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En collaboration avec les Presses Universitaires de Bruxelles

C’est la dernière fois que je vous parle de Michel Sardou

ConsoLoisirs par Bernard Hennebert, le 05 mars 2018

Ce livre révéla notamment que, pour son journal MS Magazine, le chanteur avait engagé plusieurs journalistes de l’hebdomadaire « Minute », dont Jean-Pierre Montespan qui assumera la charge de rédacteur en chef.

L’ultime tournée de concerts de Michel Sardou et la célébration du quarantième anniversaire du décès de Claude François (sans parler du décès, de l’enterrement et de l’héritage de qui vous savez) ne passent pas inaperçus dans nos médias de masse. 

Ils illustrent comment les projecteurs (et même ceux du service public France Télévisions) se braquent aujourd’hui encore sur les yés-yés, occultant complètement d’autres courants de la chanson française de la même époque.

Ne s’agit-il pas là d’une manipulation économique de notre héritage culturel?

SOMMAIRE

1. Enfin, c’est la dernière fois que je vous parle de Michel Sardou
2. Cinq infos/réflexions sur les gratuités, réductions ou tarification qui discriminent
3. Concert: les acheteurs de tickets ont été informés
4. Beaucoup de retard: les Wallons ne baissent pas encore le son
5. Volonté du Président Macron: vers l’ouverture des bibliothèques le dimanche
6. Claude Semal et The Voice à la RTBF
7. Michel Foucault: «Pas de publication posthume»
8. Pouvoir comparer en rue les prix culturels
9. Il y a réduction et réduction
10. Le JT continue de doubler massivement plutôt que de sous-titrer
11. «Contraignant artistiquement»
12. Invitez chez vous en 2018 le collectif «La RTBF nous appartient»
13. TF1: de la publicité dans son JT de 20H?
14. Espérons que la votation en Suisse renforce le service public
15. M6 veut la fin de la pub sur France Télévisions
16. Mais pourquoi poser tant de questions à Michel Draguet?

1. Enfin, c’est la dernière fois que je vous parle de Michel Sardou

Ce samedi 25 février 2018, Michel Sardou a donné son concert d’adieu bruxellois à Forest-National.
Pour son concert tant contesté du 18 février 1977 dans la même salle, j’étais l’éditeur responsable des affiches dites «anti Sardou». Ce fut un combat culturel majeur qui vit des foules d’usagers culturels à Bruxelles, puis dans d’autres villes en Wallonie et en France, tout au long de cette tournée qui finalement sera interrompue, manifester et tenter d’analyser des contenus culturels qu’on pensait non politisés et qui l’étaient à outrance.

C’est sans doute la dernière fois que j’aurai la possibilité de vous faire redécouvrir la narration des événements, tels qu’ils se sont vraiment déroulés à l’époque. Certes, je suis «juge et partie» mais je suis aussi un témoin privilégié qui fut, à l’époque, même contraint de demander la protection de son domicile privé pendant plusieurs jours, suite aux menaces proférées par des personnes appartenants ou proches de mouvances d’extrême-droite.

Bien sûr, certaines chansons me révoltèrent. Mais il est un fait peu connu qui renforce l’idée que notre combat était utile et juste. «MS Magazine» était le «Podium» (nom du journal appartenant à Claude François) de Michel Sardou, une publication à sa gloire qui s’adressait notamment à ses jeunes fans. Dans leur livre paru aux éditions Savelli, «Faut-il brûler Sardou?», les deux auteurs, Louis-Jean Calvet et Jean-Claude Klein, indiquaient que l'histoire de ce journal leur avait «permis de vérifier la réalité de certaines sympathies»: «(…) L'engagement de plusieurs journalistes de l'hebdo Minute dans l'équipe rédactionnelle de MS n'est pas passé inaperçu» (page 19), parmi lesquels Jean-Pierre Montespan qui deviendra le rédacteur en chef du mensuel.

Voici un article où je tente de rétablir la vérité sur ce moment important de l’histoire de la chanson française.
Saviez-vous par exemple que l’équipe d’Antenne2 (l’ancien nom de France2) envoyée à Bruxelles pour faire un reportage dans le JT de 20H exigea des opposants à Sardou durant l’après-midi précédent le concert de réaliser des calicots pour disposer d’images plus spectaculaires?
www.consoloisirs.be/textes/120916sardou.html

En 2012, Laurent Delahousse m’avait payé des frais de déplacement à Paris pour que je sois interviewé dans son émission «Un jour, un destin» consacrée à Sardou.
Arrivé sur place, quelques heures avant le tournage, j’ai appris que l’entourage du chanteur avait fait pression et que le projet était annulé. À la place de ce programme qui aurait pu être un peu critique, France 2 diffusa au prime time d’autres émissions davantage promotionnelles faisant l’éloge de cet artiste.
France 2 n’enregistra donc même pas mon interview… à l’inverse de France 3. Celle-ci me fit également venir à Paris en 2008, pour un projet analogue, notamment avec Jean-Louis Calvet, le linguiste bien connu. Ce programme enregistré par Air Prod passa à la trappe et France 3 préféra diffuser un film aimable: «Qui êtes-vous, Michel Sardou?» de Mireille Dumas.

Il semble donc bien difficile pour France Télévisions d’offrir un programme critique sur Sardou à ses téléspectateurs.

