semaine 38

Amadeus et Karl Marx : une rencontre improbable.

Pérégrinations par Lucie Van de Walle, le 13 novembre 2016

Michel Poncelet dans le rôle de Karl Marx ©Fabrice Gardin

Au Théâtre des Galeries, c’est la dernière ligne droite pour Amadeus, la pièce du britannique Peter Shaffer. Créé l’été dernier dans les ruines de l’Abbaye de Villers la Ville, le spectacle a donc pris ses quartiers d’hiver à Bruxelles ville. Cet Amadeus Mozart, mis en scène par Alexis Goslain s’est bien adapté aux contraintes de la salle à l’italienne. Dans ce cas il s’agissait d’abord de gérer les décors baroques imaginés Thierry Bosquet, lesquels furent moulinés en 3D pour être projetés. Ces images de synthèse permettent par exemple - comme à la manière ancienne -  de faire descendre et remonter le rideau de scène ou les décors dans les cintres. Bien réussi.

Avec en tête les excellents acteurs Didier Colfs (Salieri), Denis Carpentier (Mozart) et Julie Lenain (Constance Weber), la distribution n’est pas en reste.

Il y aussi Michel Poncelet incarnant ce directeur de théâtre viennois dont la remarque au sujet de la musique de Mozart a traversé les siècles : Trop de notes

Ce comédien - capable d’endosser les emplois les plus variés – fait le grand écart en reprenant également aux Galeries Karl Marx, le retour spectacle pour lequel on espère encore de nouvelles dates. Karl Marx, le retour est un monologue écrit en 1999 par l’américain Howard Zinn. Marx, auteur du Capital aurait reçu du paradis un ticket retour avec lequel il peut, pendant une heure chrono, rejoindre le monde des vivants histoire de recadrer sa philosophie et critiquer durement ce qu’on en a fait, et entailler la société capitaliste, que l’on vérifie être cynique et désabusée. Mais pas seulement, car, non sans finesse ni humour, Marx se raconte avec ses difficultés, sa famille et ses amitiés. Détail important et savoureux, Marx n’atterrit pas à Londres où il avait en son temps trouvé refuge, mais en Amérique, et on peut se demander comment Howard Zinn aurait tourné son monologue s’il devait l’écrire aujourd’hui !

Sur scène Michel Poncelet, barbe ad hoc, vêtu comme le fut Marx tel que connu, sa malle (de réfugié politique) à côté de lui, l’acteur volubile et spirituel dialogue avec le public médusé de tant de similitudes avec le modèle. Une mise en scène de Fabrice Gardin.

“Karl Marx, le retour” :  samedi 19 novembre 2016 à 18 h 15.

“Amadeus” : du mardi au samedi 20 h 15, jusqu’au 20 novembre.

Théâtre des Galeries, 6, galerie des Princes, 1000 Bruxelles.

Réservation : 02 512 04 07©

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