semaine 47

Photos artistiques des bâtiments scolaires

L’avenir de l’école par Laurent Berger, le 06 novembre 2019

photo @ Laurent Berger

photo @ Laurent Berger

Il y a quelque temps déjà, je me suis lancé dans la photographie, admirez ces clichés artistiques, le graphisme osé de ces belles images! Je vous l’assure! Admirez la géométrie des formes, la beauté des contrastes! Soyez surpris par les couleurs merveilleuses! Je me demande encore où exposer ces fantastiques photos qui traduisent toute la considération exprimée par nos gestionnaires de l’éducation! Privatisez et plus rien ne sera à nous et plus rien ne sera pour nous! 

Deux athénées bruxellois ont connu des arrêts de travail pendant qu’on discourt sur le pacte d’excellence. Tandis que des écoles sont financées par des parents qui contribuent à l’amélioration des bâtiments offerts. Les inégalités se creusent. Des minervals sont demandés, il est conseillé de les payer pour le bonheur des enfants. Il en va de leur épanouissement en classe! Ecoles privées qui naissent et fleurissent, ce qui permet aux politiques de délaisser leurs responsabilités. Le budget consacré à l’éducation publique est bien limité. La lourdeur administrative retarde les petits budgets accordés à l’avancement des travaux. 

J’ai eu l’honneur de voir apparaitre subitement sur le toit de mon bâtiment préfabriqué des panneaux solaires suite à une offrante alléchante du privé. Le définitif provisoire depuis une bonne cinquantaine d’années reçoit l’emballage cadeau à la mode de l’énergie verte capitaliste.  Les factures de gaz mensuelles avoisinent les 30 mille euros mensuels avec des fenêtres qui ne ferment plus, de l’infiltration d’origine inconnue, des petits champignons amusants, des plaques de plafonds qui pendent, de l’amiante plus ou moins respirable en légère quantité, qui se répand de façon inoffensive dans l’air, locaux aux odeurs charmantes, et j’en passe et des meilleures, papiers toilettes absents, savons disparus, planches jaunies, pavés manquants, gouttes d’eau qui tombent, chaudières en panne, salubrité heureuse et hygiène bienvenue pour nos enfants qui demeurent assis sagement dans ce décor idyllique! Je suis admiratif de la patience de nos adolescents qui finissent comme moi à ne plus voir dans quel décor réel ils vivent, on finit par s’habituer à tout.

La multiplicité des réseaux avec l’un d’entre eux qui semble de plus en plus puissant en ces temps où les communautés religieuses de toute obédience organisent la société, le possibilité donnée aux parents de choisir librement l’école de leurs enfants, le financement limité, renforcent les inégalités.

Ces inégalités se remarquent en ce qui concerne l’accès à l’école, le traitement des élèves, les possibilités de carrières, les conditions d’apprentissage, et les bâtiments scolaires.  Il faut attendre qu’un plafond tombe sur un professeur pour que l’on réagisse, qu’une coulée nauséabonde se répande autour de fabriqués isolés pour que l’on prenne enfin conscience de la situation. 

Je vous propose deux styles de visites écolières. La première. Vous prenez les parents par     la main en leur montrant les beaux bâtiments, salle des professeurs, médiathèque, hall des sports, vous évitez de leur montrer le reste. Il en va de l’image de l’école. La deuxième. Vous invitez le ministre responsable, avec courage, vous décidez de tout lui montrer, les caves, l’état de l’isolation, vous lui annoncez qu’il est impossible de donner une lettre pour le certificat énergétique, même pas la lettre Z, vous lui demandez de lever la tête pour lui montrer l’état des plafonds, de la baisser pour voir l’état des sols, vous lui montrez les toilettes. Vous l’ informez des emplâtres qui ont été placés: des petites choses mises en attendant pour sauver les apparences. Bien sûr, reconstruire l’école est impossible, trop onéreux! Ensuite, on mettrait les élèves où? Tant que la structure tient debout, on poursuit les petits investissements pour renforcer les couches successives. J’aime le définitif provisoire, les architectes qui édulcorent l’amiante. On se veut rassurant!  Il ne faudrait pas créer de panique! Juste! 

Le plus beau métier du monde! Le professeur dans notre monde judéo chrétien est prié de se sacrifier pour nos enfants, éternel bénévole au service de la population! Arrêtez vos grèves! Qu’allons-nous faire de notre progéniture! Alors, en attendant, même sans chauffage, il faut bien les garder. Même sans douche, il faut bien qu’ils soient sportifs. La stratégie n'est-elle pas de laisser pourrir les services publics afin de laisser le privé peu à peu l'emporter?  Comme se féliciter des restos du coeur pour ne pas assumer la démission de la présence de l'Etat. Nous vivons dans un monde où les plus démunis n'auront plus accès aux bureaux de poste, devront faire des kilomètres pour retirer de l'argent. Un monde où les petites villes n'auront plus de gare. Elèves armés de parapluie et chaussés de palmes en classe, ceci n'est pas de la science fiction! Sol des classes gorgé d'eau, on vous fait miroiter des rénovations, promesses de rénovations non tenues. Je suis un agent infilré des infiltrations d'eau, je suis addict aux champigons, je rame avec les vieux programmes informatiques dépassés, j'ai investi dans la pomme pour être à jour, mais je garde le sourire même si je me les gèle parfois dans ma classe, j'ai toujours un bonjour Monsieur le Professeur. 

 

 

 

 

 
 
 
 

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