L’autre star de divertissement remise à l’honneur, ces jours-ci, un peu partout pour célébrer le quarantième anniversaire de son décès, c’est Claude François:
www.lalibre.be/culture/medias-tele/ce-ne-serait-pas-etonnant-que-claude-francois-soit-a-la-tete-d-une-famille-tres-nombreuse-entretien-5a85a2d1cd7057775dda92a9

La presse de caniveau belge a retrouvé une de ses jeunes fans fort proche. Les réseaux sociaux ont fait le buzz avec un extrait d’une interview où il concédait avoir des relations intimes avec de très jeunes filles.
Sudpresse a mitonné pour cet anniversaire un feuilleton d’une semaine dont, par exemple, le 26/02/2018, une page entière d’interview de l’animateur radio-télé André Torrent sur le thème «C’était un ami prévenant».
France3 a consacré son prime time du 16 février 2018 à un documentaire simplement délassant de près de deux heures «Claude François, la revanche du mal aimé».

D’autres informations critiques sur la vie professionnelle de cet artiste existent. Où les diffuse-t-on? N’est-ce pas là une mission de service public?
www.consoloisirs.be/articles/leligueur/023.html

Cet éternel occupation des prime-time de nos télévisions par Claude François, à nouveau d’actualité donc en 2018, me pousse à la réflexion suivante: lorsqu'ils étudieront l'histoire de la chanson française, nos enfants ignoreront qu'à la même époque, on ne voyait pas, heureusement, dans les hit-parades, disque d'or, etc. (tous faux), Maxime Leforestier, Catherine Ribeiro, François Béranger, Anne Sylvestre, Colette Magny, Jacques Higelin, et tant d'autres, qui gagnaient leur vie, eux aussi, en chantant.
Et, bien qu'ils passaient très marginalement au prime time des télés, mille fois moins souvent que Clo-Clo, Sheila, Sylvie et Johnny, et tant d'autres, et donc sans ce pouvoir médiatique quasi absolu, ils remplissaient les salles, et très souvent dans d'incessantes tournées.
Hélas, nos enfants penseront dur comme fer que la culture de leurs parents, c’était uniquement les yés-yés. Cela sera très incomplet. Manipulation économique de notre héritage culturel? Pourquoi le service public n’y prend pas garde? À quoi sert donc sa dotation?

2. Cinq infos/réflexions sur les gratuités, réductions ou tarifications qui discriminent

1/ J’aimerais poser les questions suivantes à Pierre Eyben.
La culture entre-t-elle dans la gratuité des besoins de base?
D'une partie ou de toute la population? Pour les musées par exemple, priorité (on ne peut pas tout faire, vu le manque de financements publics, d’où des choix cornéliens) de développer les gratuités particulières pour les personnes handicapées, les demandeurs d’emplois, etc. Ou universaliser la gratuité pour tous du premier dimanche du mois qui touche l’ensemble du public, en gardant en mémoire qu’autrefois tous les grands musées à Bruxelles étaient gratuits tous les jours (on est donc actuellement dans la situation où l’usager a perdu un droit qui, à l’époque, était considéré comme normal)?
Que penser de la gratuité de la Foire du Livre de Bruxelles (son édition 2018, la troisième à l’entrée gratuite, a été un grand succès: http://plus.lesoir.be/142233/article/2018-02-25/la-cle-du-succes-de-la-foire-du-livre-sa-simplicite)?
Pierre Eyben est l’auteur d’une intéressante réflexion «Pour la gratuité des besoins de base»:
www.levif.be/actualite/belgique/pour-la-gratuite-des-besoins-de-base/article-opinion-801141.html

2/ N’oublions pas de mettre en parallèle la réflexion de l’écrivain politologue Paul Ariès parue dans le quotidien français Libération, le 27 septembre 2013, à propos de l’ensemble des gratuités (école, transports en commun, etc.):

«La gratuité est à la fois une réponse à la peur et le fondement d’un nouveau pacte social. (...) Je parle, bien sûr, d’une gratuité construite, économiquement, culturellement, politiquement.
J’aime ces maires qui interpellent la population et disent: compte tenu des moyens limités qui sont les nôtres, préférez-vous conserver la gratuité du stationnement pour les voitures ou celle de l’eau, des transports en commun, de la restauration scolaire, des services funéraires, etc.
Je suis horrifié d’entendre une partie des gauches dire qu’elles veulent bien de la gratuité, mais pour les naufragés du système, pour les chômeurs.
Il y a en fait deux conceptions totalement opposées de la gratuité.
Il y a une gratuité d’accompagnement du système, celle pour les pauvres, mais elle ne va jamais sans condescendance: êtes-vous un pauvre méritant? Elle ne va jamais non plus sans flicage: êtes-vous un vrai demandeur d’emploi ou un salaud de fainéant? Il y a aussi une gratuité d’émancipation: ce qui est beau avec l’école publique, c’est qu’on ne demande pas au gamin s’il est gosse de riches ou de pauvres, il est admis en tant qu’enfant (…)».

