semaine 08

Paul Delvaux, la passion ferroviaire

Pérégrinations par Lucie Van de Walle, le 31 janvier 2020

Au Train World en compagnie de Paul Delvaux © Marie-Françoise Plissart

Paul Delvaux, des trains partout y compris sur les cartes de voeux. ©jherrent

C’est avec étonnement que j’ai visité  "Train World"  installé dans l’ancienne gare de Schaerbeek à Bruxelles. C’est avec ravissement que j’y ai aussi découvert nombre d’oeuvres de l’artiste peintre Paul Delvaux (1897-1994). Depuis ses débuts, Paul Delvaux s’est toujours intéressé aux chemins de fer, sujet qu’il n’a jamais cessé de croquer, dessiner, de peindre. Ainsi les gares en général, mais aussi les trains, les voies, les quais et les cheminots. Ce que l’on peut appeler ses « paysages ferroviaires » présente souvent un horizon balisé par des poteaux télégraphiques. Ces représentations rigoureuses et minutieuses sont néanmoins révélatrices d’un univers intime, mais illogique pour le commun des mortels. Les compositions montrent des personnages - très souvent des femmes - figés dans un contexte irréel. Le plus souvent, ce sont des tableaux nocturnes avec la lune comme figure récurrente, ce qui donne aux scènes leur lumière si particulière. L’Exposition Paul Delvaux.  L’homme qui aimait les trains , rassemble une cinquantaine de peintures, gravures, lithographies et quelques-unes de ses toiles parmi les plus célèbres. 

Tout cela est judicieusement réparti au coeur de ce "Train World", un musée inauguré fin 2015. Ceux qui n’ont pas encore eu l’occasion de le visiter vont regretter d’avoir jusqu’ici négligé cette opportunité. Magnifiquement mise en valeur, cette gare (1913), recèle mille trésors illustrant l’histoire des chemins de fer belges. 

Nul besoin d’être spécialiste en bielles ou en pistons pour être fasciné par ces locomotives à vapeur ou électriques, dont la spectaculaire locomotive carénée de type 12 ou la première automotrice électrique MS 35. Portés par une séduisante scénographie et conservés dans leur couleur d’origine et dûment ripolinés, ces engins s’imposent comme oeuvres d’art de l’ère industrielle d’une grande d’élégance. Il y a aussi les voitures voyageurs, des plus modestes avec leurs bancs en bois à celles, nettement plus luxueuses, des wagons-lits. 

Le côté plus ludique réside dans des séries d’objets joliment proposés aux visiteurs. Par exemple, il y a une salle des horloges de gare, il y a un espace pour les machines à composter les billets, il y a une série d’uniformes qui furent au cours des époques portés par le personnel. 

Tout cela est très plaisant, et à une époque où l’on tente de ramener le public vers les transports en commun, dont les trains de jour comme de nuit, la petite musique de la nostalgie et du charme fonctionne pleinement. Et si, naturellement, nos exigences ne sont plus les mêmes qu’autrefois, il y a le plaisir d’imaginer voyager autrement, selon d’autres normes que celles de n’avoir pour tout paysage qu’une couverture de nuages ou bien des routes engorgées de véhicules aux conducteurs de plus en plus agressifs. Songeons-y. 

 

Train World – Gare de Schaerbeek, place Princesse Elisabeth, 5, 1030 Bruxelles. Toute l’année. Fermé le lundi. 

Paul Delvaux, l’homme qui aimait les trains, jusqu’au 19 avril 2020.

Informations : www.trainworld.be 

 

 

Il semble que vous appréciez cet article

Notre site n'est pas devenu payant! Mais malgré le bénévolat de ses collaborateurs, il coûte de l'argent.

C'est pourquoi, si cet article vous a plu (et même dans le cas inverse), nous faire un micropaiement d'un ou de quelques euros nous aiderait à sauver notre fragile indépendance et à lancer de nouveaux projets.

Merci à vous.

Nous soutenir Don mensuel

Ajouter un commentaire

entreleslignes.be ®2020 design by TWINN