semaine 43

De retour

Une édition originale par Thierry Robberecht, le 02 octobre 2019

© Serge Goldwicht

Ils ignorent depuis combien de temps ils sont partis. Dans l’espace le temps diffère et passe plus vite mais leur mission est terminée. Voilà pourquoi ils rentrent après avoir photographié plus de mille fois Pluton, la planète la plus éloignée de la terre.

Pour rejoindre la terre, il faut d’abord traverser l’anneau de débris en tout genre qui ceinture leur planète. Des morceaux de satellite, de navettes spatiales, des débris de toutes tailles qui ne représentent aucun danger quand on les heurte à vitesse réduite.

Ils n’entendent pas les « ploc, ploc » des débris qui heurtent leur vaisseau. Leur but, c’est la terre qu’ils ont hâte de rejoindre pour retrouver enfin leur femme et leurs enfants. Depuis longtemps, les communications avec la terre sont coupées. Le dernier contact remonte au moment où ils longeaient la limite du système solaire. Jamais des terriens ne s’étaient aventurés si loin dans l’espace. A présent, leur vaisseau s’approche enfin de leur planète. Ils vont rentrer chez eux.

- Tu es certain qu’elle est là ? demande au pilote un membre de l’équipage qui ne reconnait pas la terre.

- Evidemment que j’en suis certain, répond le pilote. L’ordinateur de bord est formel. C’est bien la terre là, devant nous

- Oui, je reconnais les océans et les continents mais on dirait que tout est recouvert d’une fine pellicule transparente.

- Bah, c’est la pollution, explique le pilote. Souviens-toi, quand on est partis, Pékin et les autres grandes villes étaient complètement recouvertes d’une nappe

de brume. C’est la pollution, je te dis.

Le vaisseau parvient à atterrir sur un terrain plus ou moins plane, un champ probablement. Les trois hommes d’équipage sortent du vaisseau. Le sol est recouvert de déchets de toutes sortes. Du plastique et des restes électroniques de téléphone portable A perte de vue, des déchets.

- Pas de chance, on s’est posé dans une déchetterie, se plaint un des cosmonautes.

- Je crois plutôt que toute la planète est devenue une déchetterie, déclare le pilote. Les trois hommes posent les pieds sur le sol et font quelques pas en marchant sur les déchets mais, soudain, devant les cosmonautes, quelque chose bouge, quelque chose de vivant constitué d’un tronc en plastique et de membres, des bras et des jambes construits avec des bouteilles et des boîtes de conserve. Des fils électriques dénudés lui servent de nerfs et de tendons. La créature avance vers les cosmonautes. Derrière elle, d’autres « choses » formées de déchets se lèvent et approchent. Elles sont innombrables. Créées à partir de déchets électroniques et de vieux tissus

  • Ne m’approchez pas ! Restez où vous êtes ! crie le pilote qui panique.
  • Ce n’est pas possible ! Les déchets ne peuvent pas être en vie se dit un cosmonaute.
  • La vie a repris ses droits malgré tout dit une créature de sa voix de plastique.

- Qu’avez-vous fait des humains ? Que sont-ils devenus ? demande le premier cosmonaute en hurlant.

- Des humains, c’est quoi ? demande la créature d’une voix étrange.

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Commentaires

Portrait de Jacqueline
Encore plus horrible (et plus actuel) que la planète des singes
Portrait de Jacqueline
Encore plus horrible (et plus actuel) que la planète des singes Pourquoi Monsieur l’Ordinateur tu mets deux fois mon commentaire ? Il n’est pourtant pas en ta faveur.

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