3/ La prochaine fête de la gratuité «du premier dimanche» se déroulera le 1er avril 2018 de 13H00 à 18H00 au Musée d’Art Contemporain d’Eupen, IKOB: http://www.ikob.be/fr/infos

Et les mois suivants? Quelles autres villes organiseront cette fête en 2018?
www.artsetpublics.be/actualite/saison-2018-des-fetes-de-la-gratuite-decouvrez-le-programme

4/ Exposition Fernand Léger (jusqu’au 3 juin 2018): côté réduction, puisque BOZAR à Bruxelles la médiatise bien peu (excepté sur son site internet), rappelons que tous les mercredis, l’entrée est à 2 euros pour les demandeurs d’emploi et les moins de 26 ans: www.bozar.be/fr/homepages/73643-expo

5/ Mauvaise «pratique» qui discrimine la population active (travailleurs et étudiants): l’exposition «Real Bodies», accessible jusqu’au 15 avril 2018 à Tour & Taxis à Bruxelles, pratique un tarif en moyenne de 2 euros plus cher le week-end et ne propose pas de nocturne en semaine: www.realbodies.be/fr/tickets/

3. Concert: les acheteurs de tickets ont été informés

L’utilisation des portables est interdite durant un concert à Paris.
L’organisateur précise: «(…) C’est je pense une première en France. Nous avons pu l’indiquer dans les conditions générales de vente des billets, les acheteurs sont donc au courant (…)».
Plus d’infos: www.lemonde.fr/musiques/article/2018/01/29/pas-de-telephones-durant-les-concerts-de-la-tournee-de-jack-white_5248579_1654986.html#xEIq5J7X3yGrTdJZ.99

4. Beaucoup de retard: les Wallons ne baissent pas encore le son

La règlementation pour limiter le son dans l’espace public (salles de concerts, festivals en plein air,…) à 85 ou 95 décibels (avec quelques règles ou des exceptions bien cadrées) est en application en Flandre depuis 2012.

C’est ce 21 février 2018, donc six ans plus tard, qu’elle est entrée en vigueur à Bruxelles (parmi les pionniers, l’Ancienne Belgique et le Botanique).

En Wallonie, on tarde… Ces mesures de protection ont été adoptées en première lecture au Parlement à Namur, ce 22 février 2018. Elles n’entreront en vigueur qu’un certain temps après l’adoption du décret lui-même.
https://fr.metrotime.be/2018/02/22/news/concerts-et-festivals-les-normes-de-bruit-seront-aussi-renforcees-en-wallonie/

Après l’éjection du PS dans l’opposition, ce sont le CDH et le MR qui forment actuellement la majorité pour la Région wallonne. On va voir si ces deux partis vont accélérer le tempo.
On ne peut pas penser qu’ils connaissent la musique… mais plutôt du point de vue des organisateurs musicaux que des usagers.
En effet, le ministre responsable pour cette thématique est chargé de l’environnement. C’est le CDH Carlo Di Antonio, également fondateur du Festival de Dour.
Quant au MR wallon, il pourrait demander conseil à Charles Gardier, parlementaire MR à la Fédération Wallonie-Bruxelles, également co-fondateur des Francofolies de Spa…

5. Volonté du Président Macron: vers l’ouverture des bibliothèques le dimanche

Globalement, on réfléchit beaucoup aux droits des artistes, et si peu à ceux des usagers culturels. Il est donc difficile d’aligner une série de revendications en soutien à ces derniers.
Je pense que respecter les grandes minorités qui composent le public culturel constitue une piste. Parmi celles-ci, l’une des plus importantes est celle de la population active (travailleurs, étudiants).
Il est vrai que souvent la population active est mal respectée. Certaines expositions affichent des tarifications plus élevées pour les week-ends. Des musées sont ouverts de façon régulière (ne parlons pas ici d’ouvertures événementielles exceptionnelles) ni le samedi, ni le dimanche, ni en nocturne en semaine. etc.

Et donc, nous voilà ravi qu’en France, désormais, Emmanuel Macron préconise une extension des horaires d’ouverture des bibliothèques publiques, et tout particulièrement le dimanche.

Actuellement, en semaine, l’immense majorité des bibliothèques ferment entre 12 et 14 heures et tôt le soir, ce qui pénalise notamment les actifs. Selon Le Monde: «(….) Seuls 130 établissements sont ouverts régulièrement le dimanche. Pour rattraper le retard, il est proposé qu’un objectif ambitieux soit fixé. S’appuyant sur les comparaisons internationales, le document retient comme référentiel une ouverture moyenne de 45 heures hebdomadaires pour les villes de plus de 20.000 habitants et de 50 heures pour celles de plus de 100.000 habitants. À tout le moins, au moins une bibliothèque devrait être ouverte le dimanche dans toutes les villes de plus de 100.000 habitants (…). L’augmentation de 8 millions d’euros de la dotation générale de décentralisation en faveur des bibliothèques – votée dans la loi de finances 2018 – pour les cinq années à venir, devrait permettre de soutenir 200 projets d’extension d’horaires (…)».
De plus: «(…) Considérant que les bibliothèques sont des outils inestimables pour lutter contre les fractures de notre société, le rapport préconise de renforcer leur rôle dans l’accès aux pratiques culturelles, la lutte contre l’exclusion numérique, l’aide à l’insertion, l’éducation à la lecture. Qu’au moins une bibliothèque par département soit référente pour l’apprentissage du français, notamment à destination des migrants, et qu’au moins trois bibliothèques par département proposent un module de sensibilisation aux fake news (…)»: www.lemonde.fr/culture/article/2018/02/20/culture-vers-l-ouverture-des-bibliotheques-le-dimanche_5259605_3246.html

Il existe un problème particulier de manque d’ouverture des bibliothèques universitaires en France aux heures accessibles à la population active. Pour Paris, il est préconisé d’en ouvrir trois les dimanches:
www.lemonde.fr/campus/article/2018/02/23/bibliotheques-universitaires-le-rapport-orsenna-preconise-d-ouvrir-trois-bu-le-dimanche-a-paris_5261572_4401467.html#YjDLkrkSqC5VBccT.99

6. Claude Semal et The Voice à la RTBF

Claude Semal vient de publier «La Totale» qui résume ses 50 ans de carrière.

