semaine 43

L’Univers de Raveel

Pérégrinations par Lucie Van de Walle, le 19 mars 2021

Roger Raveel, Autoportrait avec charrette, 1981, Collection de la Province de Flandre orientale/Musée Roger Raveel © Raveel – MDM. Photo © Peter Claeys

Roger Raveel, Homme avec fil de fer au jardin, 1952-1953, Collection de la Communauté flamande/Musée Roger Raveel © Raveel – MDM. Photo © Peter Claeys

Deux mois après un incendie destructeur, Roger Raveel remet des couleurs au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. C’est que cet artiste belge dont on fête le centenaire de la naissance avait, pour le moins, une palette des plus vives. Ayant passé toute sa vie à Machelen-aan-de-Leie, Roger Raveel (1921-2013) est bien connu en Flandres, alors que, de l’autre côté de la frontière linguistique, son oeuvre reste, quasi, à découvrir. 

Manifestement casanier, Roger Raveel trouve ses sujets à domicile ou dans son environnement immédiat : son épouse, les voisins, son père, son jardin, sa cuisine. Rien donc de fort exotique dans ses travaux dont le style semi-réaliste mélange le figuratif à l’abstraction. 

Dans cette rétrospective apparemment fort complète, on trouve quelque 150 tableaux s’échelonnant tout au long de sa carrière et répartis selon dix thématiques différentes. 

Pour ma part, j’ai retenu une intéressante série d’autoportraits lesquels, de fait, illustrent son évolution artistique. Ce qui est toutefois assez surprenant dans ces autoportraits est que, s’il en est de fort détaillés, la plupart du temps, il n’est pas possible de distinguer les traits du visage. Idem de certains portraits de son épouse ou de son père dont les traits ne sont pas identifiables. En revanche, les tableaux d’intérieurs, que l’on peut considérer comme des natures mortes, alignent cafetière, poêlon, moulin à café, tables et chaises. Traités de façon variée, tous ces objets convergent vers l’objectif déclaré du peintre flamand, à savoir le « réalisme universel ». 

Souvent, ce que l’on retrouve un peu à la manière d’un tic graphique, ce sont les rayures parallèles, striant une bonne part des sujets de ses toiles, tout comme même ces récurrents poteaux béton.

Une partie assez insolite et plaisante de cette rétrospective revient à la série de charrettes à bras, moyen de transport alors courant dans les campagnes. Les roues cerclées de fer sont progressivement remplacées par des roues de vélo, lesquelles font -  en vrai ou en figuré - partie de cette série. Du reste, ces roues assujetties à d’autres éléments, comme par exemple à une garde-robe, aboutissent à une oeuvre mobile qui, du moins sur le plan théorique, permettrait de quitter l’exposition.

Viennent pour finir quelques oeuvres dites « monumentales », lesquelles consistent plutôt en une juxtaposition de grandes toiles dont cette  Basse cour avec tourterelle vivante  et Une terriblement belle vie, toutes deux agrémentées de cages aux oiseaux vivants, une tourterelle pour la première et deux canaris, pour la seconde. Tout cela sous le contrôle de la législation sur le bien être animal et aussi sous la haute surveillance d’un vétérinaire… Quant à l’effet esthétique de l’ensemble, chacun appréciera !

 

Roger Raveel, une rétrospective : Palais des Beaux-arts, rue Ravenstein, 23, 1000 Bruxelles. Jusqu’au 21 juillet 2021. Réservations obligatoires. 

Informations : https://www.bozar.be/fr/activities/168443-roger-raveel

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