semaine 47

Ce livre n’a pas trouvé éditeur en France

ConsoLoisirs par Bernard Hennebert, le 04 novembre 2019

C’est un Petit Poucet belge de l’édition indépendante et coopérative, «Les Éditions du Cerisier», qui publie «Opération Macron», le manuscrit ayant été refusé par de nombreux éditeurs français. Beaucoup de médias traditionnels n’en parlent pas, et pourtant le livre commence à très bien se vendre (voir notre point 4).

Pour découvrir le sujet principal de cette newsletter, lisez les points 1, 6 et 9. Ce lundi 18 novembre 2019, de 21H à 22 H, se déroulera en direct le premier numéro de notre émission de radio mensuelle «Consoloisirs». Une grande première pour nous: créer l’interactivité avec vous par le biais des ondes.

C’est un pari, et on veut le gagner… avec vous. Réagissez aux dix textes qui suivent, posez-nous vos questions par écrit, et le lundi qui se situe au milieu du mois, «Consoloisirs» réagit sur Radio Air Libre, avec un invité «fil rouge».

SOMMAIRE

1. Lundi 18 novembre: notre nouvelle émission de radio «Consoloisirs»
2. Pour les malades, voici une ordonnance «muséale»
3. Le musée Magritte rechute pour la troisième fois
4. Résistance belge face à la lâcheté d’éditeurs «made in France»
5. Contre toute publicité
6. Pas deux, mais quatre musées bruxellois
7. Comment financer une RTBF moins publicitaire?
8. Je viens chez vous?
9. Radios dites «libres» dont Radio Air Libre
10. La pub fait perdre combien de téléspectateurs à la RTBF?

1. Lundi 18 novembre: notre nouvelle émission de radio «Consoloisirs»

Depuis le 1er février 2003, le site internet «Consoloisirs» de Bernard Hennebert, journaliste, écrivain, animateur culturel et également militant, prend la défense des intérêts des usagers dans le domaine de la consommation des loisirs, dans les activités du «temps libre» (médias, culture, divertissements, etc.).

L’organe de promotion de «Consoloisirs» est constitué par une newsletter qui paraît dix fois par an et a atteint progressivement une diffusion qui touche près de 15.000 personnes, ce qui est important pour le «mouchoir de poche» constituée par Bruxelles et la Wallonie: principalement des usagers et des militants culturels, des représentants des médias, du monde politique et du secteur associatif (par e-mail et aussi par sa présence sur le site Entre les Lignes).

Le 18 novembre 2019, dans un but d’interactivité avec ses lecteurs, cette newsletter renouvellera son mode de fonctionnement, le complétant par une émission diffusée sur la légendaire radio bruxelloise «Radio Air Libre».

Cette mensuelle sera proposée, le plus souvent en direct, le lundi au milieu du mois, de 21H à 22H.
Son sommaire consistera à détailler davantage le contenu de la newsletter parue deux semaines plus tôt.
Entretemps les lecteurs de celle-ci, mois après mois, seront invités à envoyer par écrit avis et questions à: bernard.hennebert@consoloisirs.be

Comme le but de Consoloisirs est de gagner des victoires citoyennes dans ces domaines de l’évolution de la culture, des médias et des loisirs, il y aura un invité «fil rouge» différent à chaque émission, le plus souvent un élu de la majorité ou de l’opposition démocratique.

Celui-ci réagira aux principales informations diffusées quinze jours plus tôt dans la nouvelle newsletter. Il participera aussi à la programmation musicale à deux reprises en choisissant la chanson qui a marqué son enfance ou le début de son âge adulte, et celle qu’il aimerait que l’on diffuse lors de ses funérailles.

Dans la newsletter suivante, il sera fait écho aux déclarations les plus marquantes de l’émission précédente ainsi que l’annonce du nom de la personnalité «fil rouge» de l’émission à venir.

Le programmateur musical de cette émission «Consoloisirs» et également son technicien s’appelle Pierre Dusart: un féru de chansons, ancien vendeur de la FNAC qui servit Claude Nougaro, Paolo Conte, Stéphan Eicher, Saule ou Vincent Delerm, également ex-attaché de presse qui a distribué notamment les premiers disques de Maurane (société coopérative «Hameçon»), etc.
Sur Radio Air Libre, il propose depuis longtemps déjà ses choix musicaux chaque lundi soir dès 20H dans «Le petit cheval de bois».

Comment écouter Radio Air Libre?

La marraine «fil rouge» pour la première émission du lundi 18 novembre 2019 sera l’élue bruxelloise Zoé Genot, députée régionale bruxelloise Écolo.
Les deux chansons qu’elle a choisi de diffuser seront «Hexagone» de Renaud (la chanson qui a marqué son enfance ou le début de son âge adulte) et «Mon mari est parti» de Anne Sylvestre (la chanson qu’elle aimerait que l’on diffuse lors de ses funérailles).

Le générique de cette nouvelle émission? L’intro musicale de Barjoland par Paul Personne en public en 1990.

