semaine 44

Liberté en caserne

Pérégrinations par Lucie Van de Walle, le 12 juin 2020

Au mess des officiers, le streetart d’Amandine Lesay est revu en mode confinement Photos © Jean-Frédéric Hanssens.

Covidus Arte Factum est le titre bien choisi pour une exposition d’oeuvres d’art plastique nées pendant le confinement et logée dans une ex-caserne militaire. On y découvre des artistes très divers, dont pas mal de dessinateurs, lesquels, réunis après l’isolement général, ont donné naissance à des travaux très particuliers. Alors que les masques réels avaient malheureusement été laissés au vestiaire et par les artistes et par le public peu distancié lors de ma visite, ce sont bien ses évocations qui sont le lien le plus direct avec la pandémie.

Les plus évidentes étaient celles que Dany Danino propose à partir d’une série de selfies avec masques, photos transmises par ses relations. Les images de départ furent retravaillées en techniques mixtes et aménagées en compositions colorées. Toujours côté dessinateurs, j’ai repéré un joli paysage type « toits de Bruxelles » né de la plume de l’illustratrice Céleste. Vient aussi une suite d’oeuvres placées sous l’enseigne de l’imaginaire et signées Serge Goldwicht dont le trait à l’élégance imparable est, à l’occasion, rehaussé de lavis.

On trouve également une série d’oeuvres estampillées « streetart ». Une appellation pas tout à fait en lien avec l’idée que je me fais de l’art urbain, mais le confinement amène forcément des solutions d’exception. Ainsi Amandine Lesay, qui expose notamment une aquarelle montrant des gestes à proscrire en temps de Covid 19, à savoir mettre ses doigts dans la bouche de quelqu’un ! 

Dans un tout autre genre, un corridor est habillé de papier peint, qui n’est bien sûr pas peint, mais exécuté via la risographie. J’ai appris qu’il s’agit d’une sorte de sérigraphie mécanisée nécessitant du matériel numérique. Pour réaliser cette oeuvre, Frau Steiner a repris des motifs graphiques venus de l’architecture ou d’un caractère spécifique de l’endroit où il faut déposer ce qui reste tout de même un papier peint, hors du commun, faut-il souligner. 

Enfin, des installations de l’Atelier Louves ponctuent certains points du parcours de l’exposition et des photographies d’auteurs différents de semaine en semaine, s’invitent sur les murs de part et d’autre de la porte d’entrée du bâtiment A, largement ouverte aux visiteurs. 

C’est que, lors de l’ouverture de l’exposition ce jeudi en fin d’après-midi, il faisait doux et dans l’ensemble des anciennes casernes d’Ixelles il régnait un sympathique air de fête. Le marché bio du jeudi avait repris des couleurs, quelques food-trucks trouvaient des clients parmi ceux qui avaient pris place au soleil sur une terrasse avec transats, chaises, tables. De jeunes cyclistes se défoulaient sur le vélodrome en bois inauguré lors du départ du Tour de France 2019 depuis Bruxelles. Toutefois, hormis l’exemplaire marché bio proprement dit, on se trouvait bizarrement dans un « plan post-covid 19 »,  alors que le virus rôde encore. Un peu de prudence et de souci des autres ne nuisent pourtant pas à la santé.


Covidus Arte Factum : See U, 227 avenue de la couronne 1050 Bruxelles. Bâtiment A. Jusqu’au 30 juillet, du mardi au samedi entre 16h00 et 19h00. Les oeuvres sont à vendre en soutien aux artistes présents. Renseignements :  info@diendit.be  / www.dinedit.be

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