semaine 03

La durée de l’éphémère

Pérégrinations par Lucie Van de Walle, le 27 décembre 2020

Packet Coast. Little Bay, Australia (1969) de Christo (1935-2020) ©L.VdW

En cette trêve des confiseurs, j’ai moi aussi ménagé mes efforts et me suis rendue au musée le plus simple d’accès pour moi. Il s’agit du Musée Modern Museum, qui, à côté d’autres appellations dont je vous fait grâce ici, est niché dans le centre de Bruxelles. C’est qu’il faut une certaine persévérance avant qu’un clic salvateur sur « Musées Royaux de Beaux-Arts de Belgique » dit le MRBAB !  vous amène aux infos ad hoc. Donc, dans ce Musée Modern Museum on peut voir une exposition temporaire intitulée  Be Modern, de Klee (1879-1940) à Tuymans (né en 1958) destinée à nous faire découvrir nos propres collections dont certaines oeuvres sont des acquisitions récentes, comme, par exemple, quelques aquarelles de Hugo Claus.

Bâtie sur trois axes, à savoir la ligne, la couleur et la matière, Be Modern met en évidence la liberté des concepts qui se développent au cours de ces périodes charnières des XXe et XXIe siècles. Toutefois l’ordre chronologique ne semble pas avoir présidé l’accrochage de cette expo que j’ai plutôt perçue comme un cheminement esthétique. 

Dès le départ nous voici orientés vers le Land Art, dont on trouve d’emblée un ensemble de pierres Cercle de l’Utah de Richard Long avec, dans le voisinage immédiat, un grand fusain de David Nash : Pyramid in the Sticks.  Laissant cette première et excellente mise en humeur, la  salle suivante fait le grand écart pour nous jeter en compagnie de quelques superbes toiles de notre compatriote Rik Wouters (1882-1916), d’un Picasso ou d'un Braque, petits formats. Viennent aussi Henri Matisse, Fernand Léger ou Francis Bacon. Plus loin un espace est dédié au portrait, ou plutôt aux formes variables que prend l’être humain. Image disloquée d’entre deux guerres, vision existentialiste de l’après seconde guerre mondiale jusqu’à la joyeuse insouciance de la culture pop des années soixante, visions, entre autres  signées par Otto Dix, Frits van den Berghe ou Roger Raveel. 

Ensuite on propose des oeuvres où le papier est utilisé comme matériau plastique en soi, par exemple avec un dessin de David Hockney ou un une composition de Christo, qui avec du tissu et de la ficelle, emballe une photo d’une baie d’Australie. 

Au final on trouvera ce que fut l’avant-garde en Belgique, avec Marthe Donas, et également des oeuvres vidéo d’aujourd’hui, davantage laissées à l’appréciation des experts.

Les expositions sont, jusqu’à nouvel ordre, la seule activité culturelle tolérée chez nous, ce qui, du reste n’est pas le cas dans des pays frontaliers. Alors, profitons de cette aubaine pour consacrer à cette visite, comme à d’autres, l’attention nécessaire. C’est un exercice parfaitement salvateur. 

 

Be Modern : MRBAB, rue de la Régence, 1000 Bruxelles. Jusqu’au 24 janvier 2021. Fermé le lundi. 

Infos :https://www.fine-arts-museum.be/fr/expositions/be-modern

 

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