Et donc, pour poser vos questions à Zoé Genot, dans le prolongement de la présente newsletter, écrivez-nous avant le 16 novembre: bernard.hennebert@consoloisirs.be

2. Pour les malades, voici une ordonnance «muséale»

Dans une précédente newsletter, je m’étais opposé à la décision du Louvre de rendre obligatoire la réservation pour tout accès au musée. J’imagine qu’il y a eu beaucoup de protestations. Je pense que cela aurait créé un précédent dommageable dans la profession. Grand merci à sa direction d’être revenue en arrière.

Les visites des musées sont-elles bonnes pour la santé?
Le château de Compiègne et l’Institut de cardiologie de la Pitié Salpêtrière ont signé un partenariat qui permet aux patients suivis par l’Institut de se rendre gratuitement au Musée du Second Empire, au Musée de la voiture ou dans les appartements historiques du château.
Davantage de détails sur cette démarche novatrice.

La gratuité n’est pas réservée qu’à nos grands malades!
En Belgique, 150 musées sont gratuits chaque premier dimanche du mois, mais leur liste évolue.
Aussi, Arts & Publics qui coordonne cette gratuité a pris l’habitude de publier chaque année une brochure gratuite de 48 pages qui actualise cette liste et propose également une série de réflexions: le débat sur la restitution des objets d’arts, une interview de la nouvelles ministre «des musées», les déclarations d’un «grand témoin» (François Mairesse), «Une vague de participation citoyenne s’empare des musées», etc.
L’article qui nous a le plus touché, cette année, est celui qui permet à une série de femmes d’expliquer comment elles visitent un musée: Béa Ercolini, Caroline Fontenoy, Virginie Hocq, Christine Mahy, Françoise Tulkens… ou Josée-Pépita Pien.

Qui est cette dernière?
Si vous fréquentez les «premiers dimanches gratuits», vous l’avez certainement déjà rencontrée. Voici à quoi elle ressemble: observez la première photo (vous pouvez l’agrandir en cliquant).
Je tire mon chapeau à Pépita car cette photo a été prise le 3 février 2008. Et depuis (cela fait 11 ans environ), mois après mois, elle vient avec un groupe d’ami(e)s, progressivement de plus en plus nombreux, visiter un des 150 musées gratuits. Ensuite, elle les emmène boire un café ou une bonne bière!
Si vous désirez rejoindre son groupe, envoyez-moi un e-mail «Vive Pépita!» avec vos coordonnées (e-mail, tél.), et je les lui transmettrai: bernard.hennebert@consoloisirs.be

La brochure s’intitule «Regards sur les musées».
Elle a été insérée dans le quotidien Le Soir du 26 octobre 2019. On ne fait pas mieux pour tenter de sensibiliser de nouveaux publics à visiter des musées.

Voici deux autres moyens pour vous la procurer. Elle sera disponible dans toutes les bibliothèques de la Fédération Wallonie-Bruxelles à partir de la mi-novembre 2019.
Deux milles exemplaires sont également destinés aux salles d’attente des médecins.

L’ASBL Arts & Publics ne se contente donc pas de disserter sur la thématique de la démocratisation culturelle, elle bosse sur elle au quotidien, et avec imagination et détermination. Que le nouveau gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles y soit attentif!

En page 43, on découvre que la prochaine fête de la gratuité, le dimanche 1er décembre 2019, se déroulera de 12H à 18H dans une nouvelle institution qui adhère à la gratuité du premier dimanche. Bienvenue à elle!
C’est la Maison Autrique érigée d’après des plans de Victor Horta en 1893. Vous pourrez la visiter et découvrir son exposition «Le Dernier Pharaon – Une aventure de Blake et Mortimer».
Il y aura des visites guidées en français toutes les demi-heures entre 14H00 et 16H00, au 266, Chaussée de Haecht, à Schaerbeek, à 300 mètres de l’Église St Servais qui vient d’être restaurée et du début de l’avenue Louis Bertrand qui abrite encore de très belles maisons érigées au début des années 1900. Et si vous êtes de bons marcheurs, vous arriverez bien vite au Parc Josaphat (le parc de mon enfance!).

Sur le site d’Arts & Publics, voici la liste des 150 musées belges gratuits chaque premier dimanche en Wallonie et à Bruxelles.

Une newsletter mensuelle spécifique vous met au courant des différentes nouveautés de cette gratuité. Inscription: info@artsetpublics.be

3. Le musée Magritte rechute pour la troisième fois

Du 10 octobre 2019 au 9 février 2020, se déroule aux Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique l’exposition temporaire «Dali & Magritte».
Parmi les 150 œuvres exposées, plusieurs, et pas des moindres, proviennent du Musée Magritte Museum appartenant à la même institution: Le mariage de Minuit, Le Sang du monde, Le Joueur secret, La Magie Noire et La Lecture défendue.

Ces transferts sont tout-à-fait normaux.
Par contre, ce qui est contestable, c’est le fait que le visiteur du Musée Magritte Museum n’est pas averti avant l’achat de son ticket qu’il ne pourra pas admirer ces œuvres qui sont habituellement exposées. Ainsi, la direction des MRBAB ne tient aucun compte de ses erreurs passées, ce qui nous semble inadmissible.
Elle connaît, en effet, très bien le problème et donc il ne peut s’agir d’un oubli.
L’année dernière, à deux reprises, pour des faits semblables qui se sont soldés par des plaintes de visiteurs, elle a finalement concédé à mettre un avis sur le comptoir, là où le public achète son ticket.