À propos de «The Voice», il indique ceci à L’Avenir (01/02/2018):
«Je n’ai pas critiqué l’émission en elle-même, mais le fait que la RTBF considère cette sorte de karaoké géant comme le navire amiral en matière culturelle.
Cette émission, c’est cent pour cent de reprises, nonante pour cent en anglais… et c’est ce qu’on propose comme modèle aux jeunes interprètes. Or, ceux qui gagnent leur vie aujourd’hui dans la musique, c’est cent pour cent de la musique de création. C’est en ça que je critique».

Sur le même thème, voici quelques précisions complémentaires extraites de son entretien au Vif L’Express (également, le 01/02/2018):
«Je n’ai rien contre le fait qu’il existe à la RTBF ce genre de concours. Mais quand un directeur de l’institution dit que The Voice est le navire amiral de la musique sur le service public alors que c’est une télé-réalité produite par Endemol, engloutissant la moitié du budget divertissement, c’est un crime contre la pensée et la musique…».

7. Michel Foucault: «Pas de publication posthume»

Le testament de Michel Foucault, décédé en 1984, indiquait: «Pas de publication posthume».
Pourtant le dernier tome de son «Histoire de la sexualité» vient de voir le jour, début 2018:  «Les Aveux de la chair».

Je tente de dépasser le débat des «pour» et des «contre» et je pose la question: est-ce une information qui devrait figurer sur la couverture du livre?
C'est un fait utile à découvrir par le lecteur, aujourd'hui ou beaucoup plus tard (quand ce débat aura quitté l’actualité littéraire des médias), avant de faire son achat ou de démarrer sa lecture d'un exemplaire loué en bibliothèque.
www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Bibliotheque-des-Histoires/Les-aveux-de-la-chair

Sur un thème proche, l’année dernière, Consoloisirs a réussi à faire évoluer la quatrième de couverture de la nouvelle édition de «Tintin au Pays des Soviets» colorisée.
www.consoloisirs.be/presentation/livre04.html (voir point 9)

8. Pouvoir comparer en rue les prix culturels

C'est plutôt rare! Bravo donc.
Les prix sont indiqués sur l’affiche qui annonce le concert de Junior Mamay qui se déroulera au Théâtre 140 de Bruxelles, le 10 mars 2018.

À ce sujet, voici un extrait du paragraphe intitulé «Le prix, renseignement de première utilité» de mon livre «Les musées aiment-ils le public?»: www.consoloisirs.be/presentation/livre04.html

«(...) La mention des prix me semble utile, bien entendu pour les usagers eux-mêmes, mais aussi pour que la présentation des hausses ou des différenciations tarifaires soit davantage publique, ce qui pourrait contribuer à contenir quelque peu les appétits financiers trop voyants de certains acteurs culturels.
Il faudrait aller à contre-courant d’une occultation de plus en plus prégnante. Les indications de tarification ont progressivement disparu des affiches au profit de la présentation de plus en plus envahissante des sigles de sponsors. Et l’on préfère parfois même y proposer un numéro de téléphone où le visiteur potentiel pourra recevoir l’information. S’il s’agit d’un appel surtaxé, cela signifie que la simple connaissance du prix devient elle-même une «marchandise» qui se monnaie.
Par ailleurs, indiquer l’adresse d’un site internet pour découvrir la tarification pousse le public à entamer une démarche active. Son espoir d’assister à cette activité culturelle prend ainsi assurance, et se renforce. Peut-être, même si le prix est élevé, acceptera-t-il celui-ci plus facilement lorsqu’il le découvrira sur son écran alors que s’il en avait pris connaissance sur une affiche en rue, il aurait tourné les talons illico (…)».

9. Il y a réduction et réduction

À Turin, le musée des Antiquités égyptiennes est une institution culturelle majeure: www.museoegizio.org

Des membres du parti post-fasciste des Frères d’Italie ont manifesté devant son entrée, le 9 février 2018, pour «discrimination à l’encontre des Italiens».

Christian Greco, le jeune conservateur de ce musée qui a été formé à Leyden (Pays-Bas), avait fait afficher dans les rues le message publicitaire «Bienheureux celui qui parle arabe».
Il veut inciter «les nouveaux Italiens», les immigrés de la ville, à découvrir son institution, en accordant pendant trois mois une réduction aux arabophones, soit deux tickets pour le prix d’un. Pour lui, c’est «une forme d’inclusion sociale». Il y aurait à Turin et dans les environs 4.700 citoyens égyptiens et 24.000 arabophones, et la plupart parmi eux n’auraient jamais visité ce musée qui pourtant les concerne tout particulièrement.

