semaine 38

Infernalement divines

Pérégrinations par Lucie Van de Walle, le 22 novembre 2016

Les "Divines" actrices Oulaya Amamra et Déborah Lukumuena©prod

Voici plusieurs mois que je guette la sortie en salle et en Belgique du film Divines de la réalisatrice française Houda Benyamina, caméra d’or au dernier festival de Cannes. De ce côté, toujours rien. Néanmoins ce premier film très remarquable connaît un petit succès via quelques projections éparpillées dans des lieux prévus pour les cinéphiles.  Par ailleurs, quelques informations hasardeuses circulent au sujet de Divines et de sa diffusion en VOD. En attendant, il faut privilégier la vision de ce film sur un grand écran et donc être fort attentif à toute opportunité qui se présenterait. 

Ce film qui se passe en banlieue parisienne évite les écueils du genre « film social ». À la fois romance et film d’action aux accents parfois très violents, les Divines sont deux adolescentes entortillées dans la misère et égarées dans des coups foireux. Coûte que coûte, il faut se procurer de l’argent pour enfin assouvir ses rêves, même si l’argent doit être mal acquis. Trop naïves pour y voir clair, Dounia et son amie Maimouna feront le saut fatal vers les zones dangereuses du deal, du gang qui assujettit ceux qui y prêtent allégeance. Les chemins qu’emprunte le scénario sont hors sentiers connus, et avec Divines, on passe du ravissement à l’état de grâce, de la poésie au choc sinon à l’effroi. Ce film puissant qui rafraîchit enfin le cinéma français est interprété par un duo de choc, à savoir les jeunes actrices Oulaya Amamra et Deborah Lukumuena, deux héroïnes tragiques dont, au moins, le cinéma se souviendra.

C’est vers un autre type d’enfer que nous dirige « A Quiet Passion », actuellement toujours en salle et qui brosse le portrait de la poétesse américaine Emily Dickinson (1830-1886). L’enfer est celui des conventions, des principes d’honorabilité, de la norme étouffante appliquée aux femmes de la bourgeoisie au XIXe siècle. C’est en tant que poétesse que le chemin d’Emily est le plus particulier, puisqu’il lui faut l’autorisation de son père pour écrire sous son toit. Pour le reste cette femme refusant les prétendants, s’est volontairement isolée dans le logement familial pour partager son quotidien entre l’écriture et la souffrance liée à sa maladie. Outre cette atmosphère particulièrement plombante et ses options très académiques, le film du réalisateur Terence Davies  se distingue par la délicatesse des couleurs et un exceptionnel travail sur la lumière, une recherche analogue à celle des maîtres de la peinture. Les fans de l’actrice Cynthia Nixon seront également ravis

 

 

 

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