Dans un premier temps, elle y indiqua simplement que «quelques» toiles n’étaient pas exposées, sans en indiquer le nombre, ni citer les titres des œuvres (la plus connue du musée, «L’Empire des Lumières», n’était pas exposée, et au même moment, une campagne de promotion pour le musée dans les métros bruxellois affichait justement cette toile).

Dans un deuxième temps, alors que d’autres toiles étaient décrochées quelques mois plus tard, un autre avis fut affiché. Cette fois-ci, il était un peu plus précis: il indiquait en effet le nombre d’œuvres absentes (14) mais n’énumérait toujours pas leurs titres.

Un début de bonnes habitudes se prenait. Et, aujourd’hui, à nouveau, les MRBAB reviennent au point de départ: la non information absolue, ce qui est une façon de tromper les visiteurs et une non application des lois économiques en vigueur dans notre pays (lire à ce sujet «Libertés culturelles & droits des usagers» , revue «Repères» (n°10) de l’Observatoire des Politiques Culturelles, par le chercheur Roland de Bodt, juin 2019, téléchargeable gratuitement).

Il faut savoir que lorsque différentes œuvres majeures dont «L’Empire des Lumières» furent exposées au MoMA à San Francisco du 19 mai au 28 octobre 2018, un visiteur demanda le remboursement de son ticket aux MRBAB. L’institution refusa et lui envoya, sans son accord, par la poste, un ticket gratuit qu’il pourrait utiliser lorsque les œuvres seraient à nouveau accrochées au musée.

Le visiteur considéra que son droit en pareil cas à être remboursé n’était pas respecté.
Son combat peut se comprendre puisque le musée lui-même déclare que 65% de ses visiteurs viennent de l’étranger… et les étrangers ne vont par revenir à Bruxelles, dans pareil cas, pour utiliser pareil ticket! Donc, des remboursements doivent être possibles.

Il déposa donc, le 5 novembre 2019, une plainte au Service du Médiateur Fédéral pour avoir droit au remboursement de son ticket à 10 euros.

Nous voilà près d’un an plus tard. Malgré plusieurs échanges écrits avec le représentant du Médiateur et un nouveau rappel écrit envoyé le 24 septembre 2019 et resté jusqu’à présent sans réponse, aucune solution n’a été proposée.
Oserait-on supposer qu’aujourd’hui les MRBAB profitent de cette façon de tarder à mener à terme son travail de la part du Médiateur fédéral?

Voici la plainte telle qu’elle a été formulée.

Ce sujet n’est pas mineur. Deux émissions de télévisions y ont été consacrées. Elles sont particulièrement instructives.

- Le 25 janvier 2019, sur la télévision bruxelloise (BX1), Jean-Christophe Pesesse anime sur ce thème un débat contradictoire en direct avec Isabelle Bastaits, la chargée de communication du Musée Magritte Museum, et Bernard Hennebert, en tant qu’administrateur de l’asbl La Ligue des Usagers Culturels (L.U.C.).

- C’est le même thème qui est abordé dans un reportage de cinq minutes pour l’émission «Images à l’appui» diffusée sur RTL TVi vers 19H45, le 25 février 2019.

Plus d’infos:

4. Résistance belge face à la lâcheté d’éditeurs «made in France»

Il est plutôt rare que le vaste public puisse découvrir de façon détaillée comment une activité culturelle est mal ou pas du tout promu par les médias de masse (radios, télés, presse écrite).

Pour le film de Pierre Carles «Pas vu, pas pris», l’Association des téléspectateurs actifs (ATA) avait mené l’enquête pendant plusieurs mois et Gwenaël Breës du cinéma Nova s’était fendu d’une carte blanche «Le cinéma et la maison Reyers, ça fait deux». Pourquoi pas (re)lire ce travail d’enquête rare en téléchargeant le n°46 (12 avril 1999) du périodique «Comment Télez-Vous?», pages 12 à 18?

Aujourd’hui, après avoir lu notre analyse de prétendus chiffres de vente pour deux livres de Nicolas Sarkozy, l’un des lecteurs de notre newsletter Consoloisirs nous contacte pour proposer un autre témoignage du même tonneau concernant le nouveau livre «Opération Macron» d’Éric Stemmelen, notamment ancien directeur des programmes de France2.

C’est un Petit Poucet belge de l’édition indépendante et coopérative qui a publié celui-ci, le manuscrit ayant été refusé par de nombreux éditeurs français.

Il s’agit des prolixes Éditions du Cerisier qui publient depuis 35 ans déjà.
Sa collection «Place publique» qui présente ce livre en propose une bonne cinquantaine d’autres bien «de chez nous» avec notamment «Conversations avec des Clandestins» de Lise Thiry, «L’humanité en nous» de Roland de Bodt ou «Marchandise chair» de Marcel Solbreux.
Récemment, ces éditions ont publié deux essais qui connaissent un succès public aussi notable… que le mutisme de nombre de médias à leur égard: «Travailler aujourd’hui - Ce que révèle la parole des salariés» de Nicolas Latteur et «Il faut tuer TINA - 200 propositions pour rompre avec le fatalisme et changer le monde» d’Olivier Bonfond.

L’éditeur est indépendant de toute structure ou parti politique, ancré à la gauche de la gauche, sans chapelle, drapeau, ni étiquette.

