semaine 47

Que se passe-t-il au Chili ?

Les indignés par GL, le 01 novembre 2019

Une manifestation colorée le 22 octobre 2019, place Baquedano à Santiago au Chili. Photo © Carlos Figueroa Wikipédia.

Galo Ghigliotto, écrivain et éditeur chilien, analyse cette situation révolutionnaire qui dure depuis début octobre. L’article est paru dans « Nouveaux Latinos » le 26 octobre 2019.

Vendredi 4 octobre 2019, le ministère chilien des Transports a annoncé une nouvelle hausse du billet de métro de 30 pesos chiliens, augmentant à 830 pesos (un peu plus d’un euro) la valeur totale du ticket aux heures de pointe. Deux jours après l’annonce de la hausse, les étudiants (lycéens et universitaires) se sont organisés pour frauder en masse. Des hordes d’étudiants ont couru depuis les entrées du métro et ont sauté les tourniquets vers les quais, débordant de loin la capacité des contrôleurs du métro. C’est alors que le gouvernement chilien a commis sa première erreur dans la gestion de cette crise : il a commencé à fermer les accès de toutes les stations du métro et a mis en place des policiers lourdement équipés pour surveiller le flux de personnes, en plus de menacer de sanctions les fraudeurs.

Pour comprendre la suite, il est nécessaire de revenir au passé : à la dictature de Pinochet et à ses effets. Contrairement à d’autres pays, le Chili n’a pas eu de processus de réparation satisfaisant. La plupart des crimes contre l’humanité commis au cours de cette période restent impunis, et les quelques policiers emprisonnés pour ces crimes ont purgé ou purgent leur peine dans des prisons qui sont de véritables centres de vacances. Aucun des gouvernements depuis le retour à la démocratie n’a réellement voulu aborder ce sujet : c’est une sorte de tabou. C’est ainsi que de nombreuses familles de détenus disparus ne savent toujours pas où se trouvent leurs proches. Un exemple : c’est seulement en 2016 que les premiers restes du journaliste Carlos Berger, disparu en 1973, un morceau de mâchoire et un fragment cervical, sont apparus. Il y a quelques semaines, en septembre de cette année, ils ont retrouvé d’autres fragments de son squelette. Tout comme les restes de Berger, l’horreur de la dictature réapparaît de temps en temps, à petites doses, sans que justice soit faite pour les milliers d’affaires comme celle-ci. À cela s’ajoute le fait que Pinochet est mort en tant que sénateur à vie, à l’âge de 91 ans, veillé à sa mort comme ancien commandant en chef à l’École militaire du Chili.

L’héritage de la dictature

Une autre expression de la dictature qui perdure jusqu’à nos jours est l’installation du modèle néolibéral et de la Constitution de 1980, qui a été instituée pour protéger ce modèle. Au cours de son dernier mandat, l’ancienne présidente Michelle Bachelet a soutenu et encouragé diverses initiatives visant à établir une nouvelle constitution, mais elle a échoué. Avec l’arrivée de la droite au pouvoir, tout l’effort a été gelé. De son côté, le modèle néolibéral, qui a consisté en la privatisation des services de base, de l’éducation, de la santé (ISAPRE), des fonds de pension (AFP), des entreprises minières, de l’eau et de tout ce qui pouvait être privatisé, en plus de l’élimination d’un certain nombre de droits sociaux, a soumis les Chiliens et Chiliennes à vivre dans un état de précarité constante. À cela s’ajoute l’écart salarial : les 10% les plus riches ont 39 fois plus de revenus que les 10% les plus pauvres. Par ailleurs, 33 % des revenus générés par l’économie chilienne sont captés par les 1 % les plus riches de la population et 19,5 % par les 0,1 % les plus riches. Les coûts de la vie sont déjà suffisamment élevés pour ne pas avoir à subir des hausses arbitraires supplémentaires. Le prix moyen de location d’un appartement de deux pièces à Santiago est de 400  000 pesos (495€), mais le salaire minimum mensuel au Chili n’est que de 301 000 pesos (373€). Entre-temps, la presse rapporte que les Isapres (institutions privées de sécurité sociale), entreprises privées, ont vu leurs bénéfices baisser en 2018, enregistrant seulement 57,2 milliards de pesos (71 millions d’euros).

