semaine 04

You can't always get what you want

Edito par Jean Rebuffat

Comment s'appelle désormais l'homme le plus puissant de la planète? Donald Trump. Personne ne voulait y croire. Mais voilà: on y est. Et finalement, ce n'est pas plus surprenant que ça.

Certes, il y aurait beaucoup à dire sur cette campagne présidentielle bizarre, sur ce buzz permanent, sur ces outrances écœurantes et sur les ingérences intéressées et efficaces, comme la double volte-face du patron du FBI à propos de la messagerie électronique de Hillary Clinton. C'est toujours plus facile a posteriori mais ce qui m'avait réellement inquiété, ces dernières semaines, c'étaient des reportages presque anodins que j'avais vus sur France 2. Ces binationaux franco-américains de Floride dont tous sauf une allaient voter Trump, par exemple, ou cette Amérique profonde du troisième quart de la route 66 où les rares partisans de Clinton attendaient que les pro-Trump se soient éloignés pour émettre leur opinion. Mais j'espérais, comme tout le monde, que l'énormité du personnage finirait par convaincre les Américains de ne pas se risquer à l'élire, quelle que soit la répulsion qu'ils puissent éprouver vis-à-vis de Hillary Clinton, dont l'expérience politique était un argument rationnel lénifiant: avec elle, ce ne serait pas folichon, mais au moins savait-on à quoi s'attendre. Deux erreurs de casting s'opposaient. Et ni l'une ni l'autre ne représentaient la jeunesse, à la charnière du troisième âge, que Bernie Sanders, aussi sympathique nous soit-il apparu, avait lui déjà atteint.

Trump n'avait pas de programme? Trump était excessif? Trump était un clown, un macho comme on n'en fait plus (en fait, on en fait encore...), un xénophobe qui allait fatalement terrifier les minorités et la gent féminine? Cela n'a pas marché. Pourquoi?

D'abord parce que la montée des populismes à radicalité nationaliste est une donnée de fond de l'évolution de la pensée politique contemporaine. Même si elle fait frémir ceux qui veulent se souvenir de l'entre-deux-guerres, il y a trop d'exemples, depuis l'Italie, l'Autriche, la Pologne, la Hongrie, la Turquie, la Russie et jusqu'au récent Brexit auquel même ses partisans ne s'attendaient pas, pour le nier. Il n'y a plus d'idéologies. Le règne arrive de l'ère de la téléréalité (dont on a oublié, en Belgique, combien elle a servi Bart De Wever), du "I like" instantané et du moi d'abord. Les égoïsmes ont toujours existé et il faut des utopies pour l'instant trop faibles pour les sublimer. Ensuite parce que les gens ont cru ce que Donald Trump leur promettait.Cela se résume en une phrase qu'il a prononcée: je suis riche et tous ensemble, nous allons ramasser des paquets de billets. Bref faites comme moi, vous serez comme moi. Enfin parce que lorsqu'un combat avance en triomphant, comme disait le poète, les prompts renforts vous font arriver toujours plus nombreux au port.

Écoutez le discours de vainqueur de Donald Trump, visiblement totalement improvisé. Il a commencé par rendre hommage à son adversaire pour la qualité de l'opposition dont elle a fait preuve, passant de la promesse de la prison à l'hommage populaire. Puis il a évidemment joué les rassembleurs, selon le principe bien connu du "je serai le président de tous", cherchant à unifier pour aboutir à ces lendemains qu'il annonce souriants. L'avenir a toujours été radieux, c'est une constante de la démocratie. Il convient de rassurer les marchés, pusillanimes comme toujours, me direz-vous. Mais pourquoi le serveur de l'immigration canadienne a-t-il sauté pendant la nuit et pourquoi la sortie de scène du futur 45ème président s'est-elle faite sur l'intro d'un vieux tube des Rolling Stones: "You can't always get what you want"?

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©Beaudet

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