L’auteur du livre démasquant Macron, Éric Stemmelen, explique dans «L’Humanité»: «Il se trouve que, durant un an et demi, le manuscrit a été proposé à des éditeurs français. L’un d’eux m’avait même donné une date de publication. Et puis, plus rien… François Ruffin parle dans le prologue de mon livre de lâcheté. C’est le mot».

En tous les cas, cette désaffection ressemble à celle des grands quotidiens français car aucun, mis à part «L’Humanité», n’a soufflé mot de la publication sauvetage belge. Et tout ceci confirme hélas concrètement la thèse principale du livre: principalement quelques très riches familles françaises, non seulement à droite mais souvent aussi proches de la religion catholique, dominent le monde des médias, sont bien présentes dans le monde de l’édition et influent sur l’avenir politique de la République.

En Allemagne, le Frankfurter AZ constate que cet «Opération Macron» fait de toute évidence l’objet d’une conspiration du silence de la part des principaux médias (français)».

Quelques deux cents pages alignent des faits, les uns derrière les autres, de manière chronologique (du 22 janvier 2012 au 23 avril 2017) pour confirmer son hypothèse: ce n’est pas le peuple qui a élu Emmanuel Macron, mais bien la partie de ce peuple embrigadée par une intoxication médiatique systématique «longue durée».

Tout est bon pour rendre indispensable le petit nouveau, jusqu’au mensonge. Dans le livre, page 66, on peut lire à la date du 5 septembre 2014:
«(…), pour couper court à des rumeurs d’homosexualité cachée, les Macron, que personne ne connaît, sont pourtant en couverture de Clor (Berlusconi): «Emmanuel Macron en couple avec son ex-prof». Un article de commande distille ce qui sera longtemps la version standard et inexacte de l’histoire du couple: «Celle qui tient fermement sa main en dévalant les rues escarpées de Montmartre n’est autre que le prof qu’il a eue lorsqu’il était en première. À l’âge de 17 ans, il test tombé amoureux de Brigitte, de vingt ans son aînée». Une jolie romance pour les chaumières».
Dès lors, la presse répètera à l’envi que son épouse a «presque 20 ans» de plus que lui, alors qu’en réalité près de 25 ans les séparent. Il sera prétendu partout que, lorsqu’ils se sont connus, elle aurait eu «36 ans et lui 17». Or, en 1992, Emmanuel Macron a 14 ans (né le 21 décembre 1977) et termine sa troisième au lycée La Providence d’Amiens, lorsqu’il joue dans la pièce «Jacques et son maître». Brigitte Auzière, alors âgée de 39 ans (née le 13 avril 1953) se dit enthousiasmée par le talent du garçon - qui ne sera jamais dans sa classe de français -,et, à la rentrée, elle l’accueille dans l’atelier théâtre qu’elle dirige, et auquel il participera pendant deux ans. Il s’établit entre eux, selon les propres termes d’Emmanuel Macron, «une complicité intellectuelle qui deviendra jour après jour une proximité sensible». (Par parenthèse, je trouve cette fadasse expression «proximité sensible» assez pitoyable pour évoquer ce qui est censé être une passion amoureuse bravant tous les interdits.)
Brigitte Auzière n’avait donc pas 36 ans quand ils se sont connus, d’autant qu’elle habitait encore Strasbourg. Et lorsqu’Emmanuel atteint ses 17 ans, il a déjà quitté Amiens et est élève du lycée Henry IV à Paris. Ces faits sont assez faciles à vérifier, même pour un journaliste français. Le mensonge distillé n’est donc pas une erreur ou un détail mais une manigance destinée à tromper l’opinion. Et pour cause: une femme de 36 ans et un jeune homme de 17 ans, cela peut devenir une idylle romanesque digne d’une plume d’un Stendhal; une femme de 39 ans et un garçon de 14 ans, cela éveillerait comme un soupçon de pédophilie (…)».

En revanche, ce silence des grands médias traditionnels contraste avec les très nombreux retours des lecteurs sur les réseaux sociaux et les échos des libraires en France, et en conséquence, le livre a été pendant plusieurs semaines dans le top 5 des ventes à la FNAC rayon «politique française», parfois même devant le nouveau «Sarkozy».

En Belgique, il est trop tôt pour établir un bilan de la promotion de ce livre auprès de nos grands médias, qui ne se sont cependant pas encore manifestés à ce jour - alors qu’ils ont reçu les informations utiles de la part de l’éditeur au mois de juin 2019.
Notre informateur nous a promis de faire le suivi, donc nous vous en reparlerons ici.

Si je citais plus haut l’exemple du film «Pas vu, pas pris» de Pierre Carles, ce n’est pas par hasard. J’ai eu un plaisir analogue à découvrir le livre: un ton incisif, un humour vengeur quand il le faut, une énumération quasi clinique d’innombrables pièces d’un puzzle qui mène à un sombre constat, une accumulation de ce que certains traiteront de «détails» mais qui, mis bout à bout, démasquent les assoiffés du pouvoir suprême.

À lire avec intérêt, si vous souhaitez en découvrir davantage sur cet ouvrage.