Gabriella Belli, directrice de la Fondation des musées civiques de Venise a déclaré: «Je n’exclus pas d’adopter une initiative similaire».
Sa fondation détient également un grand patrimoine d’art islamique: «Faisons-le savoir à cette communauté qui peut ici trouver témoignage de ses racines».

C’est une info Libération (14/02/2018):
www.liberation.fr/planete/2018/02/13/a-turin-une-reduction-accordee-aux-arabophones-suscite-la-controverse_1629539

Personnellement, je suis plutôt mitigé sur ce choix de réduction et sa promotion plutôt sensationnelle. Je n’ai pas d’avis définitif. Et vous? Vos commentaires sont les bienvenus: bernard.hennebert@consoloisirs.be

10. Le JT continue de doubler massivement plutôt que de sous-titrer

Le Soir a publié, le 12/02/2018, une instructive carte blanche des professeurs Régine Florent et Philippe Van Parijs, «La diffusion en V.O.: l’impératif d’un service public».
Visionner des programmes en version originale accroît nos connaissances en langues et en lecture. La RTBF va-t-elle enfin proposer davantage d’émissions sous-titrées à son public?
http://plus.lesoir.be/139703/article/2018-02-12/la-diffusion-en-vo-limperatif-dun-service-public

Signez donc et diffusez cette pétition: https://www.lapetition.be/sign.php/3675

En 2009, je publiais déjà cet article sur ce besoin renforcé de V.O. et si peu a évolué concrètement depuis:
www.consoloisirs.be/articles/lejournaldumardi/090303-80.html

Il est donc essentiel que le prochain contrat de gestion dont les ultimes négociations se déroulent ces jours-ci entre le Ministre des Médias Jean-Claude Marcourt et la direction de la RTBF propose un texte contraignant pour le service public.

Texte précis ou pas, c’est un débat fondamental. Une guerre de tranchée, un enjeu essentiel qu’on médiatise peu. Il est utile aujourd’hui de le rappeler. Je ne renie rien de l’historique de cette thématique que j’avais tentée d’expliquer aux lecteurs du Journal du Mardi:
www.consoloisirs.be/articles/lejournaldumardi/060801.html

Le collectif «La RTBF nous appartient» a heureusement repris récemment cette exigence de précision. C’est l’un des arguments développés dans cette carte blanche publiée dans La Libre, le 24/01/2018:
www.lalibre.be/debats/opinions/une-rtbf-aseptisee-opinion-5a67624ccd70b09cefd17bd3

11. «Contraignant artistiquement»

Voici un nouveau témoignage à propos du placement de produits, paru dans Libération (23/01/2018, pages 22 et 23):

«(...) C'est compliqué de vivre du clip en France. L'objectif des «major» est toujours de dépenser le moins d'argent possible. Les clips sont financés (notamment par) les placements de produits, souvent des vêtements. Ces derniers ne sont pas toujours sans poser de problème: les annonceurs ont le dernier mot, ce qui est contraignant artistiquement».

Je continue à penser que le placement de produits transforme les réalisateurs et les créateurs en marchands de tapis, ce qui n’est ni leur vocation, ni leur mission. Je trouve que les syndicats de la RTBF devraient se battre bien plus offensivement pour la suppression de cette forme de publicité qui changent la nature même du travail ertébéen.

Petit rappel historique: la RTBF a perdu son droit à utiliser le placement de produits grâce à l'énergie du ministre Jean-Marc Nollet (ECOLO), lors de la conclusion du précédent contrat de gestion de la RTBF, en 2013.
Ensuite, ECOLO a quitté le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, et quasi immédiatement le PS et le CDH ont remis en place le placement de produits sur le service public.

Mon historique du placement de produits chez nous, depuis 2009: www.consoloisirs.be/textes/100113placementproduit.html

12. Invitez chez vous en 2018 le collectif «La RTBF nous appartient»

Pour une soixantaine d’étudiants en communication, un membre du «La RTBF nous appartient» a récemment présenté et défendu les objectifs du collectif.

Le professeur titulaire a été invité à faire une évaluation critique de cette prestation. La voici dans son intégralité:
«Un échange de deux heures entre des étudiants en communication et un représentant du collectif de citoyens «La RTBF nous appartient» a été l’occasion d’évoquer les différents arguments d’un groupement qui veille à la diversité de notre service public.
Tout est mis en contexte, très concret et actuel. L’actualité est en effet propice au débat!
La thématique de l’impact de l’apport publicitaire au financement du service public est indispensable pour éviter de rester sur des constats d’impuissance.
À l’aide de chiffres, d’exemples, l’auditoire est invité à décentrer son point de vue pour, sans être obligé à adhérer au propos, être au minimum capable d’envisager d’autres perspectives.
S’en suit un débat, vif mais bienveillant, qui permettra à chacun de ressortir nourri pour de futures réflexions.
Nul doute que ces futurs professionnels seront, à l’avenir, plus alertes sur cette problématique qui constituera leur avenir tant personnel que professionnel».