A l’inégalité et à la violence, deux traces de la dictature, s’ajoute un autre aspect de la vie quotidienne : le traitement des gouvernants. L’année dernière, Camilo Catrillanca, membre de la communauté mapuche, a été tué par des policiers lors d’une opération qui, depuis le début, était entourée de faits suspects : écoutes illégales, caméras go-pro perdues puis apparues par la suite ; et l’acte lui-même, au cours duquel un civil désarmé accompagné d’un mineur a été abattu alors qu’il n’y avait pas eu de provocation. Le ministre de l’Intérieur, Andrés Chadwick, aurait dû démissionner pour les faits, il s’en est sorti en accusant les policiers et en destituant le général nouvellement nommé de l’institution policière. Par ailleurs, les ministres de Piñera ont fait des déclarations témoignant de leur mépris et de leur distance avec le peuple chilien.

En juillet de l’année dernière, l’ancien ministre de l’Éducation, Gerardo Varela, a commenté, lors d’un séminaire, que lorsque des directeurs d’écoles de province lui demandaient de l’aide pour réparer un toit, il s’agaçait et leur disait : « pourquoi n’organisez-vous pas une tombola ? Pourquoi, depuis Santiago, dois-je aller réparer le toit d’un gymnase ? ». En août de la même année, le ministre de la Culture, Mauricio Rojas, a dû quitter son poste après la publication d’extraits d’un livre où il qualifiait le Musée de la Mémoire et des Droits de l’Homme de montage. Fin 2018, le ministre du Logement a affirmé qu’« une proportion élevée de Chiliens possédait une maison, un appartement, une maison à la plage», méconnaissant totalement la réalité nationale. Cette année, au début du mois, le ministre des Finances, Felipe Larraín, commentant la hausse zéro de l’indice des prix à la consommation (IPC), a déclaré qu’il y avait une bonne nouvelle pour « les romantiques » : « le prix des fleurs a baissé […] il a chuté de 3,6% ». Enfin, en relation avec la récente flambée des prix dans le métro, le ministre de l’Économie a déclaré que « celui qui se lève tôt sera aidé, de sorte que quelqu’un qui part plus tôt et prend le métro à sept heures du matin a la possibilité d’un tarif plus bas ».

Cette année a été l’année des augmentations au Chili. Non seulement les transports, mais aussi l’électricité, l’eau, le gaz, etc. Le cas de l’électricité est particulier, car cette année, la compagnie d’électricité qui approvisionne Santiago (ENEL) a voulu transférer le coût des compteurs à la population, ce qui a généré beaucoup de réactions négatives, considérant que le président du directoire –et en outre vice-président de l’entreprise d’eau et assainissement Aguas Andinas–, Herman Chadwick Piñera, est le frère du ministre de l’Intérieur Chadwick et ils sont tous deux cousins du Président de la République Sebastián Piñera.

La peur d’un « Chilezuela »

Autre fait important : selon les données du SERVEL, 49 % des citoyens inscrits sur les listes électorales au Chili ont participé au deuxième tour de l’élection présidentielle de 2017, remportée par Sebastián Piñera avec 54,57 % des voix. En d’autres termes, on ne peut pas dire que Piñera bénéficie du soutien de la majorité du pays, et la crise actuelle pourrait bien en témoigner. Dans sa campagne, avec le slogan « Temps meilleurs » (Tiempos mejores), Piñera a bénéficié de la faiblesse politique de son adversaire, le journaliste et sénateur Alejandro Guillier, et de la Nouvelle Majorité (Nueva Mayoría), coalition de centre-gauche qu’il représentait. La gauche divisée a laissé un chemin sans encombre pour le candidat de droite, de sorte que certains auteurs affirment que, plus que d’un triomphe de Piñera, il s’agissait d’une défaite de la gauche. D’un autre côté, l’une des stratégies que la droite a utilisées pour recueillir le vote de la population la moins politisée, a été la menace, installée par divers canaux, menace selon laquelle si la gauche gagnait de nouveau, le pays deviendrait un « Chilezuela », en référence au Venezuela.

