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En collaboration avec les Presses Universitaires de Bruxelles

Portrait de André Fromont
Haïculs bénis/André Fromont

Le pays du sourire

Le 03 avril 2017

&

Image: 

On chante le pays du sourire
Sur un quai de la Mystic River
Un bébé nu est trouvé enfoui
Dans une poubelle de la douane
Il hurle donc il vit
Tout sourire, le public assis
Sur ses chaises électriques
Costumés en chinois d’un siècle révolu
Des hommes défilent en sifflant
Ils agitent leurs soies safran
Les femmes suivent
Elles trottent à petits bonds
Battent en cadence des gongs criards
Sourire aux pays des sourires
Chinatown se marre
Des hommes grenouilles sortent du fleuve
Des voitures découpées au chalumeau
Des joyaux taillés surgissent de l’eau sombre
Une poupée gonflée au sein crevé
Au volant du squelette d’une Chevrolet
Sourire en coin des évangélistes du coin
Tous publics coincés
Le pays du sourire fait un tabac
Dans la patrie
Des avocats qui ne fument plus
Des cercueils couverts d’étoiles
Du soda épicé de larmes des familles
On applaudit si fort le pays du sourire
Sur la berge de la Mystic River
Que ça réchauffe la soupe populaire

Mexicouille ok
Claro ok
Clara ok
Cara ok
Ok

Les clochards allongés sur du carton
Boivent l’alcool fourré dans des sacs en papier
Ils sont enjambés par des japonais
Montés sur échasses
Ils rapent d’une voix claire
Le bonheur d’une aube lumineuse
Les tambourins des geishas
Imitent la douceur de la rosée
Tout sourire le maire de la ville
Applaudit violemment pour couvrir
Les sonneries électroniques
De ses gardes du corps
Un couple s’embrasse avec violence
Et s’éloigne enlacé
Comme le cow-boy du film, son flingue et son cheval
Le mot fin est
Une ombre à la recherche d’une vie

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Amoureux du mystère
Et de la clarté lunaire
L'esprit, ailleurs
Attiré par la porte solaire
Le radar humain
Hume dans un demi-sommeil
Les portraits cachés
Dans les histoires familières
La présence de sel
Dans les silences gênés
Le sang versé
Dans les files indiennes

Amoureux du mystère
Et de la clarté lunaire
L'esprit, ailleurs
Attiré par la simple présence
De carrés de lumière
Le radar humain
S'éveille
Il louvoie, tranquille
Dans l'océan immense
Des imprévus
Des champs de vision
Des marches à suivre

Dans ce ciel d'automne
Un fracas de scierie
Implose le silence
Un sursaut de vieille peur me colle à l'écorce d'un saule
De ma tranchée
Mes yeux affolés découvrent l'envol d'une famille de cygnes
Mon corps crispé injecte dans chacune de ses cellules
Une liqueur apaisante
Que je bois chaque jour à la beauté de l'oiseau sauvage.
Que vive en chaque inspiration
Ce terrible baiser de l'effroi qui tue
Et de la splendeur qui bruit.

Choses mentales
De sérieux vestiges
Claire ribambelle
Dans les plumes
Bien des voyages
Aube en soirée
Nuit en fin
Le blanc des lignes
Pas si simple
Le noir des signes
Compliqué
Le bleu de tes yeux
Limpide
Le nez du masque
Étiré
Plus de secret ?
Demi lune
Dis-tu
Dans les plumes
La lune

Emma est pétrifiée
Sa nuit a été blanche
D'histoires revisitées
Mais que voulais-tu, en fait ?
Combien de toujours appelles-tu ?
Un homme timide
Une colère drôle
Les mots dérapent
Personne n'a revu Jules
Le grand jamais, Jules !
Qui traîne là où tournoie la poussière
Emma est pétrifiée
Petites crises, vertige, fleurs de peau
Du balcon, elle regarde les saisons
L'ordinaire, encore
Elle suit des yeux un nuage
Et accepte ce qui arrive
Emma dérive
Chassée d'elle-même
Elle sort du bois
Traverse au rouge
Fait face à ce qui aurait pu arriver
La pluie fraîche éteint sa douleur

2017

Une promenade sur les hauteurs
Le torrent est en crue
L’odeur de l’herbe est dans le vent
Un orchestre joue
Mes secrets
Mes confidences
Hors de portée
Oiseau rare ou…
Ver de terre
Zone ouverte ou…
Surface des choses
L’air est frais
Sur les hauteurs
Lumineux
Une vie très simple
Pierre de désert
Sens unique(s) ou…
Paradoxe(s)
Poursuites aveugles d’une hasardeuse
Images simultanées
À la surface
Faut que je bouge
En zone ouverte
L’eau est claire
Sur les hauteurs

Lune de mai

Christian dort en tremblant
Sur le sable chaud
Hanté par le souvenir
D'une lune de mai
En 1955
Sur la route Latérale
A Marchienne-au-Pont
L'astre énorme collait
Au pare-brise arrière de la Chevrolet
Menaçant
Un peu à l'écart et partout autour
Les feux follets des industries
Et leurs reflets vibrants
Sur les eaux sombres du canal
Christian portait ses habits du dimanche
Sur la banquette de la Chevrolet
Il ne dormait jamais quand
De retour du café enfumé de la tante Renée
Place de la Digue à Charleroi
Venait le soir intense et coloré
Le long du canal
A Marchienne-au-Pont
Christian rêve éveillé
Assis sur le versant clair de la lune énorme
Il regarde les lumières folles
D'il y a 60 ans
Sur la route latérale
À Marchienne-au-pont
Et la fumée des cigarettes
Emprisonnée dans le café de sa tante
Place de la Digue
A Charleroi

Fromont, 2016

Rien
Pas un papillon de nuit
Aucune lueur d’ivresse
Rien n’est
(Mal) incurable
Rien n’est
(Bien) incurable
Ni criminel de la pensée
Ni droit commun
Quasi invisible
Le bistouri
Tranche le
(Mal) incurable
(Bien) incurable
Faux pas
Glissade
Va-et-vient
Rien

2011

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