semaine 49
Portrait de Jean-Pol Baras
Les calepins de Jean-Pol Baras

Le succès de Bernie Sanders

Le 29 février 2020

Lundi 24 février

 Les conservateurs iraniens resserrent les rangs. Ils se sont imposés en masse aux élections législatives mais leur victoire était connue d’avance puisque les députés réformateurs avaient été disqualifiés, interdits de se représenter. Conséquemment, la participation électorale ne fut que de 42 %, et même 26 à Téhéran. Du jamais vu depuis la révolution de 1979. Il faut s’attendre à ce que la législature ne s’accomplisse pas dans le calme, la sérénité ou l’allégresse. L’Iran est un grand peuple, plusieurs fois millénaire. Qu’on le laisse régler ses problèmes seul. Surtout que Trump ne s’en mêle pas ! C’est trop tard pour lui enseigner l’histoire de la Perse.

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 Combien de fois par jour un être humain moyen se complait-il dans la pensée impénétrable d’un mystère ? Oscar Wilde a cerné la question dans « Le déclin du mensonge ». Quand triomphent les fausses vérités, y a-t-il encore place pour le mensonge ?

Mardi 25 février

L’épidémie va-t-elle se transformer en pandémie ? Tout semble s’y préparer. Malgré ses efforts, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) est pessimiste. Au milieu du XIVe siècle, la peste ravagea un quart de la population européenne. Le « Décaméron » de Boccace laisse une vision apocalyptique de Florence. Qui serait Boccace aujourd’hui ? Onfray ? Mais Dieu nous préserve de la catastrophe !

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 Elle s’appelle Naomi Seibt. Elle est allemande et elle a 19 ans. On la présente comme l’anti-Greta. Quel est donc son objectif ? Enfumer ?

Mercredi 26 février

 Aux primaires démocrates, Bernie Sanders creuse l’écart avec ses rivaux. Á l’heure où les idées socialistes s’essoufflent en Europe, voilà qu’elles se développent aux États-Unis ! Trump s’en amuse. Il sait que ces options-là ne peuvent toutefois pas devenir majoritaires au point de contrecarrer sa réélection. Certes. Mais Bernie Sanders à 78 ans et il ne bénéficie pas du charisme d’un Clinton ou d’un Obama. Ce sont donc bien les idées déployées dans ses meetings qui stimulent l’opinion.

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 Un lendemain de Mardi-Gras, le silence succède au vacarme de la fête. La sérénité invite à la sagesse. Le « Qui sommes-nous ? », « Où allons-nous ? » , etc. refait surface en une gueule de bois digne d’une défaite électorale. Alors l’idée de reprendre le train-train s’impose lentement, et Flaubert advient subitement, lui que l’on ne prenait pas pour un conseiller en sagesse : « Il faut mettre son cœur dans l’art, son esprit dans le commerce des hommes, son corps là où il est bien, sa bourse dans sa poche et son espoir nulle part. »     

Jeudi 27 février

 Michel Barnier, le négociateur en chef de l’Union européenne n’a jamais tellement voulu évoquer cette plaie-là mais on sentait bien depuis longtemps que le Royaume-Uni ne se contenterait pas de faire aboutir le Brexit. L’idée que l’Union européenne devrait éclater a germé dans la grosse tête de Boris Johnson. L’intéressé ne s’en cache plus. Il annonce qu’il pourrait arrêter les négociations de l’après-Brexit en juin. Ce n’est pas une menace, c’est un calendrier tactique. Nul doute qu’il a des assurances de Donald Trump pour que les États-Unis puissent étançonner une économie britannique en rade. Il faut souhaiter longue vie à Barnier afin qu’il soit à même de suivre longtemps ce dossier aussi compliqué que fragile. Et qu’il ait le temps d’écrire ses mémoires… 

Vendredi 28 février

 Il y a un ministre de la Culture dans le gouvernement Macron. Si, si ! Il s’appelle Frank Riester. Né en 1974 à Paris, il est parvenu à devenir maire de Coulommiers sans en faire un fromage, très discrètement, au nom de la droite. Celle-ci l’a exclu de ses rangs lorsqu’il devint le soutien de Macron qui l’a bien entendu récompensé. On peut vouloir et prétendre faire de la politique autrement, on n’en est pas moins adepte de la reconnaissance… C’est la formule « renvoi d’ascenseur » qui est devenue obsolète. Depuis son accession à la rue de Valois, le 16 octobre 2018, Riester s’est très peu exprimé. Sa voix n’était même pas connue jusqu’à hier où il lui fallut bien accepter l’invitation d’Europe 1 pour évoquer la crise que connaît l’Académie chargée d’organiser la cérémonie des Césars. 36 heures avant que ne soit connu le résultat, il déclara que récompenser le « J’accuse »  de Polanski serait « un mauvais symbole », « un message négatif ». Après avoir été primé pour la meilleure adaptation et les meilleurs costumes, « J’accuse » l’a ensuite été pour le meilleur réalisateur, couronnant ainsi un palmarès très divers et fort équilibré. Reste à Frank Riester le temps de méditer la célèbre phrase de Jean-Pierre Chevènement : « Un ministre, ça ferme sa gueule. Si ça veut l’ouvrir, ça démissionne ».

Samedi 29 février

 Dans sa mégalomanie, Recep Erdogan a cru qu’il pourrait mettre la région limitrophe de sons pays sous sa coupe. Mal lui en a pris. Les forces aériennes russes bombardent la Syrie sans faire le détail. 33 militaires turcs ont été abattus. Du coup, Erdogan ne fait plus très ami-ami avec Poutine. Il décide d’enquiquiner l’Europe. Vladimir jouit. Une fois de plus.

 

Image: 
Le sénateur Bernie Sanders lors d’un forum sur le contrôle des armes en Iowa, en août 2019. Photo © Gage Skidmore, via Wikimedia Commons.

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