semaine 49

écriture plastique

Pérégrinations par Lucie Van de Walle, le 22 février 2022

Frontière visuelle, 2004-2021. L'encre de Chine manière Godelieve Vandamme©GVD

Les mots, voilà le sujet autour duquel sont réunis douze artistes à la Maison des Arts de Schaerbeek. Sélectionnées par Lucile Bertrand, commissaire de cette exposition fournie en sculptures, installations, photos, vidéos, dessins, livres et performances, les oeuvres sont mises en valeur dans les différents salons de cette habitation bourgeoise.  

« En quelques mots » - titre de l’exposition - offre de séduisantes découvertes dont, dès le départ du parcours, une réalisation de Daniel Locus. Basée sur l’idée de la tapisserie en lien avec la ville de Tournai, ses deux vidéos sont présentées en écho. Sur fond d’un métier de haute lisse, « Jerusalem » égrène des dates de villes assiégées à travers le temps, tandis que la tapisserie « Chanson de Roland », révèle nombre d’horreurs de champs de bataille, avec en surimpression un extrait de ce poème épique qui narre une trahison sanglante. Une réalisation vraiment réussie. Par la suite on aborde « Silenced Voices » de Stephana Mclure où un poème persan d’une autrice iranienne est percé de perles qui obscurcissent le sens des mots. Ce petit ouvrage s’adresse logiquement à ceux qui, sous nos cieux, lisent le persan. Cela représente assez peu de personnes mais le commun des visiteurs en capte très bien l’aspect joliment plastique. 

Plus loin, classé dans la bibliothèque, un ensemble de livres de On Kawara -  mystérieux et indéfinissable personnage - s’est astreint, au cours d’une dizaine d’années et au gré de ses déplacements, à photocopier le plan daté de la ville visitée et en indiquant son nom en vis-à-vis. Ces intrigantes séries minimalistes sont éditées sous le titre de « I Went » et ne valent, à mon sens, que par l’étrangeté d’une démarche dont on se lasse rapidement. 

En revanche, « Frontière visuelle » de Godelieve Vandamme accroche davantage l’intérêt en explorant la limite du langage par une métamorphose. Cette artiste a utilisé de l’encre de chine congelée pour écrire quelques mots sur un papier vertical. Forcément le dégel des mots entraîne des coulures jusqu’à entrainer la dissolution du texte au profit d’une composition nouvelle qui, pour être hasardeuse, n’en n’est pas moins très esthétique.

Des photographies récupérées, recadrées sinon complétées par quelques mots, comme par exemple celle de Sylvie Eyberg ; par des ponctuations colorées, telle Lucile Bertrand ;  par caviardage, via Pierre Buraglia, donnent une autre perspective à l’intégration des mots.

D’autres créations encore, plus ou moins nébuleuses, complètent cette exposition où les mots vus plutôt que lus ou dits à voix haute, appuient davantage un côté poétique à cette exposition où la concision est de mise.  

 

La Maison des Arts, 147 chaussée de Haecht à 1030 Schaerbeek.

Jusqu’au 30.04.2022 du mardi au vendredi, de 11h à 17h. Weekend, de 11h à 18h.

Renseignements : tél. 02/240 34 99, info@lamaisondesarts.be, culture@schaerbeek.be,

http://lamaisondesarts.be/

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