semaine 17

En collaboration avec les Presses Universitaires de Bruxelles

Portrait de André Fromont
Haïculs bénis/André Fromont

Tout est vrai

Le 18 avril 2017

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Le vide en moi
L’océan à nouveau
Un parfum de curry
Je dévore des yeux
La route poussiéreuse
Silence
Les anonymes et les illustres
Font naufrage
Tout est vrai
Invraisemblable
Invraisemblable et vrai
Saute le couvercle
De la bonne aventure
Odeurs de poudres
Et de soupe au lait
Le ménage est fait
Je bois le pousse-café
Au bord de l’océan profond
Tout est vrai
Invraisemblable
Invraisemblable et vrai
Le soir à la télé
Les ignorants et les savants
Empileront les sous-entendus
Seconde après seconde
Off the record
Ici bas
Bas c’est bas
Et
Tout est vrai
Invraisemblable
Invraisemblable et vrai
Le sel
Les vagues
Le bleu
L’écume
Le pousse-café
L’océan
Tout est vrai

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Le vide en moi
L’océan à nouveau
Un parfum de curry
Je dévore des yeux
La route poussiéreuse
Silence
Les anonymes et les illustres
Font naufrage
Tout est vrai
Invraisemblable
Invraisemblable et vrai
Saute le couvercle
De la bonne aventure
Odeurs de poudres
Et de soupe au lait
Le ménage est fait
Je bois le pousse-café
Au bord de l’océan profond
Tout est vrai
Invraisemblable
Invraisemblable et vrai
Le soir à la télé
Les ignorants et les savants
Empileront les sous-entendus
Seconde après seconde
Off the record
Ici bas
Bas c’est bas
Et
Tout est vrai
Invraisemblable
Invraisemblable et vrai
Le sel
Les vagues
Le bleu
L’écume
Le pousse-café
L’océan
Tout est vrai

Je hume la perle
Arrachée au sauvage
Pouf je me dédouble
Soleil et lune
Tel mon cheval si beau
Je vais fou de mon Doudou
Et de sa douce queue
Sucrée/salée

On chante le pays du sourire
Sur un quai de la Mystic River
Un bébé nu est trouvé enfoui
Dans une poubelle de la douane
Il hurle donc il vit
Tout sourire, le public assis
Sur ses chaises électriques
Costumés en chinois d’un siècle révolu
Des hommes défilent en sifflant
Ils agitent leurs soies safran
Les femmes suivent
Elles trottent à petits bonds
Battent en cadence des gongs criards
Sourire aux pays des sourires
Chinatown se marre
Des hommes grenouilles sortent du fleuve
Des voitures découpées au chalumeau
Des joyaux taillés surgissent de l’eau sombre
Une poupée gonflée au sein crevé
Au volant du squelette d’une Chevrolet
Sourire en coin des évangélistes du coin
Tous publics coincés
Le pays du sourire fait un tabac
Dans la patrie
Des avocats qui ne fument plus
Des cercueils couverts d’étoiles
Du soda épicé de larmes des familles
On applaudit si fort le pays du sourire
Sur la berge de la Mystic River
Que ça réchauffe la soupe populaire

Mexicouille ok
Claro ok
Clara ok
Cara ok
Ok

Les clochards allongés sur du carton
Boivent l’alcool fourré dans des sacs en papier
Ils sont enjambés par des japonais
Montés sur échasses
Ils rapent d’une voix claire
Le bonheur d’une aube lumineuse
Les tambourins des geishas
Imitent la douceur de la rosée
Tout sourire le maire de la ville
Applaudit violemment pour couvrir
Les sonneries électroniques
De ses gardes du corps
Un couple s’embrasse avec violence
Et s’éloigne enlacé
Comme le cow-boy du film, son flingue et son cheval
Le mot fin est
Une ombre à la recherche d’une vie

Nuée sur Delphes.

L'averse nous surprend sur la voie sacrée.
Violente et attendue.
Pétros l'avait prophétisée hier en crachant son noyau d'olive. On l'avait payé d'un ouzo et d'un éclat de rire.
Chaque marche brille, usée, glissante. Nos pieds sont de la braise et de nos cerveaux fouettés fusent des questions d'enfants. "Ne verrai-je jamais sur le marbre du trésor les mots gravés par mon oncle ?"
"Quel esprit souffle de ces sculptures criardes qui roulent des muscles mâles ?"
"Que pèse la dévotion de ces messagers des rois qui règlent les dieux comme le charron ses roues ?"
Et voilà ma joue qui heurte la pierre.
Ma chute déséquilibre mon compagnon.
"Ces marches sont de glace", crie-t-il.
Les colonnes inversées sont des index qui pointent les éclairs. Le bruit de l'eau qui dévale les rigoles nous réjouit.
La beauté du lieu déserté nous dit sa vérité : "C'est moi qui suis beau, pas ce qu'on a construit sur moi, pas ceux qui proclament régner sur moi ! Laissez couler la pluie de vos cheveux, respirez calmement les herbes qui boivent, écoutez les nuages qui crèvent, tenez-vous la main. Riez de vous, riez de tout, riez-vous de toute divination, quoique..."
Tout lieu sacré s'ébroue après l'averse et se met à sécher comme un essuie de bain.
(Delphes, 1 juin 2006)

Carlos prend feu
Natacha perd la face
Pénétration moussante
Précarité soudaine
Un rêve compact
Tout en frissons
Comme les mots qui nous portent
À l'improviste
Au cœur de ces histoires
De nos premières vies
De nos rages animales
Ces longues nuits à hurler
À lire
À promener sous la pluie
Notre viande émotive
Sur deux pattes solides
Sang figé dans les rouages
Natacha est la colère
Carlos le caprice
Des vagues, des vagues
Et de vagues
Éternels retours
Natacha est le combat
Carlos le sommeil
Impardonnable
Carlos sous influence
Natacha se tait
Et tue Carlos
De ses larmes retenues

Le silence n’existe pas dans
Le rêve qui revient
Cette ville mystérieuse
A une porte au midi
Flanquée d’une sculpture blanche
Un cheval brisé en deux
La queue dressée vers le soleil
Une femme, cheveux libres,
Se presse dans le bourdon des poussières
Un livre sous le bras
Je suis assis au café
Avec les hommes assoupis
La paume sur le verre de thé
Les pupilles tremblent
Au rythme de la femme
Qui s’éloigne déjà
Entre un pigeonnier conique
Et le plus proche minaret
Un pigeonnier sans pigeon
Un minaret sans muezzin
J’entends juste le vent
L’eau qui bout
Le sable qui use la terre
Le silence n’existe pas dans
La ville des poussières
Ocre et grise

20/11/2006

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