semaine 34

Portraits de Birmans

Question d'optique par Jean-Frédéric Hanssens, le 08 février 2019

Une chose est sûre, quand on se rend dans ce pays, à la démocratie disciplinée, comme se définit le gouvernement actuel dont la majorité des ministres sont d'anciens militaires et dont l'armée y est encore présente à  25%  et occupe des postes clés avec un droit de véto, est que le peuple birman aux multiples ethnies est content que l'étranger voyageur s'intéresse à eux et il vous accueillera avec dignité et bienveillance. Et pour cause leurs sourires et leur gentillesse désintéressés traduisent tout simplement que votre arrivée chez eux est synonyme d'espoir démocratique, de développement économique et de progrès social.
Et s'ils s'aperçoivent que de surcroit vous injectez votre argent directement dans l'économie locale et non uniquement dans le circuit officiel, leurs sourires en deviennent tout simplement adorables. Et le génocide des Rohingyas me direz-vous? Historiquement, ce sont les Britanniques qui ont amplifié délibérément leur introduction sur le territoire birman pour des raisons économiques.
La très grande majorité du peuple birman n'est pas responsable de ce génocide orchestré par les militaires avec le soutien de bouddhistes présents au gouvernement et qui ont ainsi piégé Aung San Suu Kyi, ce qui n'excuse en aucune manière son silence qui peut être assimilé à de l'approbation. Les militaires n'ont de cesse que d'effacer toutes traces de la colonisation, outre le nom du pays devenu Myanmar en 1989, ils ont imposé un code de la route avec priorité à droite, comme chez nous, alors que pratiquement tous les véhicules en circulation ont une conduite à droite. Leur signe de résistance est de maintenir la priorité à gauche et de rouler surtout à gauche avec, pour sécurité, un usage immodéré du klaxon sur les rares routes à quatre bandes. Il ne devrait y avoir, dans le monde, que les Birmans pour s'adonner à cet exercice périlleux. En trois semaines nous n'avons vu qu'un seul accrochage bénin. L'utilisation du système métrique est tout aussi chaotique, oscillant entre l'anglais et l'international. Dans ce pays de contrastes, la transsexualité est mieux tolérée que l'homosexualité, mais il semble que le gouvernement tolère de plus en plus la communauté LBGT, principalement à Rangoon ou Yangon, la capitale.
Durant ces trois semaines de voyage, avec ma compagne, vous vous imaginez que j'ai eu l'occasion de faire quelques clichés que je vous montrerai au fil des semaines, classés par thèmes. Dont des portraits réalisés dans de nombreux marchés, que je qualifierai de market photography. Les nombreuses pagodes, temples et stupas et leurs moines bouddhistes. Les très nombreux artisans que compte le pays. La vie agricole, ses paysages et les moyens de transport. Le lac Inle et la pêche côtière. Et des photos de rue, de la street photography si vous préférez. Aujourd'hui, j'ai sélectionné quelques portraits glanés un peu partout dans le pays, dont cette photo que j'ai eu la chance de capter avec cet homme qui lit son journal devant une affiche du général Aung San, héros de l'indépendance, père de l'actuelle Conseillère spéciale de l'État et porte-parole de la Présidence de la République de l'Union de Birmanie.


Photos © Jean-Frédéric Hanssens

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Reportage photographique © Jean-Frédéric Hanssens

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