«Opération Macron» est disponible en librairie ou auprès de l’éditeur (frais de port offerts): editionsducerisier@skynet.be

5. Contre toute publicité

Au 20ème Festival de cinéma d’ATTAC, le mercredi 27 novembre à 20H, présentation en avant-première du documentaire «La pub au pays des merveilles» de Matthieu Lietaert, au cinéma Aventure (Galerie du centre, près de la Bourse, au 57, rue des Fripiers à Bruxelles).

Cette projection sera suivie d’un débat «Démarquons-nous…» avec le réalisateur ainsi qu’Alexandre Penasse (rédacteur en chef de la revue Kairos, journal antiproductiviste pour une société décente) et de Bernard Hennebert (journaliste, écrivain, animateur du site Consoloisirs).

Entrée: 7 euros (Article 27: 1,25 euros).
Présentation de ce documentaire et de l’ensemble du festival.

6. Pas deux, mais quatre musées bruxellois

Fermer un musée tous les week-ends ainsi que les jours de congé légaux le rend inaccessible à plus de 50% de leurs visiteurs potentiels, la population active (principalement travailleurs et étudiants). C’est un fait de discrimination manifeste et pas anodin qui devrait être combattu par les syndicats, par les associations d’étudiants et par tous nos élus.

Déjà, plus de 3.000 personnes ont signé une pétition en ce sens concernant deux institutions fédérales qui sont situées dans la commune d’Ixelles: les Musées Constantin Meunier et Antoine Wiertz.

Mais à Bruxelles, il n’y a pas deux mais bien quatre musées qui pratiquent ainsi.
Le Musée de la Banque Nationale en déménageant, il y a quelques années, a supprimé son ouverture durant les week-ends.
À Saint Josse-Ten-Noode, le Musée Charlier est également fermé les week-ends et les jours de congé légaux.

On connait la réaction un peu langue de bois de ces institutions: «Nous organisons des moments événementiels, de temps en temps, où la population active peut venir: fêtes du patrimoine ou nocturnes bruxelloises, par exemple». Cela ne répond pas à la critique: plus de la moitié de la population n’a pas droit à une ouverture régulière au moins mensuelle.

Soyons concrets. Il suffirait que ces musées, au minimum, rallient la gratuité du premier dimanche du mois, pour qu’on ne puisse plus leur faire ce reproche.
Cette proposition n’est pas innocente. Si l’on ne tient pas compte des visites de groupes (scolaires, par exemple), ces quatre musées ont en général une fréquentation déplorable et ne sont pas assez connus par la population. La gratuité du premier dimanche médiatise fortement les institutions qui y participent. Ce serait faire d’une pierre, deux coups. Ces quatre musées seraient ainsi bien mieux promus, sans dépenser un euro.

Ce lundi 18 novembre 2019, dans notre émission de radio Consoloisirs, nous mettrons notre invitée fil rouge Zoé Genot face à cette thématique puisqu’elle est conseillère communale de l’opposition à St Josse-Ten-Noode (pour le Musée Charlier) et députée régionale bruxelloise (globalement au niveau bruxellois, à propos de ces quatre musées).

7. Comment financer une RTBF moins publicitaire?

Dans Le Soir du 9 octobre 2019, les premières déclarations de la nouvelle ministre de l’audiovisuel Bénédicte Linard (Écolo) sont tranchées et on en prend acte avec un grand intérêt: «(…) En matière de limitations publicitaires, on n’a jamais été aussi loin, mais je souligne qu’il s’agit d’une volonté politique des trois partis autour de la table (Écolo, MR, PS). Cela n’a pas fait l’objet de grands débats»

D’autre part, selon La Libre du 15 octobre 2019: «(…) Le cabinet de la ministre balise déjà le travail: la mesure sera mise en œuvre «à dotation égale», sans compensation financière des pouvoirs publics. La précision est importante puisqu’elle n’apparaît pas telle quelle dans l’accord du gouvernement».

Mais est-ce si simple que cela? Ces limitations de la publicité auront intérêt à tôt ou tard se retrouver dans le contrat de gestion de la RTBF. Or, des évolutions de celui-ci ne sont possibles qu’à condition que le service public et le gouvernement soient preneurs, comme ce fut le cas au moment où, précédemment, Écolo quittant le gouvernement, ce dernier décida avec la RTBF de réauroriser au service public le recours au placement de produits. Mais là, cela rapportait davantage d’argent à la RTBF.
Nous ne sommes plus dans le même cas de figure. Les citoyens devront donc être extrêmement attentifs à la négociation qui va nécessairement se dérouler. Quelles économies la RTBF pourra envisager en n’étant plus obligée d’accomplir telle ou telle partie de telle ou telle mission…

Espérons que sur ce sujet, Bénédicte Linard appliquera le fonctionnement qu’elle a annoncé pour les matières cultuelles qu’elle traite également: «On appliquera une manière de faire la politique qui me tient à cœur, travailler avec les acteurs, en co-construction. Je crois à l’intelligence collective et aux solutions qui peuvent en émerger». Que les experts et représentants des usagers de la RTBF soient donc aussi entendus!

Où faire des économies pour contrebalancer le manque à gagner dû à la diminution des rentrées publicitaires? Que la RTBF imite de moins en moins RTL TVi.

