semaine 39

King-Kong et la chauve-souris au coin du bois

Chemins de traverse par Marcel Leroy, le 11 avril 2020

Et si la sagesse était de rester auprès de son arbre? Photo M.L.

Au freemarket de Shanghaï, en 1988, la viande de serpent était plus que bon marché. Photo ML.

Etrange, cette période, avec ce ciel d'un bleu presque trop bleu et ce soleil généreux qui éclairent la scène de  l'épidémie d'une lumière irréelle. Face au printemps triomphant, l'humanité tremble, se replie sur elle-même. Dans un scénario de Hollywood, le drame que traverse l'humanité se déroulerait sous une pluie noire à la "Blade Runner". Mais on n'est plus au cinéma, on est dans nos vies, qui tout d'un coup, ont basculé. On a une pensée émue pour King-Kong arraché à sa forêt, comme pour les chauve-souris et les pangolins. Ils n'avaient rien demandé d'autre que de vivre tranquilles. En les délogeant de leurs habitats, ils ont communiqué le corononavirus à l'humain. C'est la tarte à la crème, naïf,sans doute, mais pour de l'argent ou des cours de bourse, des présumés inconscients bafouent toutes les règles, surtout celles de la nature.

Oubliée depuis le début de la crise, la voix de la jeune Greta Thunberg manque. Tout serait relié, comme le proclament depuis belle lurette les scientifiques. Un ouvrage de Rachel Carson, publié il y a des dizaines d'années, portait ce titre, "Printemps silencieux". L'autre matin, marchant au milieu de la grand-route où aucune voiture ne roulait, on entendait les oiseaux. C'était la musique du silence. En arrivant à la maison, dans un album, j'ai retrouvé une photo d'un freemarket de Shangaï. C'était en 1988. La ville allait changer d'allure en une décennie, m'a dit une amie chinoise. Un marchand brandissait un serpent. Viande de qualité à bon marché. Tout le monde doit bien se nourrir. Mais il y a la manière. Et il faudrait d'abord de la solidarité, un partage des ressources, pour éviter que des gens se muent en braconniers. Est-ce que cela a un sens, ce sentiment? Sais pas. Mais c'est ce que je ressentais, hier soir, en voyant une chauve-souris passer dans la lumière du soir qui tombait au coin du bois. Elle était si belle, cette chauve-souris. Et je me sentais triste pour ce que nous avons fait de cet être, accusé d'avoir initié une épidémie. Les humains devront rendre des comptes aux chauve-souris. En attendant, vive le vélo!

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