La peur de cette Chilezuela, liée d’une certaine manière à l’imaginaire promu, pendant la dictature, du gouvernement de l’Unité Populaire de Salvador Allende, a mobilisé une population peu convaincue à se rendre aux urnes et à voter pour un politicien ambitieux et questionné comme Sebastián Piñera. La connaissance publique des problèmes juridiques rencontrés par Piñera à la suite de l’acquisition d’une banque dans les années 80 est telle que même un sénateur de la même couleur politique, Manuel José Ossandón –, candidat au premier tour–, lui a lancé lors d’un débat « qu’il n’avait pas été condamné pour sa beauté » – c’est-à-dire sans justification.

Enfin, un autre antécédent important : le cercle proche de Piñera, notamment son cousin, le ministre de l’Intérieur Andrés Chadwick, était un collaborateur d’Auguste Pinochet. Ces jours-ci, une photo a été diffusée montrant le jeune Chadwick derrière Pinochet lors d’un évènement pendant la dictature. Comme lui, plusieurs ministres ont été proches du gouvernement Pinochet.

Envoyer la police dans le métro pour empêcher les fraudes étudiantes n’a fait qu’allumer une mèche installée il y a longtemps. Les troubles ont commencé vendredi 18 octobre, avec l’incendie de plusieurs stations de métro et, entre autres, l’incendie de quelques immeubles privés, comme le bâtiment de la société ENEL, qui a brûlé –inexplicablement– à partir du 11ème étage et a causé un grand choc parmi les habitants de Santiago. Alors que ces faits se produisaient, le président Piñera était en train de manger une pizza dans un restaurant du quartier aisé de la capitale.

Une phrase circule dans les manifestations qui résume très bien l’état d’esprit du Chili d’aujourd’hui : « Ils nous ont pris tellement de choses qu’ils nous ont aussi enlevé la peur ».

C’est la crise la plus profonde que le Chili ait connue depuis le coup d’État de 1973. Les autorités sont complètement anéanties, faisant des déclarations embarrassantes à la presse. Dernièrement, le président Piñera a dit : « nous sommes en guerre », semant la confusion dans la population ou, peut-être, imitant inconsciemment Pinochet qui, après l’attentat à son encontre en 1986, avait déclaré à la presse « Nous sommes en guerre ». Lors d’une déclaration ultérieure, la ministre de l’Éducation a été sommée par un journaliste de dire comment elle expliquerait à un enfant de neuf ans ces déclarations du président. La ministre a simplement reculé et passé la parole à la ministre suivante. 

L’état d’urgence a jeté de l’huile sur le feu

Devant l’erreur du gouvernement de placer les stations de métro sous la garde de la police, et en réponse à la mobilisation sociale, le président Piñera a décidé d’éteindre le feu avec de l’essence déclarant l’état d’urgence le 19 octobre. Ainsi, une mobilisation qui était limitée à la capitale du pays s’est répandue vers d’autres villes, déclenchant une série de manifestations dans tout le Chili. Cela a donné lieu à une série d’actes de vandalisme, et notamment à des pillages de supermarchés, de banques, de distributeurs automatiques de billets, etc. Les forces de police, qui se concentrent sur les manifestants et sur la protection des quartiers aisés, ont laissé sans protection les secteurs les plus vulnérables des villes, permettant ainsi une escalade sans précédent de la violence, modifiant complètement l’ordre social.

Au milieu du chaos, Piñera a décidé de décréter l’état d’urgence et de placer le général de division Javier Iturriaga à la tête de la Défense nationale. La présence de militaires dans les rues a renvoyé à une image menaçante, car pour beaucoup le traumatisme de la dictature n’a pas été surmonté. Ce fait a encore plus enflammé les esprits. À la question de savoir s’il y aurait un couvre-feu, Piñera a indiqué que c’était une décision que prendrait Iturriaga. Lors de la conférence de presse qui a suivi, le général a décrété, pour la première fois depuis la dictature, un couvre-feu dans la province de Santiago, ainsi que dans d’autres provinces.