Le public devrait avoir droit à des télévisions les plus différentes possibles. Depuis l’arrivée de Jean-Paul Philippot à la direction, le divertissement au sens large s’est formidablement développé aux heures de forte écoute au détriment des émissions d’information et des programmes sociaux. De plus, la majorité de la culture ou de l’éducation permanente ont été reléguées sur une chaîne de niche qui diminue par dix environ leur public.

Il faut du divertissement bien entendu à la RTBF, et il faut sans doute redéfinir lequel.
Mais trop, c’est trop. Que les économies à faire ne permettent plus au service public de dépenser ses picaillons à produire des programmes qu’on verrait davantage sur les chaînes privées, et qui d’ailleurs sont des échecs sur le service public puisqu’ils ne sont pas reconduits d’année en année: par exemple, des émissions qui cherchent à élire le coiffeur le plus sympathique en Fédération Wallonie-Bruxelles, ou l’as des barbecues, pour ne citer que deux programmes assez récents.

Diminuer la publicité, c’est encore plus intéressant si cela permet d’amoindrir l’influence des annonceurs sur les mentalités de la direction et des personnes chargées de la programmation, afin de redéployer un véritable esprit «service public».

Bien sûr, cela ne sera pas simple puisque depuis des années, on puise personnel et direction chez RTL TVi à tout va comme s’il n’y avait plus aucune différence de contenus entre ces diffuseurs. Une bonne part de la politique éditoriale des radios, par exemple, a été contaminée progressivement par cette pratique.

Nous verrons bien vite si le PS, le MR et Écolo souhaitent un véritable renouveau de la RTBF dans le choix du prochain administrateur général qu’ils vont devoir faire bientôt. Jean-Paul Philippot restera-t-il en place pour six nouvelles années alors que cette diminution de la publicité dénature sa conception même de l’évolution de la RTBF et qu’il aura sans doute désormais bien plus difficile à se faire entendre par son tout nouveau conseil d’administration que le quotidien «L’Écho» annonce dans le titre d’un article paru le 22 octobre 2019 comme étant «costaud»? Et s’il n’est par retenu, continuera-t-on à préférer un gestionnaire ou un homme de service public comme l’étaient les regrettés Robert Wangermée et Robert Stéphane, ou Christian Druitte, celui qui inventa le service et les émissions de médiation (en un temps où on ne confondait pas médiation et communication!)?

8. Je viens chez vous?

Le 7 novembre 2019, je suis invité à débattre avec un groupe d’étudiants en marketing sur «RTBF: avec ou sans publicité».

Heureuse exception car rarement dans nos universités, on donne la parole aux «usagers» sur les thématiques «médias» ou «culture». Je me permets donc ici de vous rappeler que j’aborde de façon bénévole les quatre thématiques suivantes dans des débats publics (universités, mouvements de jeunesse, centres culturels, etc.):

  • RTBF: avec ou sans publicité?
  • Pourquoi existe-t-il si peu d’associations de téléspectateurs et d’auditeurs?
  • Quelles gratuités et réductions préconiser dans les musées?
  • Faut-il développer les droits du public culturel, et comment?

Contact: bernard.hennebert@consoloisirs.be

L’année dernière, Graziella Van Loo a enregistré deux heures d’un débat avec des étudiants sur la suppression de la publicité et du sponsoring à la RTBF pour son émission de radio hebdomadaire, «Micro ouvert».
La rencontre fut diffusée intégralement en deux épisodes d’une heure sur Radio Campus (ULB) et Radio Panik.
Ce qui est exceptionnel pour moi (et pour vous, j’espère), c'est qu’on a gardé ainsi la trace de cette animation et que vous pouvez assister en petite souris à ce très long échange. Une sorte de mini feuilleton pour que la RTBF redevienne un vrai service public. On a notamment beaucoup échangé sur à quoi pourrait ressembler l'évolution de ses programmes, s'il n'y avait plus l'influence des publicitaires.
Éteignez donc votre télé et passons une soirée ensemble! En effet, vous pouvez réécouter cette «intégrale» ici avec la partie 1, et ici la partie 2.

9. Radios dites «libres» dont Radio Air Libre

Puisque j’ai la chance d’animer l’émission de radio Consoloisirs, dès ce 18 novembre (voir le point 1 de cette newsletter), je me permets de vous conter mes expériences précédentes dans ce domaine. Ces mini mémoires permettront peut-être à pas mal d’entre-vous de découvrir un peu davantage les coulisses de ces médias vraiment libres.

Fin des années ’70, l’une des premières associations d’usagers de notre service public «La RTB (sans F à l’époque) est aussi la nôtre», initiée par des proches du journal «Pour» (dont le tout jeune auteur-compositeur-interprète et journaliste Claude Semal), pétitionne notamment au mythique Festival du Temps des Cerises à l’abbaye de Floreffe et sauvera une émission de radio émise depuis le Centre de la RTB Liège: «Du sel sur la queue» animée par Robert Louis. Elle permettait aux auditeurs, en direct, chaque matin, de donner leur avis par le biais du téléphone.

Puisque le modèle radio se recroqueville dans la non interactivité dès que le public veut penser et s’exprimer librement, le modèle «radios libres» va surgir dans les interdits et, petit à petit, conquérir sa reconnaissance légitime, puis légale.

