semaine 49

De quelques Zélites qui enchantent le monde.

Pasta par Michel Noirret, le 03 septembre 2022

© WICH

Idi Amin Orban
Physiquement, il y a une certaine ressemblance, certes encore ténue - quelques kilos de caviar en plus et ça va prendre forme- avec l’aspect du célèbre Dada, sanglant dictateur de l’Ouganda entre 1971 et 1979. Dictature qui fit quand même dans les trois cent mille morts dont certains dans des conditions croquignolettes que je ne vais pas vous décrire ici.
Mais faut pas croire : nombre d’Ougandais avaient et ont encore de l’admiration pour lui.  Les dictateurs ne le sont pas que par le caprice d’un seul.
En Hongrie, on est encore en Europe et du coup, Orban est quelque peu limité dans sa mégalomanie : il a besoin des sous de la Commission européenne pour entretenir son train de vie dispendieux et celui de ses amis. Qui ne manquent pas. Jusqu’à ce qu’il n’ait plus assez de thunes pour entretenir l’amitié. Et là, on ne donne plus cher de sa peau, comme il est d'usage.
Mais, jusqu’à présent, il n’a fait bouffer aucun de ses vivants opposants par les crocodiles dans sa piscine, émule du gore ougandais. Ce genre d’idée commencerait-il à germer dans son cerveau entre ses deux oreilles. *? "La scène se passe à Budapest, c'est-à-dire nulle part" dirais-je pour paraphraser l'intro d'Ubu Roi.
Il s’agissait, quatre jours durant, autour du 20 août, de célébrer fastueusement la fondation de l’État hongrois, en l’an 1000, par Etienne 1er, Saint patron de la Hongrie, évènement considérable dans l’histoire de l’humanité. Orban a de la religion et entend le faire savoir.
Le budget prévu pour les festivités est secret d’État, classifié pour dix ans. Si, si !!!
Voici le plus beau. « Le plus grand feu d’artifice d’Europe », qui devait en mettre plein la vue aux populations européennes, plus soucieuses des prix du gaz, de l’électricité, toutes ces choses mesquines qui n’élèvent en rien la spiritualité des peuples, a dû être annulé.
Pour cause de sécheresse intense, « le plus grand feu d’artifice d’Europe » risquait d’être le plus grand incendie d’Europe, ce qui l’aurait fichu mal. Heureusement, les météorologues officiels, prudents sans doute quant à leur avenir, avaient prévu de la pluie pour le jour J. C’était parfait. Mais voilà: la réalité de nos désirs ne cautionne pas forcément nos désirs de réalité.
Dans un sursaut de conscience professionnelle, les météorologues ont prévenu Orban que la pluie annoncée n’aurait pas lieu. Par crainte du ridicule, l'UBudapest a dû annuler.
Et les météorologues ont été démis de leurs fonctions.
Premier avertissement avant les crocodiles et, auparavant, enfoncement de petits bouts de bois dans les oneilles pour ceux qui livrent les mauvaises nouvelles ? Pas impossible.
Quant Orban vouloir pluie, météorologues faire pleuvoir! Sinon…

Marchands clandestins de tabac qui fait rire et autres poudres et liquides pour voir des éléphants roses, fini de rigoler! C’est la guerre!
Et quand on déclare la guerre, on commence par affirmer que, ça va de soi, on va la gagner.
Bart de Wever, stratège en chef et ses vaillants camarades de combat, montent au front.
Il n’y a évidement que les défaitistes pour dire que la guerre est perdue avant même d’avoir commencé.
Le monde des trafiquants de came, c’est l’illustration même de ce qu’on appelle le libertarisme: l’enrichissement sans limites et sans la moindre considération quant aux moyens d’y parvenir. Inutile de dire que dans le monde hostile de la jungle du fric, l’imagination et la créativité n’ont pas de bornes, vu qu'on n'y met pas de limites, comme chacun sait. C’est le banditisme à l’état sauvage.
Nos sociétés civilisées, plus ou moins sorties de la sauvagerie suite aux efforts millénaires de philosophes, de penseurs divers et acharnés, malgré les déconvenues et les répressions, sont arrivés, peu à peu, à faire passer le banditisme de l’état sauvage, à l’état civilisé. Les bandits, un tant soit peu embourgeoisés, se sont mis d’accord sur des règles à suivre. Non pas sous la menace des mitraillettes, bombes et autres égorgements, (quoique souvent ça dépend du contexte géopolitique) mais de lois qu’une force mise en commun est chargée de faire respecter: Code civil, pénal, accessible à tous. La justice, quoi! et la police.
Ça n’a pas trop mal marché jusqu’à présent, sauf tout de même quelques conséquences écologiques un tant soit peu dramatiques pour notre biotope. Rien n’est parfait.
Bart, plutôt que d’engager un combat perdu d’avance, il serait plus sage de confier le marché de la dope à nos bandits civilisés. Ils sont plus ou moins respectueux des lois qu’ils ont eux-mêmes contribué à instaurer, notamment grâce à tes bons offices et ceux de nombre de tes amis. Ça ferait rentrer de la thune dans les caisses des multinationales de l'héroïne, de la cocaïne, du haquique et autres moyens de rendre le monde plus supportable pour certains. Et puis des taxes pour subsidier, par exemple, le MR d'Alors, la NVA et les diverses associations publiques d'élus du peuple professionnels.
Finies les grenades dans les rues d’Anvers et Bart De Wever considéré comme un bienfaiteur de l’humanité! On dit merci qui, Bart ?

La semaine dernière, je vous parlais ici même des Zélites, ces sortes de kamikazes qui ne prennent aucun risque personnel, mais n’hésiteront jamais à lutter pour leurs idées jusqu'au bout du dernier de leur concitoyen.
En France, ils ont un Zélite pas mal dans son genre. Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, des finances et autres lieux dits.
Normalien, agrégé de lettres modernes. Diplômé de l'Institut d'études politiques (IEP) de Paris. Diplômé de l'École nationale d'administration (ENA). Mais, avec discrétion, comme ses camarades, contrairement aux généraux de Corée du Nord, il n’affiche pas ses médailles scolaires sur son complet veston. Il a su rester modeste devant les photographes.
Il vient tout de même de nous en balancer une à rendre jaloux notre Monsieur Gloub* lui-même.
Bruno Le Maire ne voit pas du tout ce que sont ces superprofits dont on parle beaucoup actuellement.
Le Pleu-pleu moyen, doté d’un simple certificat d’étude et d’un cerveau en bon état de marche, lui, voit tout de suite de quoi il s’agit lorsqu’il reçoit sa facture de gaz et d’électricité.
Il faut donc être allé dans les écoles de Zélites pour apprendre à ne rien voir. Pas facile ! Des années d’études et le sacrifice des parents...
Bruno Le Maire ne voit qu’une chose : les entreprises c’est fait pour être profitable. Rien d’autre. (France info, 30/08)
Profitable jusqu’où et au détriment de qui ?
Ça fait pas partie des questions aux examens pour obtenir les diplômes de Zélite.

* Gloub : Merci encore, Jean.
Que le Monstre en Spaghetti Volant vous touche de son appendice nouilleux.
Ramen.

 

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