En 2018, programmez donc à Bruxelles ou en Wallonie une intervention analogue dans votre université, mais aussi dans votre centre culturel, votre «café politique», votre bibliothèque, votre mouvement de jeunesse, votre université d’été, etc. Contact: mathieurichard8@gmail.com

Un éditorial paru récemment dans le supplément culturel du Vif-L’Express taraude Jean-Paul Philippot et rend hommage à sa façon au collectif «La RTBF nous appartient»:
http://focus.levif.be/culture/tele/cher-jean-paul/article-opinion-792333.html

13. TF1: de la publicité dans son JT de 20H?

TF1 peut depuis quelques mois insérer dans son journal télévisé de la publicité mais avait déclaré ne pas utiliser cette opportunité tout de suite… Ah, la vilaine dissimulatrice!
C’est à partir du 12 mars 2018 qu’elle va, masquée, franchir le pas et plusieurs quotidiens français ou belges reproduisent sans sourciller un communiqué de presse… non pas du démarrage de cette coupure publicitaire dans le 20H… mais d’un «nouveau magazine d’info sur TF1 à 20H30».
Par exemple, L’Avenir du 21/02/2018 ou ce texte publié par 20 Minutes:
www.20minutes.fr/television/2224159-20180220-tf1-va-lancer-20h-mag-nouveau-magazine-information-quotidien

Quel manque d’investigation! Aucun mot donc sur cette vraie révolution médiatique qui permet de développer la présence publicitaire en fractionnant le journal télévisé.
Il est, en effet, astucieux de la part de TF1 de réduire la durée du 20H, introduire une pause publicitaire, et puis avec ce temps réduit, créer un soit-disant nouveau magazine d’infos d’une dizaine de minutes après la pause pub… et surtout ne plus parler de la nouvelle mesure qui permet la coupure du JT de 20H par de la publicité. C’est tellement mieux de créer une nouvelle émission plutôt que d’introduire les annonceurs dans le corps de l’émission la plus emblématique d’une chaîne de télévision! Ne soyez pas dupe.

On nous fait passer pour un «plus», ce qui est un sacré «moins», puisque le nombre de minutes consacrées à des reportages restera équivalent, mais on devra subir un tunnel publicitaire en plus.

On imagine que si l’opération prend, dans quelques mois, les chaînes publiques ne comprendront pas qu’elles puissent ne pas faire de même, et le feront savoir haut et fort au législateur.

Regardons dans le rétroviseur.
Autrefois, la météo, séquence particulièrement prisée par le public, faisait partie du JT des télévisions privées et publiques.
Avec le développement de la publicité, les chaînes l’ont extrait Du corps du JT pour l’isoler dans les programmes qui précèdent ou suivent la grand messe de l’info, ce qui permet de l’entourer de «pauses» commerciales.
Les annonceurs en raffolent et donc les émissions de météo se diversifièrent: météo européenne, météo des plages, etc.
Et maintenant, pour tenter de fidéliser les téléspectateurs à son antenne et surtout pour qu’ils ne quittent pas TF1 à la fin du JT amaigri vers 20H30, on assiste au rapatriement de la météo tant aimée dans le nouveau magazine d’infos qui suivra la nouvelle pause publicitaire de 20H30 (cette dernière s’étalant, parait-il, sur environ six minutes).

14. Espérons que la votation en Suisse renforce le service public

Le 4 mars 2018, 71,6% de suisses (et tous les cantons) ont répondu non à la question «Êtes-vous d’accord de renoncer à financer un service public audiovisuel?».

Selon l’APP:

« (…) L'initiative populaire – un droit donné aux citoyens de faire une proposition de modification de loi – sur la redevance avait été élaborée par le mouvement de jeunesse du Parti Libéral Radical pour qui la redevance n'a plus rien à voir avec leur génération qui a grandi avec les plateformes de vidéo en ligne et chaînes de télévision sur abonnement.
La redevance en Suisse, l'une des plus chères d'Europe, s'élève à 451 francs suisses (392 euros).
L'an prochain, son prix sera abaissé à 365 francs.
Elle sera en revanche désormais payée par tous, même ceux qui n'ont pas de poste de télévision ou de radio, les autorités ayant fait valoir que la télévision et la radio étaient désormais regardées et écoutées sur internet.
En Suisse, il existe une seule radio-TV nationale, la SSR, qui diffuse dans les quatre langues officielles (allemand, français, italien et romanche).
La SSR, qui emploie environ 6.000 personnes, est financée à 75% par la redevance. Vingt-et-une radios et 13 télévisions régionales, remplissant un mandat de service public, en bénéficient aussi.
Au total, 13.500 emplois directs et indirects auraient été menacés au cas où le oui l’aurait emporté (…)».

Plus d’information sur ce résultat.

Quelques jours avant la votation, Gilles Marchand, le Directeur général de la Société Suisse de Radiodiffusion et de télévision (SSR), était le 24 février 2018 l’invité du Grand Oral RTBF-Le Soir sur La Première. Voici cet intéressant entretien.

La conclusion de Gilles Marchand nous fait froid dans le dos quand on voit qu’elle fut prononcée dans un studio de la RTBF… Justement une RTBF qui pratique tout le contraire en se RTLisant de plus en plus:

«(…) Ce qui légitime un financement public, c’est la différence : ne pas retrouver sur d’autres plateformes ce que nous produisons. Cette intention-là, nous voulons la développer davantage (…)».

Soutenons des aides de l’état qui financent un véritable audiovisuel public. Que ces aides lui permettent de se diversifier des objectifs audimatiques des diffuseurs privés.

