la ramène d’ordinaire sur ces questions, de s’entr’étriper : nucléaire ou gaz ?
Mais jamais ne suinte cette question: Pourquoi tant d’énergie, pourquoi faire ?
Ah ben, tiens ! pour continuer à produire. Produire quoi ? De la nourriture, des machines, des objets dont certains sont utiles, certes. Mais majoritairement des choses à foutre à la poubelle (en triant ses déchets, par respect pour la planète) le plus rapidement possible pour en fabriquer et vendre de nouvelles. En somme, il faut continuer à fabriquer de l’énergie pour que, finalement, après des circuits compliqués et des coulées torrentielles de chiasse publicitaire, le pognon rentre dans les banques, puisque c’est bien là le but ultime de nos démocraties productivistes.
Cependant, les alarmistes stipendiés du GIEC nous laissent à craindre qu’il y ait un os. Pour l’instant, la situation est plus ou moins sous contrôle. Regardez les inondations en Wallonie. Ça en a fait des dégâts ! mais après les dégâts, on reconstruit. Reconstruire, ça fait du boulot, le boulot ça fait du pognon et le pognon c’est bon pour le P.I.B (comme les Gilets jaunes qu’on prenait pour de mauvais citoyens qui cassaient tout, alors qu’ils contribuaient, selon leurs (petits) moyens, à la prospérité de l’économie de leur pays. Que d’injustice !
Mais voilà, un jour la confiance dans le pognon disparaît, ça c’est déjà vu ! Or, et ce n’est qu’un début, les dégâts climatiques occasionnés par le productivisme sont d’une telle étendue, d’une telle violence, ont de telles conséquences que les biftons seront bientôt parfaitement inefficaces pour recoller les morceaux.
Mon Dieu, mon Dieu ! que faut-il faire ? La décroissance ?
Ah non, hein ! pas cette vieille scie pour bisounours, qui n’est jamais restée qu’à l’état de parlote.
Voui. Mais le désastre climatique s’étendant, on ne pourra pas y échapper encore longtemps à la décroissance et ce sera de force.
Comme de bien entendu, vu l’urgence, elle s’appliquera d’abord aux plus défavorisés, même s’ils ne consomment pas beaucoup. Comme ils sont les plus nombreux, leur nombre fait les dégâts. Ils seront donc prioritaires, démocratie oblige.
Non ?
La décroissance, au lieu de s’amener doucement si on y avait pensé à temps, on va la prendre méchamment dans la gueule, comme les inondations, les feux de forêt, les températures de fourneaux.
Ça va te mettre une de ces ambiances !
PS: au moment de confier mes tétrapilectomies (c’est l’art de couper les cheveux en quatre) aux bons soins de Jean-Frédéric, notre ange tutélaire, je constate que dans la Libre Belgique du 16/09/, Luc Chefneux, ingénieur physicien, membre de l’Académie royale de Belgique et autres lieux-dits, à propos des aventures de notre climat terrestre, dit, en gros, et en termes plus savants et policés, on s’en doute, la même chose. On le croira plus volontiers, c’est déjà ça. Mais il n’a pas pu copier. Je dis ça juste pour le cas où on pourrait penser que c’est moi qui pompe. On a sa dignité.

Poursuivons par une réflexion culturelle.

Il m’arrive d’aller chez une amie qui habite à un bon kilomètre du Heysel, haut lieu de salons, de rassemblements divers généralement mercantiles, mais aussi de manifestations culturelles.
Notamment musicales, puisqu’on n’a pas encore trouvé d’autre mot pour essayer de faire comprendre ce qu’on y entend vraiment, à de rares exceptions près.
Je ne dis pas « écouter », car avec des bouchons auditifs dans les oreilles, comme on en vend et dont il est recommandé de se munir dans les stands gastronomiques de frites, hamburgers, nouilles et autres hot-dog accompagnant ces fêtes de l’esprit, on ne peut pas écouter. On entend.
On entend, même à un kilomètre de là (plus ou moins) couvrant quelque peu les chants d’oiseaux ringards du parc voisin, une sorte de bruit de marteau-pilon forgeant avec rage de l’acier en fusion récalcitrant. On se dit que le morceau manque un peu d’imagination question rythmique. Ça peut arriver. Puis, ça s’arrête, on change de morceau sans doute. Ça recommence. Et c’est le même marteau-pilon qui reprend son concassage. Et ça s’arrête. Et ça recommence. Et ça s’arrête. Et ça recommence. Et toujours le marteau-pilon. Question : va-t-on enfin introduire le marteau piqueur, histoire d’apporter quelques nuances dans la basse continue ? C’est chouette le marteau piqueur dans l’instrumentation. On peut même varier les tonalités en fonction du matériau sur lequel il opère. Et là aussi les musiciens doivent mettre des bouchons pour protéger (?) leurs tympans. Eh oui ! il convient de faire et d’écouter des sons organisés et en bande, en se bouchant les oneilles (Ubu dixit). C’est moderne. Mais peut-être la rythmique de ce délicieux instrument est-elle un peu trop subtile pour la frappe résolument binaire du marteau-pilon, à côté de laquelle les tambours de fanfare militaire sont d’une étonnante inventivité.
Perso, je ne vois aucun inconvénient à ce que chacun se défonce les tympans selon ses goûts, mais ce serait sympa qu’il soit tenu compte de ceux des autres. Oui, je sais, encore des idées de vieux con.
C’est ainsi qu’un dimanche après-midi j’ai pu écouter, fenêtres pourtant fermées malgré le beau temps, John Dowland, compositeur et luthiste élisabéthain, chanté par Valéria Mignaco, soprano, accompagnée au luth par Alfonso Marin, sur un arrangement pour marteau-pilon d’un compositeur qui, peut-être, allez savoir, restera dans l’histoire de l’Art de l’Ob-scène.
Mais, me dira-t-on, quelle idée d’écouter John Dowland au XXIème siècle ?
Y’en a, je vous jure !..

Terminons sur une source d’inquiétude
A l’heure ou je mets sous bits, Georges-Louis Bouchez-double n’a encore proféré aucune connerie méritant une attention particulière. Serait-il souffrant ? Allons ! peut-être une simple faiblesse passagère. L’espoir demeure.

 Que le Monstre en Spaghetti Volant vous touche de son appendice nouilleux.
Ramen.

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