semaine 32

Des boulons dans mon cacao. 3ème épisode

Pasta par Michel Noirret, le 14 juillet 2020

© WICH

Résumé de l’épisode précédent.
Le colonialisme, le racisme, l’esclavagisme c’est mal. Sinon, heureusement qu’on déconfine, on va pouvoir partir en vacances après avoir rien foutu pendant trois mois.

D’accord, Léopold Deux (Deux ! quel nom à coucher dehors ! pouvait donc pas s’appeler comme tout le monde ?) n’était pas précisément ce qu’on appelle un humaniste, bien que certains de ses admirateurs d’aujourd’hui affirment qu’apprenant les horreurs congolaises, il envoya des instructions pour qu’elles cessent. Elles ne cessèrent pas, car jamais il ne se soucia de savoir si ses ordres étaient appliqués.
Un chef, proclamé comme tel par sa famille d’après on ne sait quels tripatouillages de forbans ayant fait leurs débuts de racketteurs quasiment dès l’invention de l’agriculture, est un nul total si ses sous-fifres lui font un doigt d’honneur en n’appliquant pas ses directives. Et ça ne le délie en aucun cas de ses responsabilités.
Faut-il pour autant déboulonner sa statue, à Popol Deux, la peindre en rouge sang ? (vous vous souvenez ? Cet évènement traumatisant qui bouleversa la Belgique ? Si, si, il y a dans les trois semaines…).
Je pense qu’élever des statues à qui que ce soit relève de l’infantilisme, de l’esprit magique. « Il n’y a pas de grand homme pour son valet de chambre - Hegel- » ? Ne parlons même pas de ceux qui n’ont pas de valet de chambre. D’autre part, on n’a jamais élevé de statue à un valet de chambre, un porte-coton, un lèche-bottes. C’est pourtant pas ce qui manque. Quelle injustice !
Vous voyez la plaque sous la statue ? : « Emile Duchenock, excella dans le tamponnage de l’anus du roi après une grosse chiasse. Il ne se pinça jamais les narines. » Forcément, les rois, les reines ça sent toujours bon, c’est pas comme nous.
Mais si on tient à élever des statues, perso, je serais plutôt d’avis d’en élever aux grands malfaisants de l’histoire, ça se fait déjà me direz-vous. Mais là, on ajouterait sur le socle, par exemple, un relevé détaillé de leurs méfaits, comme on fait dans les sites touristiques afin que le curieux se pénètre de l’intérêt de ce qu’il visite. Ce serait beaucoup plus édifiant et pédagogique qu’un commentaire apologétique. D’accord, pour certains, faudrait résumer sévère. Les noms de tous toutes les victimes dues au Grandhommisme du statufié ne seraient pas mentionnés. Manque de place.
Quelle belle leçon d’histoire ! Peut-être, on peut rêver, le public apprendrait-il à se méfier des grands hommes. Un avertissement figurerait en bonne place :
                         « Attention Statue. Un grand homme peut en cacher pas mal d’autres »
Ainsi pourrait-on voir, avec des frissons d’horreur, plus grands que nature Hitler, Staline, les Jeunes Turcs (auteurs du génocide arménien), Napoléon, (les statues sont déjà là) dans des postures avantageuses.
Comme il faut tout de même vivre avec son temps et cesser de tenir les femmes pour quantité négligeable, il serait d’une saine égalité des chances d’en statufier certaines. Dans l’état actuel de mes recherches, je dois avouer que je n’en ai pas trouvé d’équivalentes aux quelques nuisibles énumérés ci-dessus. Il faut dire qu’elles ont  rarement eu accès au pouvoir qui leur aurait permis de développer leurs talents. Mais les temps ont changé, l’espoir demeure.
On objectera qu’on pourrait à la statufaction générale, encourager l’admiration d’esprits un peu faibles pour ces infâmes mégalomanes. J’ai des doutes. Personnellement, à Ferrara, charmante cité italienne, j’ai vu, en bonne place, la statue d’un grand homme natif de la ville : Savonarole, auquel les cinglés de l’islam n’ont rien à envier. A première vue, on ne dénote pas de tendances particulièrement féroces d’intégrisme catholique à Ferrara. Bien sûr, il doit bien y avoir quelques adeptes de Salvini dans cette ville, mais cet histrion fait encore petits bras à côté du grand homme.
Là-dessus, je pars en vacances où je me promets de relire « Histoire universelle de la connerie ». Un ouvrage collectif, très sérieux quoique réjouissant écrit par un collectif de scientifiques, sous la direction de Jean-François Marmion.
Une deuxième lecture s’impose, car j’ai eu du mal à bien intégrer le niveau de connerie de mes semblables, et ce depuis quasiment le début de l’histoire de l’humanité (en plus, je pense m’être plus ou moins reconnu à certains passages, faut que je vérifie).

Que le monstre en Spaghetti Volant vous touche de son appendice nouilleux.
Ramen.

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