15. M6 veut la fin de la pub sur France Télévisions

Le 11 février 2018, en France, le patron de M6 (la proche cousine de RTL TVi) sort du bois. Publiquement il demande la suppression totale de la publicité sur les chaînes publiques (interviewé dans Le Point):
www.lepoint.fr/economie/le-patron-de-m6-pour-la-suppression-totale-de-la-pub-sur-les-chaines-publiques-11-02-2018-2193974_28.php

Chez nous, le plan de restructuration de RTL TVi tourne au bras de fer:
https://www.lecho.be/entreprises/media-marketing/Le-plan-de-restructuration-de-RTL-Belgique-tourne-au-bras-de-fer/9983860

Et donc, j’ai décidé de rédiger l’argumentaire suivant en espérant que Philippe Delusinne, puisse un jour prochain, lui aussi, sortir du bois. Le boss de RTL TVi s’est récemment exprimé à propos de la RTBF, le 30 janvier 2018 dans L’Echo:
https://www.lecho.be/tech-media/media-marketing/Quand-Philippe-Delusinne-se-pose-en-defenseur-du-service-audiovisuel-public/9977090

Je suis très content que ce texte a été repris sous forme de lettre de lecteur, en page 136, dans Le Vif L’Express du 1er mars 2018. (faute de place, le paragraphe sur l’onéreuse enquête Deloitte a dû être supprimé). Voici le texte dans son intégralité.

UNE PISTE POUR MOINS DE LICENCIEMENTS CHEZ RTL TVi

Si syndicats et direction de RTL TVi s'étaient battus publiquement pour la suppression de la publicité à la RTBF (sorte de concurrence déloyale puisque, tout en touchant des financements publics qui couvrent près de 80% de ses besoins, la RTBF programme de moins en moins ses vraies missions au prime-time et copie de plus en plus RTL), une partie de cette publicité disparue du service public aurait pu rejoindre au moins partiellement l'escarcelle de la chaîne privée qui aurait été en possibilité, en conséquence, de licencier tout prochainement moins de personnel.

C'était le bon moment, puisque se prépare actuellement le prochain contrat de gestion de la RTBF (valable pour les cinq années à venir). Le public aurait été deux fois gagnants: RTBF et RTL tous deux davantage différents et en meilleure santé.

On connait la réaction immédiate: la RTBF ne peut pas vivre sans publicité. Cela n’a jamais été démontré et, depuis plus de dix ans, les hommes politiques au pouvoir empêchent toute enquête scientifique honnête qui pourrait dégager des pistes de financements alternatifs permettant à la RTBF de retrouver la confiance d'un public qui se désespère de son évolution éditoriale aux heures de grande écoute sur ses chaînes amirales.

Certes, en 2011, une onéreuse enquête confiée à la société Deloitte fut financée sur ce thème par la Fédération Wallonie-Bruxelles mais son cahier des charges concocté par le cabinet de la ministre de l’audiovisuel de l’époque pipait les dés.
Par exemple, il imposait qu’on ne change pas les activités de la RTBF en cas de suppression de la publicité. Comme si le service public aurait dû conserver tous ses programmes onéreux à paillettes qui ne concrétisent pas directement ses missions et qui sont choisis pour plaire aux annonceurs!
Cette enquête alourdissait aussi arbitrairement la note qu’aurait coûté la suppression de la publicité en y incluant un budget de nouveaux programmes pour combler l’espace vacant des antennes créé par la disparition des spots publicitaires (puisque, bien entendu, il faut respecter jusqu’à la fin des temps le dogme commercial d'émettre 24H sur 24H): en TV, selon ces enquêteurs, 257 minutes quotidiennes, et en radio, 1.314 minutes par jour (l'enquête appelait cela de façon cynique «Coût de remplissage»)... Oubliant sans doute qu'une bonne politique de rediffusion de programmes au prix indolore pourrait être utile afin de développer les audiences de ceux-ci.

En fait, on n’a donné aucune chance à une alternative et le service public s’enfonce de plus en plus tandis que le vent tourne vite sur notre continent européen. En France, le patron de M6 vient de déclarer publiquement qu’il revendique la disparition complète de la publicité sur France Télévisions. Dès mars prochain, la Suisse pourrait programmer la suppression rapide de l’aide de l’état au service public de l’audiovisuel.

Si nos hommes politiques avaient été prévoyants, quand ils ont appris que TF1 cherchait une régie publicitaire, dans l’hypothèse de la fin de la présence de la pub et du sponsoring à la RTBF, ils auraient sauvé au moins partiellement le personnel de la RMB (la régie publicitaire de la RTBF) en faisant de celle-ci la candidate idéale pour travailler avec TF1.

Pourquoi pas un changement radical immédiatement? Il y a eu un précédent. N’oublions pas que le contrat de gestion a été abruptement transformé en quelques semaines, lorsque notre gouvernement a voulu à nouveau permettre à la RTBF d’utiliser le placement de produits (peu après qu'ECOLO eut rejoint l’opposition).

Donc tout faux pour le CDH et surtout le PS (avec son ministre des médias Jean-Claude Marcourt) actuellement au gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Mais ne désespérons pas dans l’humain: chacun peut évoluer rapidement lorsqu’une situation historique l’y contraint. On en est sans doute là avec la RTBF. Il est donc urgent.