Radio Air Libre n’est pas une inconnue pour moi. Dès le début des années ’80, je participe à sa création avec une ribambelle d’amis progressistes dont celui qui nous remotivera tout particulièrement à chaque difficulté, Babar, l’imprimeur qui publiait son mensuel «Alternative Libertaire».
On émet alors de l’étage d’un café bien connu situé près de la place Fernand Cocq à Ixelles.
Un jour par semaine, je me levais trop tôt pour rejoindre pas mal d’autres animateurs (Sabine, Yves-Luc, Jean-Philippe, Sabrina, Paul, Catherine, Marc, Michaël, etc.) qui, avant de partir au turbin pour gagner leur croûte, animent deux heures d’émissions «Les petits matins» qui tentent de concurrencer de façon fort alternative et minimaliste les journaux parlés de la RTBF tant écoutés et qui sont un peu le modèle traditionnel.
Alors que nos auditeurs sommeillent encore, nous lisons tous les quotidiens, tentons d’atteindre au téléphone des personnalités pour qu’elles nous donnent leurs avis sur les événements du jour, réécoutons et montons les témoignages de monsieur et madame tout le monde recueillis la veille, etc.

Comme me le rappelle l’un de mes compagnons d’aventure, Yves-Luc: «On voulait faire une radio de contre information et de large audience». Et Paul, de dévoiler un secret de fabrication: «Nous faisions les points d'actu à l'heure et demie pour pouvoir écouter les bulletins des autres entre temps (RTBF, France Inter, etc), de sorte que nous étions assez souvent en avance et que des journalistes de la RTBF nous téléphonaient pour savoir comment nous étions si bien informés. Nous avions aussi un monsieur météo maison. Les frères Dardenne avaient tourné un documentaire sur les radios libres où plusieurs membres de notre bande - Yves-Luc, Marc et moi-même - intervenions concernant notre enquête sur le meurtre commis par un membre du Front de la Jeunesse (…)».

Près de quarante ans plus tard, Radio Air Libre a gardé son nom et surtout est restée fidèle à l’esprit avec lequel elle fut follement imaginée, ses moyens techniques ayant quand même depuis fortement évolué: comme le signale sa charte «(…) À l’opposé des radios librement compromises, elle est, depuis 1980, une radio libre, associative, non commerciale et autonome. Une radio progressiste qui se donne les moyens de faire surgir la réalité quotidienne des individus, leur vie intérieure, leur parole, leur questionnement. Une radio subversive, ouverte à la vie, à l'interrogation et à la réflexion, destinée à tous ceux et celles qui sont intéressés par une approche du monde qui soit critique, démystificatrice et, en même temps, créatrice. En cela, elle est une voix différente dans la jungle des ondes.
Radio Air Libre choisit de donner la parole à tous ceux et celles qui ne l'ont généralement pas, ou trop peu, dans les médias traditionnels et commerciaux. Elle relaie et sert d’espace d’expression, de haut-parleur, pour le plus de mouvements, d’associations et d’individus possibles. Sans publicité, Radio Air Libre n'est inféodée à aucun sponsor, à aucun parti politique, à aucune organisation. Nous refusons de donner un pouvoir, sous forme de droit de censure ou de publicité, à des individus ou des groupes, quelle que soit leur coopération financière et active».

Dès 1981, également sur Radio Air Libre, je participe à un autre collectif qui animera l’une des premières émission de radio gay, chaque mercredi de 21H à 23H: Antenne Rose (qui donnera par la suite naissance au mouvement d’éducation permanente Tels Quels).
J’y animerai de temps en temps la plus longue rubrique de l’émission qui tire son nom d’un succès de l’époque interprété par Yves Simon, «Raconte-toi»: pendant un quart d’heure, interviewer une(e) inconnu(e) sur sa vie intime. À cette époque où l’homosexualité était tellement cachée, cette séquence avait toute son utilité en terme de banalisation d’un état, d’une pratique souvent contesté.
À partir du 3 mars 1983, une partie de l’équipe d’Antenne Rose présentera même chaque jeudi à 20H30, sur la RTBF elle-même, une séquence dans «L’Heure Exquise», animée par Jean-Louis Sbille sur Radio 21.

Bien plus tard, sur Radio Campus, le 7 janvier 1993, nait Télés sur Écoutes, l’émission hebdomadaire de l’A.T.A. (l’Association des téléspectateurs actifs) que je coordonne.
Son 143ème et dernier numéro se déroulera le 25 juin 1996, toujours en direct sur la radio de l’ULB, mais également rediffusé durant la semaine qui suit sur huit autres radios en Communauté Française.