Pour tenter de freiner les manifestations, Piñera a envoyé un projet de loi au Congrès pour geler la hausse des coûts du transport public, que l’Assemblée Nationale a approuvé, avec une seule voix contre, et le Sénat à l’unanimité. Cependant, cela n’a eu aucun effet pour pacifier l’état d’esprit de la population.

Les médias de masse (télévision, radios, journaux), qui appartiennent pour la plupart à des entrepreneurs proches des intérêts de la droite, se sont concentrés sur la criminalisation des manifestations sociales en mettant l’accent sur les actes de vandalisme qui ont eu lieu ces jours-ci. Rares sont ceux qui se sont attachés à donner une vue d’ensemble du problème. Lors des déclarations, les représentants du gouvernement répètent sans cesse les mots « violence », « destructions », « pillage », « vandalisme », et on parle de « reconstruction », comme si une catastrophe naturelle s’était produite. En dépit de cela, l’opinion publique a estimé que la gestion de cette situation par le gouvernement était déficiente, ce qui a provoqué des manifestations y compris dans les secteurs aisés de la capitale, où la majorité des voix penche à droite, organisées à faveur des revendications citoyennes et contre la crise et sa gestion par le président Piñera.

Lorsque les manifestants ont décidé de protester à l’extérieur des chaînes de télévision celles-ci ont modifié leur ligne éditoriale et commencé à montrer à l’écran non seulement les pillages, mais aussi les multiples abus dont sont victimes les citoyens.

Les Chiliens qui dormaient ont compris que l’abus était la base de leur vie quotidienne. Les réseaux sociaux et Internet ont ouvert une porte vers le monde, cela a permis de comprendre que les privilèges réservés aux classes aisées étaient également possibles pour tous dans des pays avec la même capacité de développement que le nôtre.

L’aveuglement de la classe politique

La classe politique n’a pas été capable de prendre en compte cet éveil social. Comme mesure immédiate, le Front Elargi (Frente Amplio, parti de gauche) a exigé que la législation sur la réduction du salaire des parlementaires soit rapidement adoptée, mais cela n’a pas suffi. Une autre loi a été mise à l’agenda du parlement aujourd’hui, la loi sur les 40 heures de travail par semaine, au lieu des 44 heures de travail hebdomadaire actuellement en vigueur au Chili. Mais au moment de la session, le groupe complet du parti Rénovation Nationale (Renovación Nacional) –le parti du président– a quitté la salle pour qu’il n’y ait pas de quorum.

Le gouvernement, éloigné de la réalité, comme il l’a démontré, n’a pas été capable de comprendre que la seule façon d’apaiser le mouvement social était de céder au-delà de ce qu’il était disposé à faire. Le discours incendiaire de Piñera, parlant de « guerre » et d’« un ennemi organisé » n’a fait qu’enflammer les esprits. Ces derniers jours il a décidé d’adoucir son discours. Mais en ce qui concerne les changements demandés par le mouvement social, il ne présente encore que des solutions provisoires et qui, selon lui, « nécessiteront un énorme effort de la part de l’État, ce qui impliquera une grande efficacité et la réaffectation des ressources existantes ». De cette manière, Piñera ne touche toujours pas les entrepreneurs et la concentration des ressources à leur profit, un des facteurs qui provoque le plus de mécontentement pour le Chilien moyen. En outre, ses propositions représentent une dépense fiscale plus importante qui sera directement versée à l’entreprise privée.

Piñera a le double mérite d’avoir ravivé le sentiment de chaos, de violence et d’instabilité dans lequel nos parents et nos grands-parents de droite ou de gauche nous ont élevé, parlant comme aux époques d’Allende et de Pinochet. C’est peut-être pour ça qu’aujourd’hui, il y a une certaine unité entre les partisans de droite et de gauche, donnant lieu à un accord sur le fait que ce gouvernement a démontré ses limites ; sa continuation devient intenable et des projets d’accusations constitutionnelles sont présentés à son encontre.

