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En collaboration avec les Presses Universitaires de Bruxelles

Portrait de Richard Tassart
"Street/Art", le blog de Richard Tassart

…Et Donald Trump devint l’homme le plus haï de la Terre !

Le 06 avril 2017

 

La campagne présidentielle américaine avait commencé pour le fils de milliardaire, milliardaire lui-même,  comme une campagne de pub. En battant les estrades, quitte à être électoralement battu, son nom qui est sa marque serait connue dans tous les Etats d’Amérique et du monde. Finançant sa campagne sur ses deniers, en dehors des partis traditionnels, les énormités, les mensonges, les « promesses qui n’engagent que ceux qui les écoutent », firent glousser d’aise les états-majors des Républicains et des Démocrates. Après tout, autant rire des délires d’un bateleur qui n’avait aucune chance de s’installer dans le bureau ovale ! Les Républicains rirent moins au fil du temps quand ils comprirent que seul Donald Trump pourrait faire gagner leur camp. Ils le choisirent, non sans amertume, comme leur champion. Sanders était pour Hillary Clinton le seul obstacle à son élection. Les Démocrates, à la rupture,  préférèrent la continuité. Jusqu’au jour du vote personne ne crut qu’un xénophobe voulant chasser 13 millions de travailleurs étrangers, un milliardaire voulant démanteler l’omabacare, un sexiste, un homophobe, un zozo qui disait que le réchauffement climatique était un bobard …bref, un homme qui disait n’importe quoi ait une chance de l’emporter.

Le résultat de l’élection fut pondéré par beaucoup au nom du réalisme en politique. On pensa que la prise du pouvoir justifie tous les excès de langage mais que l’exercice du pouvoir « normaliserait » le discours et les actes. Moins de 3 mois après l’investiture, ceux qui n’avaient rien vu venir, se trompèrent de nouveau. Donald Trump signe des décrets à tour de bras pour faire ce qu’il a dit. Last but not least, Sa conseillère inventa les « faits alternatifs » et la post-vérité, des chercheurs cachent leurs études de peur que l’exécutif ne les détruise…et Trump continue de mentir (fausse information de l’attentat en Suède perpétré par des djihadistes, Hillary Clinton organisatrice d’un réseau pédophile dans une pizzéria etc.)

En quelques mois, le Président de la plus grande puissance économique du monde, championne du « monde libre », est devenu l’homme le plus détesté de la Terre. Plus personne ne rit. La peur, la colère, la haine ont remplacé le sourire amusé. La résistance s’organise, aux Etats-Unis et ailleurs. Les artistes sont en première ligne et les street artists également.

J’ai déjà évoqué dans un billet la campagne menée par Shepard Fairey. Un coup d’œil sur les autres initiatives est riche d’enseignements. Donald Trump est, dans de nombreux pays, peint en clown. Le clown est partout l’auguste et jamais le clown blanc. C’est le personnage grotesque de l’idiot, du naïf, du simplet, du benêt. Il est traditionnellement opposé au clown blanc qui est son exact contraire. Dans l’imaginaire américain, un auguste intelligent est redoutable, comme le Joker, l’adversaire de Batman, rusé et machiavélique. Grimé en auguste, il incarne le Mal.

De nombreuses fresques sont en fait des caricatures. Les traits marquants sont exagérés à l’excès : le but est de faire rire, comme les clowns. Ces représentations sont « classiques ». Rire des Puissants n’est guère récent et les deux procédés trouvent leur origine dans l’Antiquité.

Les artistes convoquent pour se moquer de  Trump l’iconographie des bandes-dessinées ; le personnage démoniaque du Joker de DC Comics mais aussi celui de Captain America, super héros de Marvel, qui grâce à des superpouvoirs défend, seul, l’Amérique.

Reprenant les codes graphiques de la célèbre affiche d’Obama réalisée par  Shepard Fairey, Trump est représenté comme l’anti-Obama, celui qui appuiera sur le bouton pour déclencher la 3ème guerre mondiale. Cette peur est alimentée par son rapprochement avec Taïwan et sa relation avec la Corée du Nord. Le spectre de la guerre nucléaire hante encore les imaginaires et les renversements d’alliances du Président américain le réactivent.

Utilisant le même procédé (l’inversion des codes de l’affiche d’Obama), une fresque fustige la manie de Trump d’utiliser Twitter. Le graphisme dépasse le jeu de mot en comparant explicitement Trump à Hitler. Cette comparaison a été très utilisée d’abord de façon allusive (des croix ressemblant à des svastikas par exemple) et ensuite de manière plus brutale ; Trump affublé d’une petite moustache est associé à des symboles nazis. Le glissement d’Hitler au Diable est récurrent. Hitler est depuis 1933, pour beaucoup, en quelque sorte, une déclinaison historicisée  du Diable. Il incarne les Forces du Mal. Son image est universellement connue et la référence est immédiatement saisie. Plus classiquement, les cornes symbolisent Belzébuth, figure chrétienne du Démon.

 

En résumé, les street artists dans les pays dans lesquels existe la liberté d’expression ont utilisé trois procédés sans se concerter : la moquerie, faire peur, comparer aux figures symboliques du mal absolu.