16. Mais pourquoi poser tant de questions à Michel Draguet?

Mais pourquoi donc ais-je proposé aux MRBAB (Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique) une liste de questions précises (restées sans réponses jusqu’à présent), lors de la remise de notre pétition «Non à l’asphyxie des Musées Wiertz et Meunier», il y a plus d’un an?

Ces questions sont ici, voir le point 6: www.entreleslignes.be/humeurs/consoloisirs/quand-les-mrbab-répondront-ils-enfin-à-nos-questions

Pourquoi donc? Tout simplement parce que Michel Draguet, le directeur général des MRBAB (Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique), a écrit à plusieurs reprises que notre argumentaire était truffé d’approximations.
Nul n’est parfait et il a donc peut-être raison. Mais, hélas, il ne précise pas lesquelles.

Afin, une fois pour toutes, de pouvoir détecter ces approximations pour évoluer,  pour les ranger aux oubliettes (si elles existaient vraiment), nous avons donc listé une série de questions pour repréciser nos arguments.
Les réponses à celles-ci, point par point, permettraient d’avancer, de séparer le vrai du faux. De mettre de la chair aux non-dits de Mr Draguet.

C’est à ces questions que les MRBAB refusent de répondre.
Rien ne les empêche de le faire. Un service de communication d’un musée vivant principalement d’aides de l’Etat sert aussi à cela. Non?

S’ils étaient droits dans leurs bottes, les MRBAB répondraient une bonne fois pour toutes, de manière circonstanciée, point par point, sans noyer le poisson ou utiliser la langue de bois, à chacune de ces questions, par écrit pour éviter toute approximation, et même si celles-ci leur étaient posées par une seule personne! Ou, a fortiori, pour les plus de 2.750 signataires de notre pétition.

Il fallait donc que les MRBAB trouvent une astuce pour justifier leur refus de répondre.
Ils nous ont demandé de «transmettre au préalable les données personnelles des signataires de la pétition».

En février 2017, nous avons répondu à Michel Draguet. Nous avons d’ailleurs rendu public la teneur de ce courrier sur le site Entre-les-Lignes.
Voir le point 5: www.entreleslignes.be/humeurs/consoloisirs/quand-les-mrbab-répondront-ils-enfin-à-nos-questions

Notre réponse: « (…) Les données de cette pétition sont en votre possession puisqu’elles vous sont automatiquement fournies, depuis le démarrage de la pétition et jusqu’à aujourd’hui encore, par un e-mail, à chaque nouvelle signature, directement du site CHANGE.0RG, via les deux membres du personnel des MRBAB dont les noms sont mentionnés au début de la pétition: Patricia Robeets (patricia.robeets@fine-arts-museum.be) et Marleen Madou (marleen.madou@fine-arts-museum.be) puisque le site officiel des MRBAB n’indique pas le courriel du directeur général lui-même (et j’ai la délicatesse de ne pas utiliser votre e-mail personnel). Ces innombrables messages confirmant chaque signature ont donc bien été adressés aux deux personnes qui oeuvrent à votre secrétariat, comme indiqué officiellement sur votre site internet: https://www.fine-arts-museum.be/fr/contact
Votre secrétariat, et donc vous-même (je ne doute pas que vous êtes bien organisé) avez donc bien reçu les données des signataires (…)».

Près d’un an plus tard, les MRBAB continuent de répondre aux journaliste: «(…) Un an après avoir déposé la pétition, les MRBAB n’ont pas répondu. Les remarques de Bernard Hennebert ne plaisent guère aux MRBAB. Leur porte-parole Isabelle Bastaits indique avoir demandé, suite à la réception de la pétition, les coordonnées des signataires, demande restée sans réponse (…)» (Le Soir, 4 janvier 2018).

Ils agissent de même sur la toile. La porte-parole Isabelle Bastaits indiquait sur facebook, le 29 janvier 2018: «(…) Les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique ont évidemment souhaité donner des infos concrètes aux signataires de la pétition, mais malheureusement Bernard Hennebert semble refuser de donner leurs coordonnées puisqu'il n'a jamais daigné répondre à cette demande. Difficile de travailler en toute transparence dans ces conditions (…)».

Dans la même discussion sur facebook, donc en public, la porte-parole des MRBAB osait ajouter: «(…) Fournir une liste de signataires correspond à une obligation légale. Et certainement lorsque de trop nombreuses expériences nous forcent à constater que l'on ne peut avoir malheureusement aucun crédit ni confiance en vos affirmations sempiternellement complotistes (…)». Si nous avions du temps à perdre, ceci mériterait que nous fassions appel à nos avocats. Mais nous ne sommes pas trop «bac à sable».

Et la pétition? Déjà 2.776 signataires. C’est beaucoup pour une pétition aussi spécifique et peu sensationnelle: simplement demander de changer les horaires de deux petits musées et qu’ils soient mieux médiatisés.

Vers les 3.000 signatures? C’est à vous de la diffuser à vos proches et sur les réseaux sociaux, avec un petit mot personnalisé. Impliquez-vous. Et grand merci.
https://www.change.org/p/michel-draguet-stop-à-l-asphyxie-de-musées-constantin-meunier-et-antoine-wiertz

 

Commentaires

Portrait de FarrellSib
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