semaine 38

Féministes, allez vous voiler!

Pasta par Michel Noirret, le 10 juillet 2021

© WICH

C’est l’islam qui a inventé le féminisme ! Si, si ! Au 7ème siècle. Certes, ça ne nous rajeunit pas.

Leurs droits et devoirs religieux et civils sont égaux à ceux des hommes, ce qui constitue une véritable révolution féministe déjà. L’avènement de l’islam élève la femme, lui donne un statut et une dignité.

Formidable. Mais au 21ème siècle, c’est bêtement la démocratie qui produit la même chose, ici et maintenant. Bien que ce ne soit pas tout à fait parfait. Normal, ça manque totalement de spiritualité. Sans Dieu, sans prophète et sans texte sacré, le féminisme vaut-il vraiment la peine d’être vécu ?

Depuis quatorze siècles, c’est pas rien, se sont écoulés sans qu’on entende beaucoup parler de féminisme dans les pays d’Islam, ni qu’il se soit répandu au point de servir de modèle par exemple à des Louise Michel et autres pétroleuses, qui l’ont payé cher. Mais c’étaient des femmes de peu, sans religion, c’est pour ça que les avancées, comme on dit, des féministes musulmanes leur ont échappé

. Pourtant, d’après Malika Hamidi, dans un entretien à la RTBF, c’était, au 7ème siècle du moins, une vraie révolution. Elle n’a pas laissé beaucoup de traces.

Mais ça serait la faute des méchants musulmans, car le projet du féminisme musulman, c’est se réapproprier toute la mémoire, tout ce patrimoine au féminin de ces femmes qui ont construit, ont produit de nouvelles interprétations. Si tout cela a été oublié, c’est tout simplement parce que ce travail n’a pas été rapporté, n’a pas été répertorié.

Elles croyaient avoir partie gagnée et n’en ont plus foutu une ? Tssss ! Les gonzesses !

Mais, faut-il croire, Malika ne désespère pas que les méchants deviennent bons comme au temps du prophète, que ce soit en Arabie Saoudite, au Quatar, en Afghanistan, etc., tous pays où la vraie révolution féministe en marche saura les convaincre.

Toutefois, féministes sans religion, ou pastafariennes, ou que sais-je ? (les religions, c’est pas ce qui manque, toutes plus universelles les unes que les autres ; on ne connaît pas notre bonheur !) ce féminisme musulman, s’il a existé, on se le demande puisqu’il n’y en a plus trace ou du moins pas beaucoup sinon dans la tête de Malika Hamidi, n’est pas fait pour vous. Il est uniquement à destination des musulmanes. Hors de la vraie foi, pas de féminisme les filles !

Comme son nom l’indique, c’est du féminisme communautaire. Un immense progrès.

L’Islam, par la voix du prophète était un défenseur de l’égalité entre hommes et femmes, promis juré. Les textes montrent que c’était un modèle d’équilibre, comme les textes du Nouveau Testament montrent que l’amour du prochain a toujours été rigoureusement observé. Les populations africaines, américaines, asiatiques qui ont eu à faire à leurs affidés, ont pu, au fil des siècles, en prendre, non, non, pas plein la gueule, mais la pleine mesure. De même, le Manifeste du Parti communiste, y pas à discuter, a émancipé intégralement la classe ouvrière en marche vers des lendemains qui chantent.

Les livres sacrés et les prophètes, c’est leur boulot : assurer le bonheur de l’humanité. Le seul problème, c’est la mise en pratique. Ca se passe jamais comme il est dit dans les textes. Foutue humanité, va ! C’est bien la peine qu’on se sacrifie pour elle !

Et si jamais vous êtes féministe du genre Femen, vous irez en enfer.

Bien sûr, Malika Hamidi, docteure en sociologie et spécialiste du féminisme musulman, est voilée. Il faut dire qu’elle a trouvé sa voie après avoir rencontré Tarik Ramadan, nous dit-on dans la presse informée. Un vrai féministe, lui. Les tribunaux des mécréants lui cherchent noise à ce sujet.

Le féminisme, le vrai, selon Malika Hamidi, consiste manifestement à commencer par s’enfermer dans des vêtements spéciaux, emblèmes d’une idéologie pas faits pour passer inaperçus. Ce qui est un comble pour exprimer la discrétion et l’humilité de la femme musulmane.

Il paraît, elles sont nombreuses à l’affirmer, que le voile rend libre. Quel audacieux défi, quel courage dans des pays où l’on est parfaitement libre de s’habiller comme on veut, même si ça ne plaît pas à tout le monde !

Comme je suis un mécréant, je ne peux pas comprendre le sentiment de libération, quasi ontologique, qu’il y a à se soumettre à une idéologie, à de saintes Écritures et leurs interprétations au profit des dominants, surtout dans des pays ou rien ne vous y oblige.

Que le Monstre en Spaghetti Volant vous touche de son appendice nouilleux.

Ramen.

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