 Les street artists ne sont pas des artistes « hors sol » : ils sont informés comme les autres citoyens par les mêmes médias et réagissent par le même discours. Un « discours iconographique » qui cristallisera certes des « clichés » de Trump mais qui, politiquement, aura peu d’impact sur l’opinion. Donald Trump n’a que mépris pour l’opinion, du moins pour ceux qui ne pensent pas comme lui. Il exècre ceux qui contribuent à sa formation, la presse et plus globalement, les médias. La vérité comme l ‘eau sur les plumes du canard (duck in English, comme Donald) glisse sur ses partisans sans entamer leurs convictions. Les idées simplistes ont le vent en poupe. Ce même vent qui souffle sur les démocraties occidentales.

 L’Art a ses limites ; il n’est pas inutile d’en cerner quelques-unes : la démagogie et le populisme en sont deux…de taille !

 

 

 

 

 

Image: 

Fresque (Barcelone)

Fresque (Shoreditch)

Jisbar (à la manière d'Andy Warhol)

Ramstecko (Mexico)

Collectif Bushwick (Miami)

Nek ( Captain America)

Utilisation des codes de la bande-dessinée américaine (DC Comics, Marvel...)

Les couleurs de l'affiche de Shepard Fairey, parallélisme de la composition, de la cervelle malade s'élève le champignon caractéristique de la bombe atomique.

Karen Fiorito (Phoenix). Les symboles du Président fusionnent le signe du dollar et évoquent (par l'opposition de couleurs -noir et rouge) les bannières qui encadraient Hitler lors des cérémonies nazies.

Une quasi fusion entre les traits de Trump et ceux d'Hitler.

Pegasus (Royaume-Uni)

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L'intérieur du hangar. Une fonction polyvalente. Les murs sont décorés de fresques.

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Un espace détente que les visiteurs s'approprient comme bon leur semble.

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Un "petit coin" aménagé pour boire un verre entre amis.

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La dalle (buvette, food trucks, hall of fame, skate etc.)

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La buvette (fresque de Madame)

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Superbe fresque haute de plus de 15m peinte par Swed Crew

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Détail d'un Corto Maltese (Jow.L)

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Le musée.

Le collage de Levalet sur le rideau de fer de la permanence des Républicains.

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Détail de deux dormeurs : le fonctionnaire et le pompier.

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Détail du fil artistique. Deux collages, l'un de Levalet, l'autre d'Hérard.

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Dans le renfoncement d'une porte condamnée, une "réponse" de Levalet à une chaussette d'Hérard accrochée à un fil à linge.

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Après le décollage partiel des collages inférieurs, d'autres collages, moins artistiques.

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La situation actuelle (provisoire, j'espère!)

"Le rêve", une oeuvre de commande, dont le thème a été imposé par les commanditaires.

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La première phase de réalisation du portrait. Les principaux traits de la posture(3/4, tête inclinée, bras levé etc.) constituent le schéma de base de l'oeuvre.

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La segmentation extrême de toutes les surfaces apparaît dans un deuxième temps.

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Les yeux, le nez et la bouche structurent fortement le visage, facilitant la compréhension.

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Au réalisme de la représentation de l’œil (iris, pupille, cils) s'opposent l'abstraction des lignes et l'arbitraire des couleurs.

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L'ensemble des surfaces est l'objet d'un traitement graphique comparable.

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Le fond garde une relative unité chromatique (traits bleu outremer sur fond bleu ciel)

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Hommage rendu par Hopare à un ami décédé. La ressemblance est imposée par la situation.

Saint Georges terrassant le dragon (mur d'enceinte de l'école catholique, rue Bourret, Paris 19ème arrondissement.)

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Les références à Michel Ange sont déjà présentes dans cette version de la Création du Monde.

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La toile de Mesnager accrochée dans la nef de l'église Saint Merry.

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La version du Jugement Dernier exposée dans une église a une dimension incontestablement religieuse.

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Détail de la partie droite de la toile. Au centre, le Christ (sans sa mère, la Vierge Marie).Les "hommes blancs" sont indistincts. Les "intercesseurs" ne sont pas identifiés (martyrs, Vierge Marie, pape etc.)

Le belvédère a été conçu pour offrir aux visiteurs un remarquable panorama de Paris.

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Détail d'une fresque de Seth.

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Les enfants sont au centre du projet de Seth.

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Les alternances de couleur "signent" l’intervention de l'adulte.

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Le tronc fédère les branches et les feuilles.

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Exemple d'une feuille.

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Détail de la table d'orientation.

Détail du côté gauche. Les grands aplats sont composés de fragments de forme irrégulière.

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Détail du côté droit. L'harmonie verte des fragments s'oppose au bleu des céramiques et à la blancheur des dents. Des galets ocres se marient au vert et au bleu.

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Détail de l’œil gauche. Toutes les surfaces sont l'objet de fines décorations.

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Sur fond de miroirs jaunes, un réseau noir, met en valeur une surface composée de millefiori et de "pastilles" céramiques.

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Le même motif est repris mais décliné dans une autre dominante colorée.

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La forme noire, quasi humanoïde, est comme l'écorché d'un immeuble : des "habitants" sont dessinés au feutre fin.

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Une variation fantaisiste d'un portrait ; les yeux sont des visages.

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Un portrait en buste, mêlant trait et lettrage poétique en cursive.

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Une frise qui évite la narration et la répétition des motifs.

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