Le nombre de morts, dont le gouvernement a refusé de donner les noms et d’expliquer les circonstances de leur mort, augmente chaque jour. Jusqu’à hier, l’INDH (Institut national des Droits de l’Homme) comptait 1894 détenus, dont 214 enfants et adolescents et 388 femmes adultes. Des centaines de personnes ont été blessées de diverses manières et des femmes ont signalé avoir subi des violences sexuelles pendant leur détention, et une détenue a été menacée de se faire pénétrer avec un fusil. 269 personnes ont été blessées, dont un grand nombre de blessures oculaires, et 137 par des armes à feu. Hier, nous avons pris connaissance du cas de Victor Marileo, il observait la répression militaire depuis le jardin de sa maison dans le secteur Bajos de Mena, l’un des plus humbles de la ville de Santiago, quand il a été touché par une balle provenant d’un fusil. Dans des déclarations télévisées, sa femme a raconté qu’elle avait demandé de l’aide et que personne ne l’avait secourue ; de plus, les militaires ont menacé de lui tirer dessus si elle sortait de chez elle. Elle a dû appeler son fils, habitant la ville de Linares, à 300 km de la capitale, qui a pris la route et est arrivé avant l’ambulance sollicitée à Santiago. Face à cet incident, le général Iturriaga a évoqué « un fait regrettable, mais mineur ». Aujourd’hui Marileo est dans un coma artificiel et les médecins prédisent une guérison improbable.

À toutes ces victimes s’ajoutent les 18 morts que le gouvernement a jusqu’à présent reconnus. Cinq d’entre eux ont été tués par l’État. L’un d’eux est José Miguel Uribe, un jeune homme de 25 ans, originaire de la ville de Curicó, qui a reçu une balle tirée depuis un camion militaire.

L’avenir politique de Piñera compromis ?

Il ne fait aucun doute que la gouvernabilité et la carrière politique du président Sebastián Piñera ne pourront pas être rétablies. Durant ces évènements, le président chilien s’est préoccupé de ce que son pair américain Donald Trump ne manque pas le forum de l’APEC, qui aura lieu en novembre à Santiago. La COP-25 se tiendra ultérieurement en décembre. D’autres événements sociaux attendent le président : la récompense des étudiants avec les meilleurs scores au test de sélection universitaire (PSU), la remise de prix littéraires, les visites de dirigeants d’autres pays, etc. Comment le président chilien compte-t-il accueillir ses invités internationaux avec au moins 15 morts au cours des dernières semaines de son gouvernement ? Que pense-t-il dire au meilleur score national de la PSU si celui-ci l’interroge sur ses actes ? Plus simplement : que va-t-il dire à la population du pays lorsque le nombre officiel de morts et de blessés sera connu ?

La véritable tragédie au Chili n’est pas l’ensemble des pillages que les médias se sont efforcés de montrer constamment, c’est l’indolence d’une classe politique et entrepreneuriale tellement habituée à ses privilèges et à l’usage de la force pour les défendre. L’énorme écart existant entre les réalités vécues par les gouvernants actuels et celles du peuple chilien fait que le gouvernement se sent incapable de comprendre la profondeur de ce qui se passe et, par conséquent, de résoudre la crise actuelle. Comme corollaire parfait de ces affirmations circule un enregistrement de la Première dame du Chili, Cecilia Morel, qui explique «qu’ils sont dépassés », que la situation est comme « une invasion extraterrestre » et «qu’ils vont devoir diminuer leurs privilèges et partager avec les autres » .

Pour le moment, il ne semble y avoir que deux solutions possibles : soit le président Piñera s’ouvre à un pacte social avec la société civile, incluant de toute façon une nouvelle constitution, soit il démissionne pour mener à bien de nouvelles élections qui permettront ce qui est mentionné précédemment. Toute autre mesure sera provisoire, et ce ne sera qu’une question de temps avant qu’une nouvelle explosion sociale, peut-être plus violente, ne se produise.

 

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