semaine 48

Un demi-siècle de rock et "Vacation" déménage toujours à Charleroi

Chemins de traverse par Marcel Leroy, le 30 septembre 2021

Depuis les débuts, le peintre Philippe-Henry Coppée signe les couvertures des disques de Vacation.

Les cinq de 2021, ,dont Fabrice Carloni et Thierry Limelette, en piste depuis 1991, vus par Philippe-Henri Coppée.

Pour se laisser ensorceler par les riffs de Vacation, il faut se poser dans des lieux de la trempe du Rockerill, à Marchienne, ou du Café Brun, à Le Roux, dans le Namurois. Les cinq rockers sont aussi bien dans un bistrot que sur la scène d'une grande salle. Pas de problème pour surchauffer l'atmosphère. Comme toujours, depuis les débuts qui remontent à l'époque de Woodstock. En attendant de les revoir en vrai,  il faut écouter le dernier CD, "Stay online", sorti avec l'été, comme un antidote puissant au spleen du covid-19.  "Stay online", le morceau-titre, va bien avec le heavy blues de Fabrice Carloni quand il lance sa voix burinée sur les rails des guitares, des drums et de l'harmonica de ses compagnons de route Thierry Limelette, S.Primerano, F.Romano et L. Deboeuf. Avec ces dix chansons made in Charleroi, dont "Never go back to London" "Man in the hat" et "That's what I do", ils gardent la cadence haute. Celle des pionniers Sonny "Bono" Ignoti, Alain Capitte et Richard Karla, à qui est dédié le CD enregistré chez Pierre Bartholomée, de Classic 21, dans son studio Green Field de Ham-sur-Heure. Les copains disparus jamais ne seront oubliés. 

C'est en 1969, sans doute au Saint-Hilaire, avenue de l'Europe, à Charleroi - souvenir des soirées où Ferré Grignard venu d'Anvers clamait son Drunken sailor" - un bar où l'aube arrivait trop vite, que Vacation a démarré comme une locomotive. De décennie en décennie, les rockers carolos n'ont pas cessé d'escalader des montagnes russes mais sont restés debout. Ils forment une sacrée lignée, ces musicos qui défient les modes. Arrivés en 1991, Fabrice et Thierry ont repris du service quand leurs trajectoires se recroisèrent par hasard, en 2017.  Depuis lors, le groupe de rock belge qui selon, certains spécialistes, serait le plus ancien en activité, ne trahit pas ses origines. Ohé, Jimi Hendrix, tu entends?  "Back in town" a sonné l'heure du retour et "Stay online" a du punch.  

Tout aussi rock, mais avec des crayons, des pinceaux où de l'eau à haute pression, le peintre  Philippe-Henri Coppée, accompagne l'aventure. Il était aux commandes du festival Cocorico Pop de Charleroi le jour où le public entendit Vacation, Derroll Adams et Pierre Rapsaet. C'était sur  le vaste parking du Palais des expos et on entendrait parfois encore des riffs de guitare, venus du  temps où le ring aérien n'encerclait pas encore la ville. En scène, Fabrice arbore la veste de hussard que Coppée avait déniché dans une boutique de Paris. C'était pour le vernissage de l'exposition Rock&Baroque. Elle a fait le tour du monde. Coppée était le plus rock d'une poignée de grands artistes baroques dont Johan Muyle.

Sur les épaules de Fabrice, la veste continue sa route.  Pour le chanteur,  "Stay online" parle de notre temps. Pendant l'épidémie, il fallait rester en contact -online- avec les gens aimés. Quant à "Man in the had", dédié à Coppée, il est un témoignage d'amitié pour le fou d'images qui regarde vers le soleil. Et "I'll shoot me down" est une histoire d'amour qui se passe à Las Vegas, dans un de ces terrains vagues de l'art entre romance et vérité. Côté paroles, Fabrice tisse la trame avec des souvenirs vécus ou sublimés.  Puis Dominique Buxin, songwriter réputé, croisé par hasard dans leur quartier de Fleurus, apporte son style et ses mots-couleurs. Quant à la musique elle est l'expression de la bande. Car Vacation est une histoire de copains qui continue à s'écrire. Début mars, le groupe sera à nouveau sur scène, invité par une coopérative située à Mazy. Alors, "Go on", comme dit le deuxième morceau du CD.  

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