Dans mon livre «Mode d’emploi pour téléspectateurs actifs» paru chez Labor, j’ai détaillé les enjeux de cette émission: «(…) Télés sur Écoutes s’avéra très utile: elle permettra à l’équipe de l’A.T.A., pendant près de quatre ans, de faire la connaissance d’un grand nombre de personnalités et de leur détailler sa démarche. Chaque mardi de 21H à 22H, une série de flashs qui analysent l'actualité télé sont commentés, en direct, par l'invité «fil rouge» de la semaine: des personnalités du monde des médias mais également de la culture, de la politique, du syndicalisme, des ONG, etc. Des copies de l’émission sont envoyées à d’autres radios locales qui les rediffusent à Arlon, Namur, Soignies, Louvain-La-Neuve, Frasnes, Charleroi, Herstal, etc.
Lorsque l’émission s'achève, nombre d'invités ont faim: un petit restaurant proche des studios accueillera ainsi les fiévreuses discussions sur l'évolution de l'audiovisuel entre l'A.T.A. et la majorité des invités qui participeront à Télés sur Écoutes: Gérard Lovérius (RTBF) ou Stéphane Rosenblatt (RTL TVi); Jacky Morael (ECOLO), Jean-François Istasse (PS), Louis Michel (alors président du PRL qui, après l’émission, invita son fils, jeune étudiant, à nous rejoindre pour boire un verre, un certain Charles) ou Raymond Langendries (PSC); des journalistes de Télémoustique, de Télépro, de Média Marketing, du Soir ou de La Libre Belgique; les représentants du MRAX, de la Médiathèque de la Communauté française ou de Causes Communes; les deux entarteurs de Pascal Sevran; etc.
Pour s'affirmer auprès des «décideurs», l'A.T.A. doit éveiller l'intérêt des journalistes. C'est l'une des raisons pour lesquelles sont invités à former un jury, quelques jours avant le début des grandes vacances, tous les invités fil rouge qui ont participé, durant la saison écoulée, à Télés sur Ecoutes.
Celui-ci décernera les ATA d'Or et les ATA de M... non pas à des émissions, des chaînes ou des animateurs, mais bien aux meilleures ou aux pires «pratiques» mises en place dans le paysage audiovisuel. La remise de ces prix devint rapidement un rendez-vous mondain où se pressaient les «lauréats» heureux ou désappointés.
Parmi les «pratiques» récompensées au fil des années, on peut citer le fait que la RTBF diffuse simultanément sur ses deux chaînes un même film en VF et en VO sous-titrée, l'initiative de RTL TVi de reporter la diffusion de ses programmes violents après 20H ou l'importance accordée à la culture par différentes télévisions locales. Les «cartons jaunes» stigmatisent l'éclosion à la RTBF de brèves émissions telles que Le Dico-Trottoir destinées à multiplier les rentrées financières liées au sponsoring, la frénésie de l'ensemble des chaînes pour les jeux avec 0900 ou le traitement «feuilletonnesque» par RTL TVi et la RTBF des «fouilles de Jumet» dans le cadre de la disparition des enfants, etc.».

Pour les archivistes que cela intéresserait, la collection des 143 heures de ces émissions sous forme de cassettes audio existe toujours, bien rangée dans un grand tiroir. Contact: bernard.hennebert@consoloisirs.be

Suite de mon amitié pour les radios libres: en 2019, grâce à une proposition de son Conseil de Gestion avec la complicité de Mike Tolley, Guy Stuckens et Pierre Dusart, retour sur Radio Air Libre, ce lundi 18 novembre de 21H à 22H avec l’émission «Consoloisirs» (pas très original comme titre!).

10. La pub fait perdre combien de téléspectateurs à la RTBF?

La RTBF vient d’annoncer la fin de ses magazines d’information du mercredi soir.

À l’occasion de cette prochaine «fin» de «Questions à la Une», il me semble utile de rappeler le fait suivant à notre nouveau gouvernement et à ses opposants qui ne digèrent pas qu’il a pris la décision historique de commencer à diminuer la présence publicitaire sur notre service public.

Avant «Questions à la Une», chaque mercredi soir, pendant de nombreuses années, la RTBF programmait un autre magazine d’investigation qui se nommait «L’Hebdo». Alors que Christian Druitte était administrateur général de la RTBF, une évolution de cette émission nous apporta une preuve concrète déterminante, unique dans l’histoire de la RTBF, au fait que la présence publicitaire fait fuir le public. Il s’agirait de ne pas l’oublier dans les débats à venir.

De quoi s'agit-il donc ?
Pendant deux saisons, L’Hebdo fut diffusé dans le corps même du JT de 19H30 (à la fin du JT pour être plus précis) et donc sans tunnel de publicité. François de Brigode ou ses comparses devaient sans doute alors faire une pause à la cafet car ils devaient patienter durant la diffusion du magazine. Lorsque celui-ci se terminait, le présentateur revenait à l’antenne pour saluer les téléspectateurs et ensuite le générique de fin du JT de 19H30 était proposé.
Comparé aux diffusions antérieures à cette période bénie, celles avec tunnel de publicité, la seule variante étant donc la présence ou non des annonceurs, on constata qu'il y avait en moyenne, deux ans durant, 1/3 à 1/4 de téléspectateurs en plus, soit une centaine de milliers de personnes.

Donc, chaque mercredi soir, cela faisait en moins l'équivalent de combien de salles pleines de Maisons de la Culture? Comptez… Cela ne mérite-t-il pas réflexion? Combien la publicité rabougrit le public ertébéen, et combien les citoyens ont horreur de la publicité.
Ceux-ci ont droit à une chaîne généraliste (La Une) et pas à une chaîne de niche (La Trois) sans publicité parmi toutes les chaînes généralistes publiques ou privées de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Le nombre de téléspectateurs perdus est un sujet majeur dans un débat pour ou contre la pub à la RTBF. Pourtant, on n’en parle quasi jamais. Que cela change!
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