semaine 44

La méthode Coué est bien française

Emois et moi par Jean Rebuffat, le 26 mai 2017

Les grands hommes ont toujours commencé débutants. Ce qui ne veut pas forcément dire que tous les débutants seront des grands hommes... Photo © Jean Rebuffat

Ainsi donc, il se confirme que tout est dans la tête et que cette assertion est valable également pour le corps électoral. La République française s'apprête à donner vraiment les clefs du pouvoir à Emmanuel Macron. À moins d'un retournement de situation, improbable mais jamais impossible, l'Assemblée nationale sera bientôt autant renouvelée qu'elle le fut en 1981 ou en 2002.

D'un strict point de vue démocratique, on ne s'en plaindra pas. La société semble enfin comprendre ou faire comprendre qu'il n'est probablement pas sain de passer toute sa vie à faire de la politique. On se souvient du mot de Jacques Chirac, récemment rappelé par François Baroin: il faut vingt-cinq ans pour faire un président de la République. Quelques années suffisent désormais et quelques semaines, sans doute, pour faire d'une médaille Fields un élu de la nation. En fait, la politique n'est pas un métier stricto sensu mais elle l'était devenue. À chaque apparition d'un nouveau mouvement, d'ailleurs, ceux qui sont en place mettent en garde contre l'inexpérience des impétrants. On entend ça depuis le XIXème siècle. Jaurès n'avait aucune expérience. De Gaulle non plus. Les écologistes également, ou, en Belgique, les partis régionalistes. L'électeur s'en fout. On pleurnichera sur son manque de discernement, sa versatilité, son inculture ou sa méconnaissance des enjeux, c'est pourtant ainsi. Le progressiste que je suis peut déplorer certains aspects de cette tendance lourde, il n'en reste pas moins qu'en France, ce goût du changement, d'une grande lessive, aurait pu déboucher sur la plus épouvantable des aventures et qu'à présent, on sent dans la rue un frémissement, une envie de faire confiance, d'y croire encore, qui est réjouissante. Car après tout, y croire, c'est peut-être la méthode Coué dans toute sa splendeur imbécile, mais c'est aussi un ingrédient utile. Quand on posait la question à Jacques Brel, que vous manque-t-il pour être un poète?, il répondait y croire.

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