semaine 38

À l'Est de L'Ouest : Cape Hatteras

Pérégrinations par Lucie Van de Walle, le 22 septembre 2016

Le littoral à Cape Hatteras©jherrent

Au cours des derniers mois, nombreux sont ceux qui ont vagabondé vers de séduisantes destinations. Je ne crois pas qu’on puisse me compter parmi les globe-trotters, mais très régulièrement une envie née de je ne sais quel fantasme, me conduit à partir au diable. Cette fois, il s’agissait de rejoindre Cape Hatteras qui fait partie des Outer Banks, série de 4 îles longues et étroites, pontuant la façade Atlantique de la Caroline du Nord. 

 

L’extrême pointe Est des USA se situe donc au Cape Hatteras, endroit symbolisé par un phare du même nom. Mais d’autres particularités géographiques éveillèrent mon intérêt au sujet des Outer Banks en général, qui s’étalent sur 320 kilomètres de long. 

Côté pile, il y a ces contrastes entre la terre “ferme”, à savoir une forêt humide, genre tourbière, spécialement inhospitalière, notamment peuplée d’ours noirs, de loutres et d’alligators. Il y a la lagune peu engageante, puis les îles bouclant cette lagune, avec plages de sable et landes piétinées par des chevaux sauvages, et enfin l’Océan proprement dit, avec son couloir de passage utilisé par les baleines et les tortues de mer.110 kilomètres d’Outers Banks sont classés réserve “National Seashore”, où à l’instar des autres grands Parcs Nationaux, la présence humaine est très heureusement réglementée, ce qui lui conserve son aspect sauvage quasi inviolé. 

Côté face, la zone des Outer Banks est le berceau de violentes tempêtes, une redoutable source d’énergie pour les cyclones tropicaux et est génératrice de bombes météorologiques qui ravagent régulièrement les U.S.A. 

Aussi, est-ce en aventuriers très ignorants qu’après une visite préliminaire, les Anglais sujets d’Élisabeth 1ère, ont, en l’an 1585, imaginé d’y installer la première colonie de peuplement. 116 hommes, femmes et enfants bon gré mal gré furent expédiés dans cet endroit isolé, puis abandonnés à leurs propres forces, devant faire face aux éléments et aussi aux tribus autochtones qui ne les ont pas forcément bien accueillis. 

Entre leur arrivée et le ravitaillement “d’urgence” attendu de l’Angleterre, lequel a pris trois ans – des vaisseaux furent coulés en chemin -  tout le monde a disparu. Rien, il ne reste absolument rien de ces premiers colons. Pas la moindre trace, ni hommes ni objets. Rien. Ce qui fait toujours le miel d’archéologues professionnels ou non, ceux-ci étant réunis en associations de passionnés. Des scientifiques sont aussi sur le coup avec des recherches ADN à partir de la population indienne locale, sans succès.  

La fameuse “Lost Colony” est une mésaventure – sans doute une tragédie -  parfaitement fascinante qui a marqué les esprits et qui aujourd’hui, sert de support à des jeux de rôles ou des jeux vidéos… 

Quoi d’autre de fascinant dans ces îles ?  

Au début du 18ème siècle, une île s’est développée en port, avec grand trafic (pour l’époque) de marchandises, le restant des Outers Banks formant une cachette de choix pour les contrebandiers et les pirates attirés par les navires et cargaisons, dont le dangereux Barbe Noire qui y avait élu domicile avant de s’y faire capturer et tuer. 

 

Si on retourne à ce qu’on appelle la civilisation, les choses sont beaucoup moins intéressantes. Trois petites villes, plus ou moins fusionnées, concentrent habitations et centres commerciaux. Ces localités sont à éviter - bien que le littoral proprement dit reste préservé  - et s’appellent Kitty Hawk, Nags Head et Kill Devil Hills. Evidemment, il faut bien loger quelque part ! 

À l’autre bout de ces agglomérations balnéaires, il y a une zone plus croquignolette, avec des secondes résidences en bois et d’architecture insolite et qui peuvent inspirer, si ce n’est fait, les dessinateurs de BD et assimilés. 

Côté historique, un détour par Kitty Hawk s’impose afin de visiter le mémorial dédié aux frères Wright, pionniers de l’aviation. On peut y découvrir leur petit hangar de travail et puis marcher pieusement d’un plot à l’autre, lesquels marquent les distances progressives des premiers vols motorisés les 14 et 17 décembre 1903 sur le “Flyer “. Même pas peur !  

À l’autre bout de la Caroline du Nord, côté continent, il y a les Appalaches. Tout un programme en soi, surtout si l’on sait qu’un “ GR”, l’Appalachian Trail, invite à quelque 3.510 kilomètres de marche et traverse plusieurs états, jusqu’au Maine. Avec une prolongation jusqu’à Belle Isle, au nord de Terre Neuve. Bien sûr, il faut un peu de temps devant soi ! 

 

 

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