semaine 48

Brésil : un massacre est en cours

Les indignés par GL, le 23 juillet 2020

Une déforestation récente filmée par Greenpeace, dans l’Etat d’Amazonas au Brésil. Photo © Greenpeace

La politique du président brésilien d’extrême-droite Jair Bolsonaro fait des ravages dans tout le pays mais plus particulièrement en Amazonie où les populations autochtones meurent en masse du Covid-19. Voici trois suggestions concrètes d’action proposées par Francisco Whitaker, militant altermondialiste brésilien au Parti des Travailleurs brésilien, l'un des organisateurs du Forum social mondial de Porto Alegre et secrétaire exécutif de la Commission brésilienne Justice et paix.

1. Soutenir fermement le cri de l’Assemblée Mondiale pour l’Amazonie ( https://bit.ly/AssembleiaMundialAmazonia ) qui a eu lieu les 18 et 19 juillet 2020.
C’est en Amazonie brésilienne que le meurtre de peuples autochtones qui protègent la forêt et la vie dans la forêt est perpétré en toute impunité. Et avec elle, nous assistons également à un « génocide » de la nature – s’il est possible d’utiliser ce mot dans un sens plus large – avec une déforestation dévastatrice et une exploitation minière prédatrice.

Cette action barbare de Bolsonaro profite du drame de la Covid-19, comme l’a clairement déclaré, lors d’une réunion gouvernementale rendue publique, son ministre de l’Environnement : « Tout le monde est préoccupé par la pandémie ; c’est le bon moment pour mettre en œuvre rapidement des mesures illégales. »

La destitution de ce ministre est demandée au Brésil et dans le monde.

L’Assemblée Mondiale pour l’Amazonie est promue par la COICA: Coordination des organisations autochtones de l’Amazonie; par REPAM: Ecclesial Network of the Pan Amazonia; par FOSPA: Pan Amazonian Social Forum; et par CONIAB: Coordination brésilienne des organisations autochtones du bassin amazonien.

Et une première proposition concrète d’action a été discutée le 19 juillet : une campagne mondiale de boycott des produits, des entreprises, des inversions, des politiques gouvernementales, des accords commerciaux et des extractivismes qui détruisent l’Amazonie.

2. Multiplier les dénonciations, auprès de la Cour Pénale Internationale, des crimes contre l’Humanité commis par Bolsonaro, démontrant l’intentionnalité de ses actes. Dans tous les pays il existe un grand nombre de juristes extrêmement qualifiés pour préparer de telles dénonciations, conformément aux principes d’action de cette Cour.

En même temps, ce même effort juridique pourrait être fait pour que la Justice dans chaque pays empêche l’entrée ou la sortie du Président brésilien, pour les crimes encore impunis qu’il a commis, ainsi que chacun de ses ministres, pour complicité dans ses actions criminelles.

3. Selon un graphique créé par le Directeur de l’un des Instituts responsables à São Paulo pour les tests avec des vaccins contre la Covid-19, le nombre de décès quotidiens dans l’État le plus riche du pays et aussi le plus inégal est le même causé par l’explosion d’un Boeing 747 par jour, qui peut se répéter jusqu’à la fin de l’année. Au Brésil dans son ensemble, il y a maintenant un décès par minute. Dans cette statistique macabre, le pays va probablement bientôt devancer tout le monde.

La troisième suggestion que je fais aux nombreux amis et amis d’autres pays est d’un autre type : aidez-nous à ne pas accepter, comme si c’était « normal », le nombre de décès causés par la Covid-19 dans notre pays.

Nous sommes intensément engagés dans une résistance à la destruction continue des institutions, des lois, des normes, des services et des droits durement conquis après la chute du régime militaire installé dans les années 1960. Avec cela, nous courons le risque de nous habituer aux informations, qui nous arrivent tous les jours, des décès de la veille. C’est la « naturalisation » que nous avons faite de l’esclavage noir pendant des siècles qui nous fait aujourd’hui nous “adapter » au racisme et aux inégalités sociales scandaleuses qui caractérisent notre pays, dont les principales victimes sont les descendants de ces esclaves.

Nous appelons à l’indignation mondiale pour ne pas laisser refroidir, dans nos cœurs et nos esprits, notre indignation face à chaque nouvelle mort évitable qui se produit. Nous ne pouvons pas permettre que des accords fallacieux au sommet maintiennent au pouvoir indéfiniment impunis les responsables du génocide en cours.

 

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