semaine 27
Portrait de Robert Lemaire
A PA PEUR

Grandiloquence de la petitesse de nos intentions

Le 30 avril 2022

Allons-allons chers petits enfants, vous, nos futurs adultes, nos très incontournables souches d'une société future,  germes en devenir, rendez grâce aux élaborations alambiquées des lois et règlements de cités nouvelles, formées elles-mêmes de sociétés dédiées à l'espace vital et certaines même, dominées par l'envie irrépressible de la conquête de planètes  lointaines... 
Alors donc, vous, chères petites choses, réservoirs encore vides de toutes velléités de puissance, vous qui êtes les générations protégées par toutes ces femmes, ces mères hyper-protectrices, et puis aussi, par ces hommes super-mâles, armés jusques aux dents de mousquets désuets,  vos pères belliqueux, ombrageux même, propagateurs d'idées reçues soi-disant nouvelles (ce qu'ils  croient), ceux-là même qui ont commis de coupables et incertains coups de reins au niveau de leurs désirs  amoureux…
Ô vous donc petits enfants, qui regardez vos parents avec ces yeux non encore abîmés des ignominies que peuvent élaborer  ces fiers adultes de la tribu, monstres parentaux, sachez petits démons que, lorsque ceux-là mêmes, (ils ou elles), se sentent frustrés par les interdits qui leurs interdisent justement de faire autre chose que ce que, ils ou elles, désirent, ne les croyez surtout pas! Chers petits anges quasi ignorants, admettez cependant que la beauté de la nature, des plantes et des fleurs (c'est à dire la variété de leurs couleurs attirantes, chatoyantes, trompeuses) pourraient vous mener à croire et à désirer qu'existe vraiment un lieu édénique, une planète enchanteresse où le sucre, le miel et la confiture qui enduisent les viennoiseries fondantes de vos petits déjeuners, poussent aux arbrisseaux, sur ces mêmes plantes attirant vos regards et grâce auxquelles tous vos sens réagissent à leurs fragrances éminemment désirantes. 

Dès lors, si je m'adresse à vous particulièrement aujourd'hui, c'est qu'il m'est venu à l'esprit que la médiocrité de ce que vous apprenez tous les jours, au long des années de votre trop courte jeunesse,  non seulement à la maison mais aussi un peu partout de par le monde,  ces connaissances ne génèrent pas souvent, (et même très souvent pas du tout) de grandes idées novatrices qui pourrait mettre en marche le moteur du véhicule sociétal et le faire avancer même à vitesse réduite... c'est à dire, déduit-on, que les efforts qu'on voit faire aux diverses autorités décisionnaires, servent la plupart du temps à construire et à perfectionner une autre sorte d'engin, très compliqué et destiné, le jour où il fonctionnera, à entraîner un char à bancs qui devrait être empli de tous les projets d'un futur idyllique, mais qui cependant végète, stagne, fait du sur place et reste en l'état d'un projet fumeux désespérément lacunaire…et c'est sans doute pour vous mettre en garde contre tous ces parfums faux, idées puériles, ces convictions dogmatiques, ces croyances insensées, ces intentions prétendument louables qui vous ont été enfoncées dans le crâne à la manière du marteau qui tape sur le clou, que je tente de mener à bien ce délire de proférations (prophétiques peut-être) qui, je le crains, ne sert pas à grand chose, sinon qu'à produire une espèce de haut le cœur issue d'une rancœur non négociable au sein même de cet esprit de conquête qui devrait être revendiqué…..
Certes, tout ceci n’est pas d’une évidente clarté  éclairante, réelle, qui pourrait faire basculer votre idéal et faire pencher la balance d’un coté à l’autre, et de la sorte, introduire le doute dans vos esprits bouillants jusqu’aux 100 degrés, dans vos tendres cervelles en pleine croissance. Mais si l’on ne prend garde aux différentes questions que j’ai pu soulever par ces élucubrations, ne doutez pas de la solidité de mes arguments et n’ayez de cesse de  prendre conscience de la présence de vos condisciples, confrères et consœurs et ainsi, faire surgir d’un coup de languette tragique, le concept dogmateux d’un système solidaire que qu’on peut tenir comme fondamental dans l’écoulement de la vie des individus. Solidaritionnarité qui devrait entrer en ligne de compte entre vous tous et signaler à vos éducationneurs(euses), que vous n’êtes pas simplement des réservoirs à remplir de bonnes intentions (quoique ce soient souvent de mauvaises bonnes intentions) , mais aussi, que vous êtes des exemplaires hors normes, de machines aux complexités complexes qui, en fin de d’apprentissage, vont faire sortir de leurs imprimantes virtuelles, sous les yeux ébahis de vos cautionneurs, des résultats époustouflants qui vont les laisser pantois et stupéfaits !!!
Qui sait ce que l’avenir réserve ? Seront-ce des choses aberrantes ou constructives ? Toutes ces combines combinatoires de combinaisons spécifiques que nous élaborons et qui prennent  forment dans nos têtes et que nous évoquons constamment sans pour cela oser réellement les concrétiser, vont-elles une jour lointain, constituer cet avenir qui nous tient à coeur ? 
Le doute et la crainte emplissent nos esprits et, de peur que la concrétisation d’un de nos rêves ne soit pas conforme au projet initialement prévu, on recule la date de mise en chantier et on continue à re-peaufiner les différents aspects de certaines clauses trouvées un peu légères... car si on supprime carrément celles qui ne nous semble pas dignes d’être conservées telles quelles, ce n’est que pour privilégier celles qui apparaissent comme plausibles !!! !
Et comme les différents chapitres et les modes de constructions dépendent les unes des autres, il va de soi que l’entièreté du projet redevient caduque et qu’il ne nous satisfait plus vraiment! Alors, on retourne au début, comme au temps ou on ne réfléchissait pas trop sur la finalité du à ce cruel manque d’expérience. Dès lors, on n’hésitera pas une seconde, et on remettra le compteur à zéro et on refera le tour des potentiels possibilités possibles jusqu’à ce qu’un nouveau projet renaisse de ses cendres et nous fasse, à nos yeux, envisager l’avenir avec une autre sérénité, plus jeune, plus vigoureuse, plus sûre, qui nous réjouira de facto….. 
Dès lors, pourra-t-on dire « a pa peur » ? Pas sûr…..

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